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Club la Lune Rousse (JdR) => Les Contes du Porc Épiques => Épopées, quêtes et aventures => Dark Earth: Solaria => Discussion démarrée par: merson le 26 novembre 2015 à 19:41

Titre: [Dark Earth] Solaria: Les Carnets de Route (Résumés)
Posté par: merson le 26 novembre 2015 à 19:41
Les Carnets de Route

[...] Si tu n'as pas de parchemin pour diffuser tes récits, notre tradition orale fera très bien l'affaire. Raconte ce que tu as vu, avertis tes frères des dangers auxquels tu as survécu et ne garde pas pour toi les havres qui pourraient leur sauver la vie; les histoires des uns et des autres se recouperont un jour ou l'autre et permettront de mieux connaître Sombre-Terre, et finalement, c'est tout ce qui compte. L'égoïsme est un luxe que nous ne pouvons nous permettre: Nous sommes tous frères de la Marche et notre ennemi, quoique parfois sournoisement caché parmi nous, est avant tout l'Obscur lui-même.
- Rusk, Marcheur de Légende, pour la Fraternité des Semeurs -

Vos résumés me sont extrêmement précieux, probablement autant que les bons moments passés avec vous autour d'une table, même si ce n'est pas pour les mêmes raisons; en effet, ils me sont très utiles pour développer l'univers de Dark Earth, enrichir sa storyline ou encore inventer ou adapter des éléments narratifs. Et hormis la fierté personnelle, vous ne percevrez probablement jamais personnellement les retombées de ce travail...

Les règles du jeu:Table des matières, pour retrouver un récit donné:
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: Fee Stival le 28 novembre 2015 à 13:36
Moi qui avait décidé de ne plus prendre tous en note quand je joue !
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: nounours le 28 novembre 2015 à 15:26
je risque de faire des petit résumé et crois moi tu me verra pas prendre de note. 
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: Xlatoc le 28 novembre 2015 à 20:52
J'en ferai sûrement....
Titre: Re : Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: Fee Stival le 30 novembre 2015 à 10:36
je risque de faire des petit résumé et crois moi tu me verra pas prendre de note.

C'est parce que tu as une très bonne mémoire vénérable gardien du feu !
Titre: Re : Re : Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: merson le 30 novembre 2015 à 10:48
je risque de faire des petit résumé et crois moi tu me verra pas prendre de note.

C'est parce que tu as une très bonne mémoire vénérable gardien du feu !

A propos, le personnage d'Amandine sera de loin votre aîné à tous: 31 ans!
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: nounours le 30 novembre 2015 à 16:22
mais c'est un vieux crouton à ce niveau.
elle peux encore marcher ?
ou on lui sers de porteur ?
mdr je déconne c'est ok
Titre: Les dits de Raphaël, Emissaire de La Lumière Céleste - Partie Une
Posté par: Xlatoc le 01 décembre 2015 à 10:18
Les dits de Raphaël, Emissaire de La Lumière Céleste (http://www.ascreb.org/forum/smf/index.php/topic,6199.msg132240.html#msg132240)
Partie Une: Une route dans le Sahakral

Sommaire (https://www.ascreb.org/forum/smf/index.php/topic,6231.msg133191.html#msg133191) - Partie suivante (https://www.ascreb.org/forum/smf/index.php/topic,6231.msg144555.html#msg144555)

Nous décidons de raccourcir la route menant à Okhaen en traçant une voie plus rectiligne sur la première partie du parcours. En recoupant les cartes et les dires des Marcheurs, nous obtenons des informations sur la présence d'un point humide au tiers du parcours et d'une oasis aux deux-tiers, avec un léger détour par l'Est. Egalement, nous pouvons croiser une communauté d'Adaptés vers le Nord, mais nous choisirons de ne pas faire ce crochet.
Nous n'avons aucun mal à trouver un sponsor, qui nous fourni un traîneau, des raquettes des sables et un chameau appelé Ferdinand. Une vieille bête, mais docile et peu prompte à la panique. Il nous faudra cependant faire provision de vivre, le rueg étant rare dans le désert, et d'eau, évidemment. L'achat d'un deuxième lourd distillateur sera voté dans la fraternité.

Le voyage ne présente, au bout d'une semaine, pas de difficulté particulière. Notre équipement nous permet de subvenir à nos besoins, nous trouvons des animaux à chasser en quantité suffisante. A regret, les quelques champignons découverts s'avèreront toxiques pour nous, mais notre mycologue l'aura identifié avant que quiconque en ingère. En revanche, nous trouvons une forte population de rueg, une variété résistante à ce milieu aride. Des échantillons seront prélevés en sus, pour la développer.
La fin de la deuxième semaine nous amène à proximité du point humide. Nous nous séparons en 2 groupes pour trouver exactement l'endroit et pouvoir remplir nos réserves. Le groupe du Sud trouve la source. Dans son emballement à dégager le point d'eau, l'un des Marcheur de notre groupe, Rufus, lèvera malheureusement un crocodile des sables. Si nos Gardiens du Feu parviennent à le mettre en fuite, il laissera notre Marcheur avec une jambe en lambeaux, inconscient. Nous n'avons pas d'autre choix que de faire une pause de quelques jours, le temps pour lui de se stabiliser suffisamment pour que nous puissions le transporter. Ou qu'il ne passe de vie à trépas.
Une ambiance morose commence à s'installer, qu'il faut combattre !

Rufus récupérant remarquablement bien de ses blessures, le moral de notre expédition ne souffre pas trop de cette mésaventure. D'autant plus que nous trouvons assez facilement des points d'eau près des lieux prévus à l'avance pour nous ravitailler. La nouvelle route au tracé optimisé se profile admirablement. Réséda et moi-même cartographions d'ailleurs précisément le chemin. Nous sommes complémentaires, d'où une qualité indéniable de nos productions. L'approche de la zone marécageuse signifie également l'approche d'une Mortezone. Nous tenons bon face à ses effets, grâce à Solaar. Réséda aura cependant une crise de panique, qui sera maîtrisée par la force. Un très léger contretemps donc.
Elisabeth trouvera un passage pour traverser le marais suffisamment stable pour envisager d'y dresser un pont permanent. Les premières pierres de cet édifice seront apportées dès cet instant. L'un dans l'autre, nous arrivons donc à Okhaen sereins et sans encombre réellement notable.

Les habitants d'Okhaen, en revanche, ne nous font pas un accueil particulièrement chaleureux. Coupés du monde comme ils le sont, est-ce bien surprenant ? Nous ne partageons finalement que notre foi en Solaar et une vague structure sociale. Eux sont dirigés par un "Roi" qui a pour particularité de mourir fréquemment dans des accidents malheureux. Cette ville a réellement besoin d'infrastructures sérieuses pour éviter ces désagréments. J'arriverai cependant à me lier avec certains de leurs habitants. Notre problème: ils jugent ne manquer de rien. Dans les faits, il faut les convaincre qu'ils ont besoin de plus de métal et de viande.
Nous décidons de rencontrer une bande d'Adaptés vivant non loin, et commerçant quelque peu avec la ville. De ces échanges naît une idée: développer les commerce avec ces Adaptés. Eux pourraient chasser pour Okhaen, qui les fournirait en métaux et armes, qu'ils ont les moyens de forger... et que d'autres stallites peuvent apporter surtout.
Nous parvenons à rencontrer le Roi, qui apprécie nos suggestions. Rudmila se chargera de le convaincre sur du long terme. Nous devrons faire arriver un convoi à Okhaen d'ici un an et demi pour sceller définitivement ces accords. Le nom de code sera "Rudmila". Le trajet l'amènera par la Lumière Céleste, qui fournira également des instructeurs aptes à former des gens pour protéger le Roi de ces accidents. Une main secourable et habile en toute circonstance n'est jamais de trop.

Quelques litres d'huile noire nous accompagnent à notre retour à Sparta, que nous échangerons contre force Lux. Phédoria, notre contact sur place, est ravie. Sa confiance, et celle de divers commanditaires, en notre capacité à tracer une nouvelle route vers Nâh est établie.
Pour préparer notre voyage, nous recrutons une nouvelle lame, Dan, originaire de Phénice. Sa foi en Solaar est grande, il nous sera d'un grand secours. Le matériel nécessaire à notre expédition requérant des finances conséquentes, notre temps à Sparta sera essentiellement consacré à leur acquisition. Pour ma part, je trouverai un moyen d'optimiser l'organisation des travaux et communication chez les Bâtisseurs, et formerai un jeune à ces méthodes. Je gage que la transmission de ce savoir devrait permettre d'économiser du temps et des lux aux différentes Castes, tout en dégageant un revenu substantiel, pour mes associés et moi-même, car notre intervention ne saurait être gratuite.
Pour l'établissement de la route, nous décidons, dans un premier temps, de suivre la piste menant à Phénice, jusqu'au Hoggar, une zone montagneuse dans le Sahakral et, de là, partir vers l'est, en bifurquant par la suite soit sur Nâh soit sur la Faille, selon les opportunités et la difficulté apparente du trajet.
Pendant ces recherches, j'entends parler d'une ville légendaire portant le nom de Thalat. La Bénédiction de Solar y baignerait chaque habitant. Elle serait au coeur de ce massif. Les plus pragmatiques pensent qu'il s'agit de Phénice, mais cela ne colle pas, à mon avis. Tout mythe a un fond de vérité historique, comme Réséda, moi-même et d'autres l'avons démontré, mais les dissonances ici sont trop fortes. Les distances, l'organisation, l'absence de volcan, marque évidente de Phénice... Cela ne correspond pas. Cette cité marquée par Solaar existe, j'en suis sûr. Mes camarades acceptent de fouiner quelque peu le Hoggar, pendant la pause que nous y feront assurément, car il n'est pas exclu que nous la trouvions, si Solaar le veut.

C'est sans événement particulier que les premiers jours dans l'Obscur se passent. Nous gérons admirablement les difficultés, notre groupe est compétent, organisé et béni. Les nuits en trois gardes de six personnes sont un soulagement pour tout le monde.
Plus je m'approche du désert, plus un Appel se fait sentir en moi. Le pouvoir de l'Obscur y est fort, la foi en Solaar se doit d'être encore plus forte. Je ressens un besoin de me mêler au désert, de le comprendre, pour le surmonter... Comme une quête personnelle, une épreuve, un défi pour Solaar. Cette traversée serait-elle un pèlerinage vers Thalat pour les vertueux? Je me résous à cette idée et me plie à ce que je sens être la volonté de Solaar: Me mêler au désert, le dompter par ma force et ma foi. Cela donnerait du coeur aux Hommes et renforcerait leur foi, donc leur volonté et leur capacité à combattre l'Obscur, aussi bien physiquement que spirituellement. Car ce combat est aussi spirituel, comme semble l'oublier parfois Ra Oul. Je l'estime profondément, des combattants tels que lui sont une nécessite vitale, mais l'Obscur n'est pas seulement les Monstres et le climat, c'est aussi dans le coeur des Hommes.
A mi-chemin du Hoggar, nous croisons une oasis et deux tribus d'Adaptés. Stanley prend contact avec les deux, l'une lui paraît plus amicale que l'autre. Nous rencontrerons donc la plus ouverte au commerce, auprès de laquelle nous achèterons quelques vivres et un chameau pour remplacer Ferdinand (qui sera nommé Ferdinand II). Ils nous proposent également un Bachka, un étrange animal qui pourrait détecter les monstres de l'Obscur. Un talisman utile. Nous nous mêlons à eux quelques temps, j'y apprend le maximum sur le désert, qu'ils adorent comme une divinité, au même titre que Solaar. Ils apprécient le respect que je porte à leur divinité, bien que je ne la vénère pas. Ma quête leur semble insensée, mais pas impossible.

C'est peu de temps après les avoir quittés que nos ennuis commencent. Les Cerbères de Rufus se chamaillent violemment, jusqu'au sang et à la mutilation. Nous ne les séparerons qu'à grand peine. Cette agressivité soudaine pèse sur le moral de la Fraternité, dont les membres deviennent de plus en plus aigris et méchants les uns envers les autres. Pour remédier à cela, nous organisons une soirée festive, entourés de torchines. Dans ce reflet de Solar, nous dégustons certains de mets de choix apportés pour ces occasions, écoutons les histoires revigorantes de Rudmila et une cérémonie religieuse aussi grandiose que possible. Ces actions font leur effet, nous repartons du bon pied.
Pour moi cependant, ces derniers jours sont ardus. Je ne trouve pas d'eau ni de nourriture en suffisance dans le milieu. Par ma foi, je tiens cependant bon dans cette épreuve, qui me laisse à bout de force. Je résiste à la tentation de la facilité technologique, je ne dois pas échouer dans ma quête pour comprendre le désert et montrer ma dévotion à Solaar.
Malgré tout, une humeur dangereuse s'installe. Je survis difficilement, marche à la force de la volonté, et mes camarades souffrent de me voir ainsi. Peut-être ai-je péché à un moment, ou n'ai-je pas montré assez de vigueur dans ma quête et mon épreuve, aussi Solar me punit-il, avec mes compagnons? Je prends donc la décision, tous les matins, de me laver de mes fautes en faisant corps avec le désert et d'ainsi exposer, au lever de Solar, mon corps à ses rayons purificateurs. Puissé-je ainsi laver nos fautes et montrer l'ardeur de ma foi en Solar, ma volonté de comprendre et combattre ses épreuves, de les surmonter.



Enfin, nous arrivons au Hoggar. La région, prise entre monts et désert, prend sur nos ressources physiques et morales un lourd tribut. Elle ne pardonne aucun faux pas. Une fin idéale pour conclure ce pèlerinage.
Un camp de base est établi on creux du massif montagneux. Les volontaires les plus valides et moi-même montons des expéditions progressives pour explorer le massif, organisé en vallées rayonnant autour d'un pic central. Eux se guident avec leurs sens et leur logique, je me fie à Solaar.
Bien m'en pris, car une lueur je vis. Thalat ! Il ne m'est pas facile de convaincre mes partenaires, mais nous partons en avoir le coeur net. D'autres voient la lumière. Cette fois, une véritable expédition est montée, seuls quelques irréductibles comme Rodrigo n'y prennent pas part.
Ce que nous avons vu est une trouée régulière du Noir Nuage. Ici, dans le nord-est du Hoggar, le Noir Nuage se déchire régulièrement. Une vision réconfortante, idyllique dans ce milieu dévasté, même si ce n'est pas la mythique citée. Le lieu sera indiqué comme un refuge pour les prochains voyageurs en quête de repos de l'âme.
Je m'interroge : la lumière était-elle Thalat ? Le chroniqueur a-t-il confondu ses souvenirs dans l'alcool ? Thalat n'existe-t-elle pas autrement que par cette lumière ponctuelle et régulière ? Solaar m'a-t-il envoyé un signe disant "pas cette fois, mais persévère" ou "ta dévotion est récompensée, voit mon oeuvre et amène d'autres la contempler" ?
Tout ceci tourne dans mon esprit tandis que nous faisons le tour du pic principal, afin de nous assurer de n'avoir rien manqué. Ce qui ne m'aide définitivement pas à bien appréhender les dangers locaux. Merci, là encore, à mes compagnons.

Mon pèlerinage est achevé. J'en sors indéniablement plus fort, transformé. Selon toute probabilité, le chroniqueur n'avait pas des souvenirs très clairs, mais je reviendrai au Hoggar pour en avoir le coeur net. Peut-être même pourrait-on organiser des pèlerinage vers cette trouée, pour renforcer la foi en la puissance indéfectible de Solaar...

Par suite, nous entrons dans le désert profond. Les conditions de survie y sont catastrophiques, heureusement que nous avons pris un peu de repos dans le Hoggar. Ainsi, le moral et bon, et Solaar n'y est pas étranger. Malgré tout, l'entrain est rapidement usé par le sable. Une violente tempête nous ralentira d'ailleurs quelques temps. Etant en première ligne à son arrivée, c'est moi qui en ai encaissé le plus de force. Heureusement, mes camarades n'ont rien eu de grave. Cependant, d'après Ingegerd qui m'a soigné alors que le choc m'avait fait perdre connaissance, j'ai été gravement et profondément marqué par le sable. Ma foi, si mon sacrifice a pu protéger en partie les autres, c'est pour le mieux. A moins que cela n'eut été une punition pour mon orgueil ?

Chemin faisant, Rita m'explique les méthodes d'optimisation de production et de manufacture de Phénice. L'efficacité de la chose est impressionnante. Il y a clairement des enseignements utiles à en tirer, que je me ferai un devoir de transmettre ailleurs. Combattre l'Obscur est capital, Phénice semble y mettre le plus d'efficacité. Avec quelques nuances toutefois, car certaines de leurs inventions semblent attirer l'Obscur...il faudrait surveiller cela de près. L'enfer est pavé de bonnes intentions...

Au bout de deux semaines environ, nous rencontrons non pas une tempête, mais un mur de sable. C'est une tribu d'Adaptés fuyant une immense tache noire cataclysmique qui nous apprend l'arrivée de la catastrophe. Trop vite pour trouver un abri convenable, nous nous abritons derrière/sous un léger promontoire rocheux et nos chameaux, taillés pour supporter ces intempéries. Nous nous entassons sous la bâche, en espérant que cela passe vite. Stanley ne rentrera pas à temps et sera emporté par le vent.

Heureusement, Raoul, dévoué à la Fraternité, partira au nez et à la barbe du danger pour le ramener, inconscient mais vivant. J'ai un respect profond et une confiance totale en Raoul, que je côtoie depuis longtemps maintenant. Si la moitié des Gardiens du Feu était taillés du même métal que lui, je crois que les manifestations physiques de l'Obscur ne seraient plus un problème. Il faut toutefois des Prôneur pour veiller aux manifestations spirituelles et intérieures.

La tourmente durera plusieurs jours. Plusieurs jours sous le sable et les autres personnes, à entendre le vent rugir en permanence, à rendre fou. A perdre la notion du temps. A être coupé de Solaar. Pour beaucoup, dont moi, le sommeil fut la meilleure parade.
C'est Dan et Rodrigo qui, seuls, ont tenu le coup, et nous ont tous réveillés. Dan est une force de la nature comme on en voit peu. Il est de la même trempe que Raoul, avec peut-être plus de Foi mais moins de solidarité.
Stanley, en revanche, ne se réveillera pas. Vivant, mais dans le coma.

Nous autres ne valons guère mieux, pour être honnête. Vivants, mais à bout physiquement et moralement. Réséda se démène pour remplacer Stanley sur la gestion et l'intendance du camp, mais si elle est efficace, le coeur n'y est pas et n'a pas toute son expérience. Je l'aide comme je peux...

Rendija puise dans les réserves pour faire un repas nourrissant aussi bien le corps que l'esprit. Il en faut, car Rudmila n'a pour l'instant plus sa voix et ne contera rien pour ragaillardir les troupes. Le sable a endommagé ses cordes vocales. Rien de définitif, à priori, heureusement.
Pour ma part, je fais un sermon axé sur notre capacité à surmonter n'importe quoi. Après tout, maintenant que nous avons survécu à ce que le désert pouvait nous envoyer de pire, quel obstacle pourrait vraiment nous arrêter ? Cela a produit son effet.

A l'abri des rochers, nous prenons quelques jours de repos avant de repartir. Pour une fois, et depuis longtemps, le moral est clairement bon. Cela nous permet d'avancer rapidement, d'autant que nous ne rencontrons rien de particulièrement notable. Les accidents et dangers du désert nous sont presque familier à présent et c'est sans grosse crainte que nous progressons. Certes, il faut parfois s'entraider, mais cela n'est pas un soucis, c'est même plutôt une chance, de mon point de vue. Cela maintient le groupe, la cohésion, la fraternité et les liens entre nous.

Et comme le Désert ne peut plus avoir raison de nous, l'Obscur nous menace différemment. Des voix se font entendre dans la nuit. Des voix que plusieurs d'entre nous, dont les Cerbères de Rufus, entendent. Des voix qui psalmodient des prières dans une langue d'un autre temps. Des prières à l'Obscur. Venant d'une Mortezone. A un jour de marche de notre prochain amer...

Nous n'avons pas le choix, il faut la contourner. Par le sud. Mais nous avons beau nous éloigner, du moins à priori, les voix ne baissent pas d'intensité. Certains commencent à craquer. Rudmila, qui a recouvré l'essentiel de sa voix, et moi nous relayons pour les couvrir. Plusieurs fois, je passerai mon tour de garde complet non pas à veiller, mais à chanter des cantiques pour contrer ces psaumes impies...

Fait intéressant, Pouic semble effectivement réagir à la présence de la Mortezone : ses poils ont quelque peu changé de teinte. Vlad n'est pas convaincu que cela ne pourrait pas être dû à d'autres choses. Il faudra faire d'autres tests pour en être sûr, non pas que cette perspective me réjouisse, mais les conséquences d'une découverte en ce sens peuvent être capitales dans notre lutte quotidienne contre l'Obscur.

Après plusieurs jours de ce calvaire, force est de l'avouer : il va falloir passer en force. Nous sommes à priori au Sud de la Mortezone, mais une équipe va partir en reconnaissance, pour en être certains. Cette fois, je reste au camp. J'ai l'intention de monter un véritable refuge contre la souillure de l'Obscur, à l'aide des Luciles notamment. Quelque chose me dit que nos camarades en auront besoin en rentrant. Mes compagnons et moi nous attelons à cette tâche avec en entrain non feint.

Bien nous en a pris sans doute, car ils reviennent profondément marqués et meurtris. Contourner la Mortezone les a jetés droit dans des sables mouvants. C'est Raoul qui a sauvé la mise, en pilier indéfectible qu'il est, en tirant plusieurs de nos camarades du piège mortel. Réséda et Rudmila se sont mutuellement entraidées pour sortir. Les Cerbères ont été mis à contribution, ils se sont avérés assez efficaces. Comtesse a failli y rester apparemment. Elle est resté un long moment la tête sous le sable. C'est Rudmila qui a réussit à la faire respirer, mais elle a encore des séquelles qu'il faut traiter. Remercions Solaar de sa survie.

Le plus affecté est finalement Rufus. Sa jeune Cerbère, le premier membre de l'expédition à être entré dans les sables mouvants, n'en est jamais ressortie. La perte de son compagnon l'affecte beaucoup, il faudra de lourds efforts de nous tous pour que sa peine ne rejaillissent pas sur le groupe. Car nous ne sommes pas dans une situation confortable. Nous ne pouvons nous permettre de décrocher moralement maintenant, alors que c'est justement là que nous avons besoin de toute notre détermination et de notre unité.

Dans ces conditions, avec la moitié de la Fraternité en mauvais état, il est impensable de reprendre la route de suite. Dans le bivouac aménagé, nous prenons soin des blessés physiques et moraux. Tant bien que mal, la persistance des voix et la proximité de la Mortezone n'aidant pas au repos. Mais bon, la cuisine de Rendija aide bien, il faut l'avouer.

Au bout d'une semaine, les valides, c'est-à-dire en gros ceux qui n'étaient pas partis précédemment se lancent dans une autre expédition pour contourner la Mortezone et les marais par le Sud. Les autres sont en suffisamment bon état pour garder le camp.

Trois jours. C'est à peu près le temps qu'il faut pour avoir la certitude que les marais/sables mouvants sont contournés et qu'on peut remonter vers le Nord. Retour au camp. Repaquettage du matériel. Re-départ.

On piétine beaucoup depuis plus d'un mois. S'arrêter dans l'Obscur pour soigner ses blessures physiques, s'est aggraver celles de l'esprit. Elisabeth est au bord de la crise. Cela fait pas loin de 10 semaines qu'elle est à bloc, en remplacement de Stanley allité. Rudmila et moi arrivons à la convaincre de se poser dans le traîneau. A corps et à cris, mais elle finit pas s'y installer, quitte à donner des ordres depuis sa couche.

Une bonne semaine après, on commence enfin à laisser le marais et la Mortezone derrière nous. Sans pour autant qu'elle nous laisse en paix, sa pression est toujours bien présente. Le moral n'est pas mauvais en soit, on s'entend bien et on se serre les coudes, mais la détermination, la volonté, la hargne, commencent à manquer. Nous sommes encore loin de notre prochain amer, si toutefois nous le trouvons sans peine et nous n'avons clairement pas eu d'instant de vrai calme et sécurité depuis le Hoggar. Juste des pauses obligées dans des campements de fortunes imposés par les catastrophes.

Pour Rudmila et moi, c'est un défi quotidien que d'encourager chacun à continuer, de ne pas montrer sa propre fatigue sans passer pour condescendant, de repérer un camarade défaillant et de le soutenir avant qu'il ne tombe. Nous savions que ce serait dur. Nous nous sommes trompés, c'est extrêmement dur.

Petit point positif: Rendija a trouvé une espèce végétale rare, un genre de petit buisson capable de se déplacer tout seul dans le désert, avec le vent. Bon, on ne sait pas à quoi ça servira, mais elle est contente, sa bonne humeur rejaillit sur nous.

Soir. Bivouac. Monter le camp. S'affaler après. Les Cerbères qui grognent en direction de la Mortezone. Elle est loin, on s'en fout. Ils insistent. Rufus trouve que ça sent pas bon. Vlad renchérit, c'est mauvais signe. Tant pis pour la pause. Branle-bas de combat, les Gardiens du Feu devant, pour encaisser ce qui arrive, les autres en retrait pour faire le guet, la deuxième ligne, ou ranger ce qui vient d'être déballé.

Ca nous est tombé dessus comme on se casse la gueule sur la glace. On a beau savoir que ça va arriver, s'y préparer, on finit toujours par se ramasser. Là, en l'occurrence, c'est Bellamy qui a pris. Pas eut le temps de dire ouf. La chose de 2mètres de hauts, avec des bras taillés en pointes d'os lui rentré dedans comme si de rien n'était et l'a envoyé valdinguer comme on chasse une mouche. Mort sur le coup, en bouillie.

Dan vole aussi, mais encaisse. Erzébeth se fait projeter, cassée comme une brindille. Ra Oul, les Cerbères et les autres le malmènent de leur mieux. Rufus arrive à le mettre à terre. Commence une curée. La bête se débat, lardant Raoul qui perd connaissance. A force de courage et de volonté, on finit par en venir à bout. On n'a pas trop le choix en même temps, impossible de distancer ce truc. Mais bon, il finit par s'écrouler aussi, dans un éclair jaunâtre qui passe dans ses yeux.

Réséda qui hurle. Elle est partie voir Erzébeth. Erzébeth qui lui broie les épaules. Je réfléchis pas, je lui envoie une droite. Ca l'assomme, mais ça me pète la main. Jamais vu ça, on aurait dit que je frappais un bloc de granit. Réséda qui m'explique, haletante, qu'Erzébeth a dû être corrompue par le doucher de la Bête et que c'est pour ça qu'elle l'a attaquée avec une violence inouïe.

Contact. Corruption. Ra Oul qui se relève. Rufus qui braille de douleur.

Et merde.

Ra Oul attaque tout ce qui bouge. Surtout Rufus pour l'instant. Les autres l'encerclent. Il se défend bien, vraiment bien. Surtout pour quelqu'un avec la poitrine arrachée. Rendija tente le tout pour le tout et lui envoie un grenadion anesthésiant. Ou est-ce qu'elle le donne à quelqu'un qui le lance ? Pas bien vu...en tout cas ça marche, Ra Oul n'est pas hors de combat mais ça le met suffisamment mal en point pour que les tireurs le clouent au sol tandis que les autres encaissent ses coups, bien moins appuyés qu'auparavant.

Pour libérer Réséda, toujours prisonnière d'Erzébeth qui, décidément, ne lâche pas prise, je n'ai pas d'autre choix que de sortir le premier objet tranchant qui me tombe sous la main et de lui trancher la gorge. On a beau se dire que c'est la procédure, qu'elle était Corrompue, qu'il n'y avait pas le choix...c'est jamais agréable ce genre de chose. "jamais agréable"...ça c'est de l'euphémisme...

2 Cerbères : morts. Belamy : mort. Erzébeth : morte. Ra Oul : mort. Rufus : jambe gauche à moitié bouffée. On brûle les décédés, on arnache les autres sur les traîneaux, et on est repartis.

Depuis quelques temps, dès que ça commence à aller un peu mieux, ça repart encore pire... Le moral est dramatique. On sauve ce qu'on peut, et on part en quête d'un truc, n'importe quoi, où se poser quelques jours à l'abri, histoire que les convalescents puissent marcher et les blessures cicatriser. Les physiques, s'entend.

Les moins amochés, dont moi, trouvons des ruines à quelques distance. Pas de Bâtisseur pour nous aider à choisir le meilleur lieu pour monter un camp. On se fixe sur une bâtisse avec encore tous ses murs et un toit pas entièrement ravagé, qui a l'avantage de fournir une pièce fermée pour les malades. C'est ça qui nous décide, plutôt que le grand hangar debout également mais sans isolation. Bien nous en a pris, les expéditions futures nous montrerons qu'il était complètement vermoulu et près à s'écrouler.

Oui, car pendant que nos blessés se font aider, il faut bien meubler le temps pour oublier. Ou juste ne pas penser. Alors on explore, on fouille, on s'occupe quoi. Bon, rien de très utile, même niveau archéologique, tout est bouffé.

Rendija nous concocte une soirée aussi festive que possible. Parfois, je commence à me demander ce qu'on ferait sans elle. Rudmila, qui a récupéré un peu de voix, raconte des histoires positives. En quelques jours, je prends tout le monde à part, pour un soutient psychologique et spirituel. Ca ne va pas fort, mais on sent un peu de mieux. On est à l'abri, au calme, aucune bestiole ne nous dérange, on a un toit, les stocks sont hauts...Solaar est avec nous.

Personnellement, je me confie à Réséda, l'autre Prôneur, en retour de la sienne. Pas facile, on n'a pas trop l'habitude de ça de notre côté. Et on s'était assez peu parlé jusque là, mine de rien. Sur le plan personnel s'entend. Niveau professionnel, on sait qu'on bosse très bien ensemble. Preuve, nos cartes et comptes rendus d'expéditions sont d'une rare qualité. Peut-être que sortir de se cadre, ça nous a rapproché, un peu. On verra.

Roberthuro, c'est une autre affaire. La perte de son compagnon de Schtoll semble l'affecter beaucoup. Il lui parle régulièrement, à voix haute, comme s'il était là. Ca perturbe un peu les autres, au début. Enfin, si ça lui permet de rester sain d'esprit...

Rufus, par contre, c'est une tragédie. Ingegerd a vu de la gangrène dans sa jambe en début de semaine, et ça ne part pas. Il fait une fixation dessus...après la perte de ses Cerbères, celle de sa jambe serait la fin de sa carrière, pour lui. Plus aucun repère. Il marche pour faire circuler, on teste une vingtaine de nouveaux onguents et recettes dans la semaine, on lave, on purifie...rien n'y fait. Quand on en vient à nettoyer la plaie pour la cinquantième fois, Ingegerd remarque que, si en surface c'était petit, en profondeur cela s'est répandu déjà jusqu'au genou. Dans le genou.

Il me revient donc de lui annoncer qu'il faut amputer. L'opération se passe aussi peu mal que possible. Rodrigo lui bricole une prothèse aussi bonne que possible avec les moyens du bord, mais c'est une maigre consolation.
Rufus le Marcheur ne Marchera plus. Prions Solaar qu'une voie où il sera à sa place s'offre à lui prochainement.


On panse nos plaies, et on les pense aussi, beaucoup. Tant que faire se peut, aussi loin dans l'Obscur, avec ces voix qui continuent, doucement mais avec une vindicte et une insistance digne de la plus affreuse des caries, à nous miner l'esprit si ce n'est le corps. Parfois, je me demande si nous ne sommes pas tous en train de devenir fous, ou de l'être déjà.

Et pourtant, pourtant, petit à petit, ça commence à aller un peu mieux. Peut-être avions-nous juste besoin de ces quelques murs et d'un toit effondré pour nous protéger du vent, mais le moral revient. Lentement. Pas parfait, mais assez pour reprendre la route, une fois le maximum de gens valides physiquement.
Les ruines n'ont pas donné grand chose d'utile ceci-dit. J'ai trouvé toute une armée de petits bonhommes en plombs. Armée car ils ont l'air de soldats. Ca pourra bien se faire refondre...
Mais on repart, c'est déjà bien.


Avec Rufus dans un traîneau de fortune supplémentaire, on avance un peu plus lentement. Le temps, par contre, me semble plus clément. Ou alors, c'est juste qu'après tellement de temps dans le désert, on s'y habitue...En tout cas, aucune menace particulière, rien de plus notable que d'habitude. Je continue mes ablutions à Solaar avec le corps du Désert, c'est mon épreuve et ma pénitence. Roberturo et Rudmila laissent parfois entendre que je n'ai plus toute ma tête. Il n'empêche qu'on est en vie et que personne ne craque, donc c'est bien que Solaar nous guide et entend mes prières !

Nous croisons une caravane d'Adaptés amicaux en tombant, par chance ou main divine plus que par prévision, sur une oasis. Assez conséquente. Et particulièrement amicale.
Comme ils prévoient de rester quelques temps, nous nous joignons à eux.

A la lecture de ces lignes, on pourrait croire que l'on s'est beaucoup arrêté et reposé. Et c'est peut-être vrai, surtout sur cette partie du désert. Mais c'était avant tout une nécessité vitale. Lecteur, si tu n'as pas affronté le Désert pendant près de deux cycles Solaar, tu ne peux pas comprendre ce besoin de profiter de chaque instant, chaque occasion, chaque possibilité de paix.

Nous faisons la rencontre d'un groupe disparates d'égarés, errant dans le Désert depuis maintenant 1 an ou 2 (ils ne se rappellent plus très bien), suite a une expédition qui aurait mal tourné. Un Veneur de Phénice spécialiste des Urs et son frère, un Gardien du Feu avec un couple de Ratz pour lui tenir compagnie. Une autre Phénicienne, commerçante, un Adapté de la Roke, qui devait leur servir de guide mais s'est clairement retrouvé dépassé par les événements et un...comment dire...un Mycosien. Je n'avais qu'entendu parler de ces personnes et, honnêtement, je ne pensais pas en voir une un jour. Leur affinité avec les champignons est quelques peu...déroutante, surtout visuellement parlant. Enfin, ils prient Solaar, c'est l'essentiel. Ces égarés attendaient justement, enfin espéraient, tomber un jour sur des Marcheurs pour se joindre à eux et rejoindre un Stallite.
En toute logique, on les accueille.

On se sent bien avec ces Adaptés. En plus, grande et heureuse nouvelle, nous apprenons que nous sommes bien plus près de notre destination que nous le pensions. Nous avons dévié au sud certes, mais également bien à l'est ! Joie et allégresse !
Pour fêter cela, je propose d'organiser une sorte de tournoi amical de lutte dans un cercle symbolisant le divin Solaar. Allégorie de la lutte contre l'Obscur sous son regard bienveillant. Entre chaque combat, des chants, danses et représentations sont orchestrées par Rudmila et Roberturo, avec les Adaptés. Et on fait gras aussi, enfin, après le tournois, grâce à Rendija.
Grâce à Solaar, je remporte d'ailleurs cette petite joute amicale. La symbolique est forte, c'est surtout cela l'important.

Mais toutes les bonnes choses ont une fin. Ils faut se séparer, et garder avec nous leur souvenirs pour tenir la route à venir (et un lourd sachet d'épices du Désert qu'on m'a gentiment remis). On a aussi les égarés qu'on accueille pour nous le rappeler. D'ailleurs, avoir un couple de Ratz, en plus de celui de Rendija, cela assure d'avoir régulièrement un petit complément en viande fort appréciable. On aurait dû y penser depuis longtemps...

Droit vers l'est donc. Pour une fois, la route me semble plus légère, plus douce. On sait qu'on touche au but. Nous ne croisons rien de plus difficile à gérer que nos propres manquements et notre lassitude qui nous fait parfois commettre des erreurs de jugement. Mais notre solidarité interne nous assure une forte entraide et cohésion. Rien de grave ne nous arrive.

Et puis, à un moment, on se met à entendre des voix, mais pas comme les autres, des voix humaines compréhensibles cette fois, et à faire des rêves très intenses. Vivaces même.  Rudmila nous explique, un sourire mi-condescendant, mi-heureux qu'on n'est plus très loin : c'est le Fleuve des Ames Perdues qui produit cela, en nous confrontant à des figures disparues de notre passé.
Pour certains membres de notre groupe, cette expérience est assez traumatique : les rêves sont éprouvants, effrayants même, et les voix peu amicales. Rodrigo et Roberturo sont de ceux-là. Pour Roberturo, la prostration en invoquant Ra Oul le gagne, on ne le tire de là qu'à grand'peine, et dès qu'on s'arrête, c'est reparti. Pour Rodrigo, c'est à peine mieux, mais impossible de savoir ce qui le met dans cet état.
Pour ma part et pour Réséda, Solaar nous gratifie de songes rassurants et de voix amicales, qui nous guident et nous rappellent les bons moments de nos vies. Preuve de sa grandeur et de son soutient à ceux qui le suivent.

Pour les plus affectés, les symptômes diminuent quand même avec le temps. Et heureusement, car nous arrivons, enfin, en vue de Nâh ! Nos visage à tous s'éclairent, et pas seulement de baigner à nouveau dans la Lumière, après deux ans de privation.

Nous avons réussi, là où personne ne pensait qu'on pourrait, nous avons tracé une route dans le Désert, reliant Sparta et Nâh en ligne directe ! Les Pyramides nous accueillent, sous le regard de leur panthéon multiple et unique dans tout Solaria.

Les Célestes hagards nous contemplent, troupe ébahie et usée jusqu'à la moelle, arriver dans les haltes de quarantaine. Aucun ne sait, aucun ne comprend. Rudmila est sûrement méconnaissable pour eux, aussi ils n'ont aucune idée de ce qui vient de se produire, de l'avenir qui s'ouvre pour eux, Sparta et les autres Stallites.
Bientôt, bientôt, ils sauront. Alors, ce sera un triomphe et l'allégresse dans Nâh, la promesse d'échanges et de partenariats, de changements pour le mieux et pour progresser contre l'Obscur.

Mais pour l'instant, c'est l'heure du repos. Le vrai. Celui où l'on sait qu'on n'a pas à repartir, à monter la garde, à s'emmitoufler de cinq façons différentes pour lutter contre le vent, le froid, le sec et la chaleur. Celui où l'on peut dormir sur un matelas fait de main d'Homme, par et pour l'Homme, non creusé à la hâte dans un sol dérobé. Celui où l'on peu manger à sa faim, changer de plat chaque jour pendant des mois sans se lasser. Et puis repartir, quand même, car il le faudra bien un jour. Toutefois, je m'interdis d'y penser et d'en parler pour l'instant.

Dans ce premier lever de Solaar contemplé depuis les voiles de Nâh, dans ce sable qui frotte mon corps nu, je suis heureux. Et aussi, un peu, nostalgique, malgré tout. Mes grâces interminables lui sont adressées et, dans le sourire que je comprends étrange au regard de ceux qui me regardent il y a certes la joie et la gratitude, mais aussi la confiance, absolue, totale.
Au fond de moi, je saisis enfin ce qu'essaie de me dire ma Foi depuis le début du périple : qu'on y arriverait. Elle le savait, Elle, pour Elle, c'était une certitude...


Nâh...Nâh Nâh, Nâh. Un Stallite plein de surprise. Certes, impressionnante par ses pyramides, sa lutte titanesque contre l'Obscur à base de routes pavées de lumière, sa simple taille même. Mais impressionnante aussi pour des raisons plus douteuses : le culte conjoint de Solaar avec des animaux sauvage voire domestique, l'exploitation, la soumission même de toute une Caste, les Tolérés, traitée comme bouclier de chair pour une poignée de privilégiés.
Seul Solaar est habilité à juger. C'est toutefois le rôle des Prôneurs de donner à chacun la chance d'être bien jugé.

Mais bref. La Fraternité pris ses quartiers avec les Tolérés, sauf Réséda qui souhaitait découvrir la vie dans les Pyramides, Rudmila pouvant l'aider à être intronisée. Rufus se fit rapidement engagé dans la Pyramides des Milles Plaisirs, seule de toutes à être accessible à tous. Pour une coquette somme toutefois. Quoiqu'il en soit, ses qualités culinaires lui offrirent une place rapidement. En espérant qu'il se réalisera dans cette nouvelle fonction et surmontera sa mésaventure.
Il fallut également rapidement régler la question de l'avenir de la Fraternité, et de la place de Rufus dans celle-ci. Les discussions furent longues. Il était clair que l'exploit accompli ne servira à rien s'il n'était pas développé, entretenu. C'étaient des bases, pour bâtir. Mais d'autres, dont moi, voulaient poursuivre vers d'autres horizons.
La Fraternité se scinda donc en deux groupes, toujours unis. Certains referaient et développeraient la route à travers le Sahâkral, d'autres partiraient vers Asia, La Roke ou les Gardians. Enfin, un dernier groupe, dont Rufus serait le gérant, resterait à Nâh pour recruter et gérer des équipes pour : suivre les explorateurs et monter des haltes au fur et à mesure, ou améliorer la route vers Sparta. On y reviendra.

Chacun y alla de ses compétences pour subvenir à ses besoins et remplir les caisses. Viren/Jeros en médecine notamment. Nous parvenons à vendre une armée de soldats de plombs à un riche Citoyens de Nâh, grâce aux contacts de Réséda. La somme proprement titanesque proposée avec désinvolture montre le fossé entre Citoyens et Tolérés. Enfin, cela renfloue les caisses. Je me sers également de cela pour lancer les bases d'une émancipation chez les Tolérés. J'aimerais en effet qu'ils puissent traiter d'égal à égal avec les Citoyens, tous les enfants de Solaar étant frères et égaux devant lui. Comme les relations entre les deux sont assez hermétiques, exception des quelques archontes, il m'est aisé de mettre en place un réseau d'importation, acquisition et partage de ressources. Notamment par Sparta, qui a besoin d'hommes, ou la Lumière Céleste, car un certain nombre d'entre eux se sont pris d'affection pour ma personne et souhaitent aller y étudier. Et par la Fraternité, qui en a également besoin pour les Haltes et la route. Aussi, une certaine société se forme, pour recruter des personnes souhaitant améliorer leur condition et celle des Tolérés. Celles-là sont dirigées vers Rufus, qui se charge de les aiguiller vers Sparta, Lumière Céleste ou la Fraternité. Une autre partie de la société se dévoue à la répartition des ressources ainsi acquises et à l'amélioration des conditions de vie des Tolérés.
Je ne verrai sûrement jamais les conséquences de ce que j'ai semé, mais je pense avoir fait le bon choix.

Pendant cette période, Réséda et moi-même entamons la rédaction d'un carnet sur les Monstres de l'Obscur et autres créatures moins dangereuses y vivant. Croquis pour présenter la bête, texte explicatif pour résumer où on la rencontre, les dangers qu'elle représente et comment s'en protéger/s'en défaire/la fuir la plus efficacement possible. Et aussi, pour la postérité, des portraits de tous les membres de notre Fraternité, avec une brève présentation.

Cette année nous apprend aussi la résolution d'un conflit terrifiant sur les Stallites de Istan et Nople, dont sont issus Viren et Jeros. Ces histoires de Monstres titanesques invités en plein coeur des Stallites, vraies ou fausses remettent en cause beaucoup de nos acquis. Les méthodes et technologies de Phénice ne sont pas moins effrayantes et, pour efficace qu'elles soient, me laissent dubitatif sur la pureté et la sûreté de leur usage, d'un point de vue moral, philosophique et spirituel.
Titre: Recueil de notes de Réséda, Erudite de Sparta
Posté par: Luciole le 14 décembre 2015 à 15:24
La Carte et le Territoire, par Réséda, Erudite de Sparta (http://www.ascreb.org/forum/smf/index.php/topic,6199.msg132240.html#msg132240)
Partie 1: Les Déserts

Sommaire (https://www.ascreb.org/forum/smf/index.php/topic,6231.msg133191.html#msg133191) - Partie suivante (https://www.ascreb.org/forum/smf/index.php/topic,6231.msg149011.html#msg149011)

Voyages

A peine rentrée à Sparta, déjà une nouvelle mission. Heureusement, nous avions eu le temps de récupérer de notre périlleuse traversée de la Forêt Pétrifiée. J'avais, lors de ce retour, fait la connaissance d'un duo de Marcheurs assez exceptionnel. Ra Oul et Raphaël. Le premier, militaire endurci, le second, orateur hors pair. C'est de lui qu'est venue la volonté de continuer. Je ne saurais dire comment l'équipe s'est formée exactement. Tout ce dont je me souviens c'est une ribambelle de soirées en tavernes, passées à discuter des marches faites par les uns et les autres. Puis, peu à peu, le groupe a grandi à mesure que se greffaient les connaissances de chacun. J'ai pour ma part retrouvé Rudmila, une noble Nâhia avec qui j'avais déjà pris plaisir à voyager pendant plus d'un an. Ainsi que Rendija et Rufus que j'avais également rencontrés auparavant, l'une étant tout comme moi originaire de Sparta, le second en ayant fait sa ville d'adoption.
Après le groupe, il nous fallait une destination. Okhaen s'est vite imposé, ainsi que la volonté de trouver une route plus courte pour y accéder. Mes contacts au sein de Sparta ont été très utiles. Il a suffi de présenter Raphaël et Rudmila aux bonnes personnes et ils ont admirablement bien défendu le projet. Le Stallite nous a fourni le nécessaire pour l’expédition et, après avoir rassemblé les connaissances glanées par chacun, nous avons laissé Sparta derrière nous.

Par choix stratégique, nous avons décidé de couper par le désert. C'est donc une expédition de 17 Marcheurs, plus le chameau acariâtre rebaptisé Ferdinand, qui partit à travers le Sahakral avec le but de trouver des oasis ou autres points d'eau le long du chemin. Malgré le vent, la première semaine s'est plutôt bien passée, nous avons facilement trouvé de quoi manger, mais pas d'oasis en vue autour de la zone humide. L'endroit semblait cependant assez irrigué pour y creuser un trou et récolter de quoi boire. Pendant que certains partaient à nouveau chercher à manger, d'autres se sont attelés à creuser.
On s'attendrait logiquement à ce que ce soit la chasse qui représente l'activité la plus dangereuse... et pourtant. La première règle de survie des Marcheurs est: "Soyez toujours sur vos gardes", à plus forte raison quand vous creusez un trou... juste au dessus d'un crocodile. Rufus y a laissé une partie de sa jambe, et cela aurait pu être bien pire si ses 2 cerbères ne l'avaient pas défendu. Avec nos deux gardiens du feu, ils sont parvenus à mettre en déroute le saurien. A l'heure ou j'écris ces lignes, nous avons monté le camps et Rufus est alité après avoir reçu des soins. Selon les soigneurs il ne perdra pas l'usage de sa jambe, c'est toujours ça de pris.

Le vent du Sahakral me fait frissonner, soufflant comme pour nous rappeler inlassablement ses dangers. Mais je n'en suis pas à ma première traversée. Il faut rejoindre les autres, bientôt, nous reprendrons la route.


(Quelques pages des carnets sont manquantes, elles ont dû se détacher)

Nous sommes restés plusieurs semaines  à Sparta. Qu'il était bon de retrouver enfin mon foyer. Comme disait mon père "Lorsque l'aventure te prend et que tu as la chance d'en revenir, rien ne vaut le réconfort du foyer, du moins jusqu'au prochain appel." J'ai fait profiter Ludmila de ma demeure, et de l'accueil chaleureux de Mère, pour une fois ravie que je ne ramène pas un "traîne-savates ou un malandrin de tout genre".

Mais nous n'étions pas revenus pour nous endormir sur nos lauriers. Si l'expédition vers Okhaen a bien été un succès, il nous fallait  tout de même préparer la seconde. Les semaines qui suivirent furent donc consacrées à la recherche d'informations, et celles d'après à travailler pour réunir les fonds nécessaires au rachat de matériel.
Durant la phase de recherches, après avoir aidé Sesekhan à mettre de l'ordre dans la bibliothèque, nous sommes tombés sur un curieux carnet de voyage. Celui-çi, écrit par un illustre inconnu, mentionnait un lieu soi-disant béni de Solaar nommé "Thalat", perdu dans les montagnes  au milieu du Sahakral, pile sur notre chemin. Si Stanley étais dubitatif, l'idée a tout de suite plu à Raphaël. En effet, quoi de mieux pour notre fervent Prôneur que la découverte d'un lieu placé sur sa route par Solaar lui même? Cependant son enthousiasme était loin d'être partagé. Au style d'écriture, l'auteur du récit mélangeait des métaphores Phéniciennes et Nâhiennes, comme si son histoire n'était qu'un agglomérat flou de figures de styles piochées dans les croyances de différents Stallites.

Mais passons. Après la découverte d''autres indications plus prometteuses sur le trajet, il nous a fallu négocier du matériel supplémentaire et pour cela gagner des Lux. Chacun y allait de sa spécialité, qui à la forge, qui dans la garde, qui aux tâches journalières etc. Pendant ce laps de temps, après discussions et puisque tout le monde rempilait, nous avons décidé d'embaucher un membre supplémentaire. Confiante, j'ai laissé mes compagnons gérer l'affaire. Je n'aurais pas dû.
Nous avons écopé d'un certain "Dan".  Une montagne de muscle dont la carrure n'a d'égale que son ego. "Peur du Sahakral? C'est lui qui devrait avoir peur de moi!" m'a-t-il dit , vantant sa grande expérience en matière de traversée du désert. Donnant par là même l'impression que nous étions tous très chanceux de l'avoir avec nous. Je suis certaine que Ra Oul a tout autant d’expérience que lui, pourtant, lui ne se vante pas. D'ailleurs il faudra que je lui demande s'il accepte de m'enseigner les armes. J'ai eu de la chance jusqu'ici, et si je me débrouille avec les dagues, un peu de polyvalence ne me ferait pas de mal. C'est bien beau de savoir faire des cartes et de compiler des connaissances, mais elles ne serviront à personne le jour où je me ferai tuer avant de les ramener.
Dernier soir à Sparta, nous avons le matériel, les indications, et Raoul s'est assuré d'avoir l'alcool. J'ai la tête qui tourne un peu... Comme toute veille d'expédition, nous l'avons dignement fêté. Départ dans quelques heures, avant que Solaar n'éclaire le Stallite. Nous prendrons plein nord, suivant la route de Phénice jusqu'aux montagnes où nous aurons quelques jours pour déterminer si "Thalat" existe réellement ou pas. Ensuite nous bifurquerons pour nous enfoncer dans le Désert profond. Je suis impatiente.

1re Semaine. Nous sommes partis bien avant l'aube. Et, Lorsque celle-ci nous a rattrapé, nous avons pu admirer de loin la lueur de Sparta. Nos cœurs se sont gonflés de courage, nulle pointe de mélancolie en la contemplant ainsi de loin, au contraire. De la fierté, et une résolution accrue de triompher de  ce nouveau voyage , et rentrer pour le raconter.
Qui dit nouvelle mission dit nouvelle organisation. Comme à son habitude, Stanley a tout géré de main de maître. Tout sauf une chose. Les tours de garde. A croire que le sort s'acharne sur moi. Faisant des groupes de 6, il n'y avait qu'une... "chance" sur trois que je tombe avec Dan. Évidement c'est ce qui c'est passé. Qu'à cela ne tienne, je discuterai avec Roberturo, entre deux vantards c'est encore lui que je préfère. Notre groupe  a le dernier tour de garde. C'est plus compliqué que le premier... J'ai bien failli m'endormir plus d'une fois. Mais c'est tout bonnement inenvisageable, question de principes. Et peut-être un peu de fierté...

2e Semaine. Tout comme la première, cette seconde semaine s'est bien déroulée, nous suivons toujours la route vers Phénice direction les Montagnes.

3e Semaine. Stanley nous a autorisé à prendre quelques heures pour explorer l'une des nombreuses Ruines aux abords de la route, non loin de  notre bivouac. Rodrigo ne voulait pas y aller, il est parti dans un long monologue avec Solaar en nous traitant d’imbéciles et d’irréfléchis courant au devant de dangers que nous aurions pu éviter... Je doute que Solaar lui ait répondu. Je suis donc partie en exploration avec quelques curieux. Malheureusement nos recherches se sont révélées infructueuses. La bâtisse que nous avons trouvée tombait en ruines, et au grand dam de Roberturo, pas la moindre trace d'Artefact. Tout ce que nous avons trouvé est une inscription intraduisible gravée sur une poutre. Je ne connais pas cette langue de l'Avant, mais dans le doute, j'ai recopié les écrits, je trouverais bien quelqu'un pour me les traduire.

4e Semaine. Nous entrons enfin dans le vif du sujet. Voici le vrai Sahakral. Jusqu'ici nous n'étions pas encore dans le Désert vrai, c'est chose faite. Tout le monde à l'air de bien s'en sortir malgré la rudesse du Milieu. Même Raphaël... Pour l'instant. J'ai peur que l'histoire de Thalat ne lui soit monté à la tête. Il veux prouver que Solaar lui-même le guide, et qu'il n'a besoin de rien d'autre que de sa Foi pour traverser le Désert. Malgré nos conseils, il s'est donc délesté de tout matériel pouvant aider à lutter contre l'aridité  du milieu. Curieusement, cela semble fonctionner.

5e et 6e Semaines. Après avoir dépassé une première Oasis, sous les conseils de Stanley nous avons poursuivis plus au nord pour nous arrêter à la seconde, et nous avons bien fait.  Celle -ci, bien plus grande que la première accueillait déjà 2 tribus d'Adaptés. Après nous avoir fait signe de l'attendre, Stanley à donc tâté le terrain avec les 2 familles pour finalement nous en désigner une qui nous acceptait près d'elle. Soulagés, nous avons donc pu monter un camp un peu plus élaboré dans le but de nous reposer quelques jours.
Dans la tribu de Keïta, tous se sont montrés très accueillants et nous avons tout de suite sympathisé. Pendant que certains profitaient de la halte pour se reposer vaquer à ses occupations comme Rufus entraînant ses Cerbères, d'autres se sont mélangés aux Adaptés pour échanger; et je ne parle pas que d'échange de fluides. Tandis que Rudmila diffusait et récoltait des contes, je m’intéressais plutôt à leur manière de survivre, et à leur connaissance des environs. Leurs précieuses informations m'aidèrent à tracer des ébauches de carte et à noter des amers particulièrement intéressant le long de notre route. Même Raoul a tenu à enseigner ce qu'il savait aux Adaptés, leur construisant et leur expliquant comment utiliser des armes un peu plus efficaces. Finalement sous sa carapace et ses airs bourrus, il tient beaucoup à faire tout ce qu'il peut pour protéger les autres. Être mon professeur lui a peut-être montré la voie. Il a même donné son arbalète à un enfant de la tribu qui n'a pas arrêté de se balader avec, fier comme un novice.
Enfin, entre deux discussions théologiques où nous avons appris que les Adaptés révèrent le Sahakral comme une entité à part entière,  Raphaël s'est occupé du marchandage. Contre quelques denrées et de l'huile qui les intéressait fortement, nous sommes repartis avec, à la grande joie de Rendija, des échantillons de leurs victuailles, un chameau plus jeune que Ferdinand à qui nous avons accordé sa retraite, et un Bachka, une petite bestiole censée être entraînée à détecter les Monstres de l'Obscur.
Durant la halte, il n'a pas arrêté de me suivre et de me tourner autour. Il se voulait discret mais je l'ai repéré plusieurs fois dans mon sillage. Que cherche-t'il? Je doute que ce soit du plaisir charnel, il l'a trouvé ailleurs et nous ne nous embarrassons pas de grands mots lorsque nous souhaitons la chose. Ne sachant pas ce qu'il voulait, j'ai simplement fait comme si de rien n'était.

7e semaine. Nous voilà donc repartis. Replonger dans le bain, ou plutôt le Désert, fut un peu compliqué. Dès le début du voyage, une crise a éclaté au sein de la petite meute de Rufus. Les deux jeunes Cerbères se seraient battu à mort si nous ne nous étions pas interposés. Vlad nous a expliqué qu'il s'agissait  d'un conflit résultant d'une jalousie entre les 2 plus jeunes, chacun cherchant à occuper la seconde place dans la meute. Le mâle a eu le dernier mot. Après l'avoir rassuré sur sa place de favoris, ils ont pu soigner la femelle. Cet incident a jeté un froid sur l'expédition.
Et son regard est toujours là, même s'il me suis moins qu'à l'Oasis. Et les signes ne trompent pas, je pense qu'il veut du sérieux. Quelque chose ayant rapport avec des... sentiments? J'ai beaucoup lu là-dessus, cependant mes nombreux voyages ne m'ont jamais permis de tester une relation basée sur davantage que le simple désir charnel. Je ne sais absolument pas comment gérer ça. Du coup pour me changer les idées je me donne à fond durant les leçons de Ra Oul. Il a semblé surpris que je sois si motivée à venir me faire dérouiller, mais les entraînements sont plus simples à gérer que les sentiments.

8e semaine. Ce qui devait  arriver arriva. Un matin la Foi de Raphaël ne fut plus suffisante. Il a fini par s'écrouler en délirant. Ingegerd a pu le soigner mais il est probable qu'il reste marqué à jamais. Tous les matins suivants, pour se "purifier" et se repentir de sa faiblesse, il se frotte au sable du Sahakral, parfois jusqu'au sang.
La morosité ambiante devient de plus en plus pesante. Les gens, facilement irritables, sont à fleur de peau. Cela fait des semaines que nous avons quitté le Stallite, et le climat est loin d'être au beau fixe. Avant que cela ne dégénère, Stanley a fait arrêter le convoi. Les mots d'ordre du jour sont la chasse et la cueillette. Ce soir nous ferons un vrai festin. Je prie Solaar pour que cela apaise les mœurs.
Le repas était chaleureux. Ra Oul a consenti à partager son alcool, et, combiné aux plats savoureux de Rendija, cela a mis du baume au cœur de tout le monde. Prenant mon courage à deux mains, j'ai profité de l'ambiance détendue pour arrêter de fuir. Nous avons ce soir eu l'opportunité d'apprendre à mieux nous connaître, notre relation peut à présent repartir sur de meilleures bases, nous verrons bien ce qu'il en découlera.
J'espère que la fête aura fait du bien à tout le monde. Demain il nous faudra repartir, les Montagnes sont proches.
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Hoggar

J'ai jusqu'ici tenté d'être fidèle semaine par semaine à notre avancée... mais à l'approche des montagnes j'ai perdu le fil. Nous avons été plusieurs à souffrir de cet environnement entre deux eaux, mi-désert mi-montagne, avec évidemment les inconvénients liés aux deux. J'ai donc passé plusieurs semaines de repos dans une grotte pendant que la majorité du groupe partait à la recherche de Thalat.
Il n'y a rien de  pire qu'être inactif. J'enrageais de rester sans rien faire tandis que Ra Oul ambitionnait visiblement de transformer la grotte en une halte tout confort.
Au bout d'une semaine de repos je me sentais mieux, j'ai donc pu repartir avec un petit groupe pour repérer la meilleure entrée dans le désert. Nous n'avons rencontré aucun problème particulier, et mieux que ça, nous sommes parvenus à dénicher une longue dune de sable qui semble s’étendre assez loin dans la direction que nous souhaitons. Marcher à son sommet nous permettra d'avancer bien plus vite qu'en piétinant dans le sable.
Peu de temps après notre retour à la halte, la seconde équipe d'exploration est revenue. Cela faisait deux semaines qu'ils escaladaient monts et pics, et, une fois arrivés assez haut, ils ont fait demi-tour, sur une certitude de Raphaël. En effet, celui ci avait assuré aux autres avoir vu quelque chose, une lumière, au Nord-Nord Est du Hoggar et ils sont revenus chercher ceux qui étaient intéressés pour aller avec eux, afin d'en avoir le cœur net. J'ai tout de suite signé; même Ra Oul, malgré son scepticisme, est venu avec nous.

Et nous avons bien fait. Certes nous n'avons pas trouvé de nouveau Stallite, mais le voyage valait le détour. Après un peu moins d'une semaine de marche, nous sommes arrivés non loin du site où Raphaël nous avait assuré avoir vu quelque chose. Il n'y avait pourtant visiblement rien de bien notable à cet endroit. Le ciel était tout aussi noir que d'habitude, les sceptiques ont commencé à douter... lorsque les nuages se sont déchirés. D'un seul coup, une grande faille est apparue dans le ciel, illuminant les environs de la lumière de Solaar lui même. Nous en sommes tous restés sans voix. Cela faisait presque 10 semaines que nous faisions route dans l'Obscur, et malgré l’arrêt bénéfique à Nejev, sa noirceur commençait à nous peser. Et tout ce poids s'est envolé lorsque nous avons pu assister à l'ouverture des cieux. Malheureusement, celle-ci n'a duré qu'un temps, et, en marchant vers le lieu qui s'était retrouvé éclairé nous n'avons rien trouvé de particulier. Mais qu'importe. Là où la lumière était passée, nous avons laissé un message: "Ici, le ciel s'est déchiré en deux et Solaar a éclairé le monde." Qui sait, peut-être que d'autres que nous auront un jour la chance de contempler ce phénomène miraculeux.
Nous n'avons pas trouvé Thalat, mais c'est plein d'une nouvelle ardeur que nous sommes rentrés au camp, certains sont même repartis de suite pour faire le tour du Hoggar comme c'était prévu, et vérifier rapidement que nous n'avions rien laissé passer. J'ai fait le choix de rester au camp, je pense que celui qui avait écrit le journal a dû divaguer et prendre la déchirure du ciel pour un Stallite, ils ne le trouveront donc pas ailleurs. Mais rien que pour avoir revu la lumière, je suis heureuse d'avoir été là pour la déchirure.
Quelques semaines sont passées et les valeureux aventuriers sont revenus comme prédit sans avoir rien trouvé qui vaille la peine de s'y attarder. Nous leur avons donc laissé un peu de temps pour récupérer, et nous nous sommes dirigés vers le désert.

Enfin... sortir de cet environnement montagneux que je ne maîtrise que très peu. J'allais pouvoir de nouveau aider mes camarades sans les ralentir.
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Voyage au centre du Sahakraal

Nous avons pris comme convenu par la dune de sable précédemment repérée, la suite du voyage commençait bien, la saison des tempêtes étant derrière nous, c'est relativement sereins que nous nous sommes enfoncés tout droit, en plein milieu du Sahakraal direction Nâh. Le début de semaine avait été paisible, nous n'avions aucun mal à trouver de quoi nous nourrir, et tout le monde résistait plutôt bien aux éléments, même Raphaël qui avait finalement décidé de réutiliser son équipement de Survie.
Je crois... non, je suis certaine que vu ce qui nous est tombé dessus ensuite... il serait mort s'il ne l'avait pas fait.

Un jour comme les autres où nous avancions tranquillement, les plus observateurs d'entre nous ont repéré au loin une troupe d'Adaptés dont les déplacements semblaient assez rapides. Impossible au début de dire dans quelle direction ils allaient tellement ils étaient loin... mais  nous n'avons pas tardé à comprendre qu'ils venaient globalement vers nous, et couperaient le chemin que nous avions parcouru à peine une heure plus tôt, fuyant. Fuyant... un immense  mur zébré de teintes plus ou moins noires qui semblait les talonner et par delà lequel il était impossible de voir quoi que ce soit... Nous avons rapidement envoyé nos animaux en reconnaissance, mais lorsqu'ils sont revenus la queue entre les jambes et le plumage tout ébouriffé, Vlad nous a révélé ce qui nous attendait.
Une tempête. Une tempête de sable immense, comme il n'en avait jamais vu auparavant, et qui serait là dans très peu de temps. Deux solutions s'offraient à nous, commencer à creuser pour s'improviser un abri ou faire demi-tour pour retrouver la sécurité des gros rochers  que nous avions dépassé plus tôt dans la journée. Les rochers ont été jugés trop loin, donc, derrière un petit affleurement, nous nous sommes tous mis à creuser. A l'aide des Bâtisseurs, Stanley a disposé les chameaux et le matériel de façon à nous faire rempart, tout en les préservant eux même des affres du vent et du sable. Il n'y avait pas un instant à perdre, même les Cerbères ont mis les pattes au sable pour nous aider à creuser. Puis Stanley nous a hurlé de nous mettre à couvert, ce que nous avons fait, nous entassant les un sur les autres tandis que les derniers, les plus résistants, tenaient la bâche par-dessus nous pour nous préserver du sable.

Je ne sais pas combien de temps ça a duré... dans le noir, à entendre le vent hurler a nos oreilles... mais j'ai fini par comprendre que quelque chose n'allait pas. En un instant, le vent s'est engouffré sous la bâche et a noyé ceux qui étaient le plus haut. Puis il y a eu du mouvement, une corde passée de mains en mains, et des ordres criés dont je n'entendais rien. J'ai compris l’état critique de la situation lorsque Ra Oul, au péril de sa vie, a ramené Stanley... totalement inconscient et avec une tête à faire peur. Il était le dernier à se mettre à l'abri... il n'en avait pas eu le temps. J'ai utilisé le peu qu'il me restait de voix pour pouvoir faire parvenir la situation à Ingegerd, qui a été remontée pour s'occuper de lui et le stabiliser. Ensuite... tout s'est brouillé, j'ai attendu... attendu... et sombré dans le noir.

Lorsque j'ai réémergé, la tempête n’était plus... et seuls Dan et Rodrigo étaient encore debouts. Ils m'ont dit qu'elle avait duré plus de deux jours peut être trois... Trois jours entassés à suffoquer et attendre désespérément une accalmie... et ils avaient tenu. Si je nourrissais encore quelques doutes, je dois avouer qu'à partir de là, ils se sont totalement estompés... je l'avais mal jugé et sans lui il est probable que nous ne nous en serions pas aussi bien sortis... mais je lui parlerais plus tard, ce n’était pas le moment.
Réagir. Beaucoup d’entre nous avaient souffert de la tempête, Raphaël et Rudmila par exemple, ont été très gravement touché. Plusieurs autres avaient des blessures dues au frottement du sable et Stanley était dans le coma. Puisque qu'il n’était absolument pas en mesure de s'en charger, j'ai pris la direction du camp... et j'ai regretté de ne pas avoir plus écouté les leçons d'intendance de ma mère... elles m'auraient finalement été bien utiles... mais j'ai fait ce que j'ai pu, et nous nous sommes organisés. Les blessés ont été soignés, puis les médecins et les veilleurs ont pu prendre le repos mérité.
Nous nous en sortons miraculeusement bien... les chameaux bien qu'un peu mal en point sont en bonne santé, et le traîneau aura simplement besoin d'être un peu retapé. Stanley est hors de danger, son état est stable et il se réveillera dans quelques temps. Les blessures de Raphaël et Rudmila, bien qu'impressionnantes, ont été soignées de main de maître par Ingegerd, qui nous assure que même si Rudmila est aphone pour l'instant à cause du sable qu'elle a avalé, elle retrouvera très rapidement l'usage de sa voix pour chanter et conter.

Le camp est calme ce soir... nous allons avoir besoin de repos avant de partir, mais nous sommes vivants... tous. Et si vrai miracle de Solaar il y avait, je pense que nous venons d'y assister.


(Plusieurs pages sont manquantes, racontant la fin de la traversée du désert et le départ de la nouvelle mission, on raconte qu'elles seraient restés entre les mains d'un érudit à Jéru)[/font]

La Mesa des Lumineux.

Je ne saurais dire s'il y avais quelque chose dans l'air ou si c'est notre personnalité qui ou (consistance) qui nous a initié ces rèveries..toujours est il qu'au fur et a mesure de notre avancée, certains d’entre nous se  sont retrouvé à rêver. Mais pas des rêves de chaque nuit non, plutôt des souvenirs, des souvenirs que nous avions depuis longtemps oublié, de nos jeunes années, un geste, une histoire...racontée alors que nous n'avions même pas 5 ans. Très intéressée par tous ces récit de vie, j'ai commencé a les recueillir avec l'aide de Raphaël qui lui pour le coup étudiait plutôt l'impacte psychologiques que ces souvenirs avaient sur nous.

Et nous allions bien. Très bien même. Peut être trop. Quelque chose nous galvanisait, et nous attirait immanquablement. Les écrits et les légendes raconte que ce n’est qu'en présence d'un nouveau stallite qu'un tel état pouvait être éprouvé. La question c'est posé au sein de la fraternité. Suivre cet..instinct sortit d'on ne sais ou et dévier de notre route? Ou bien continuer à la suivre tel que nous l'avions convenu?
Après un vote, nous avons décidé de suivre cette étrange sensation pour voir ou elle nous mènerais.
Et par Solaar...nous avons bien fait. Après quelques jours de marches dans le désert, nous sommes arrivés a..de la lumière..puis..un champ, un champ de rueg immense et vivace comme nous en avions rarement vu. Et derrière celui ci; un Rocher, immense et..lumineux. C'est de celui ci dont venait la clarté que nous avions aperçus. N'eut été les autres , je me serais précipité pour aller le voir de plus près. Finalement 3h et un incendie plus tard, nous nous sommes enfin rapprochés.

Nous venons de repartir de la Mesa des Lumineux. Je n'ai pas pu écrire lorsque nous étions la bas, ce lieux était trop..miraculeux. Comme..hors du temps et de la difficulté de l’extérieur, le peuple qui vie la est profondément pacifique, et pour cause, ils n'ont aucun danger a affronter. Les monstres de l'obscure qui parviennent jusque la sont brûlés par la lumière. Et le stallite est trop éloigné des chemins pour être trouvé par des voyageurs. De plus, toute notion de haine, de colère de ressentiment ou autres sentiments pouvant conduire a un affrontement leur sont tout à fait inconnue. Nous avons tenté de leur expliqué, je crois qu'ils en ont compris un peu..j’espère que nous ne les avons pas pervertie. Leur métabolisme est impressionnant, ils ne ressentent ni la faim ni la soif, et lorsque nous sommes ressortie, nous nous sommes aperçue que nous n'avions pas mangé depuis 3 jours sans que cela ne nous cause aucun problème. Nous avons choisi après beaucoup d’hésitation de ne pas rendre l'existence de ce lieux publique. Qui sait ce qui pourrait arriver à ses gens s'ils tombaient sur un groupe mal intentionné? Certains disent que le lieux se défendrait tout seul, peut être, mais on n'est jamais trop prudent. Le seul fait de savoir qu'un tel miracle existe et qu'il demeure vierge de toute influence néfaste suffit pour me donner le courage de continuer à avancer.
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(Note pour plus tard, si je prête ou commercialise ce carnet, ne pas oublier d'en ôter cette page.)[/font]

Lors de notre dernière nuit nous avons fait un songe...un songe, un songe étrange et inquiétant. Un combat, une guerre, mais a bien plus grande échelle que tout ce que nous pouvons imaginer, un monde embrasée par une lutte entre les ténèbres et la lumière, des tirs d'armes a feu en nombre impressionnant, des éclats de lumières..un bruit assourdissant..trop de choses pour avoir le temps de comprendre. Au milieu de cela..Nous. La fraternité, nous qui sommes un. Enfin presque, étrangement Raphaël ne nous a pas suivit, alors nous allons le chercher, puis, une fois tous réunis, même avec ceux de la fraternité qui ne sont pas avec nous, nous entendons, comme hurlée par des milliers d’âmes en peine, ces derniers mots."Triell'a hashliel Kuur-Ra, estolil keriniel vaaldel karell'a." Et ils virent arriver la Lune Noire, et ils surent que le monde était en péril.
Était – ce..un autre souvenir? Mais un souvenir du passé? Toujours est il que j'en suis ressortie avec cette profonde conviction, nous avons quelque chose a faire.

Nouvelles de L'ouest. Tout ce passe bien Stanley est reparti vers Sparta avec un gros groupe et a reçu des renfort en chemins. Ils ont fait la route bien plus rapidement que nous, a terme, 2 nouvelles haltes sont prévue, une à Hoggar et une Tibesti. Je n'ai aucune idée de la manière dont nous sommes au courant de cette avancée, mais il semble qu'après le rêve, nous tous, les membres de la fraternité, quelques soient notre éloignement sommes liés les un aux autres.

Nous arrivons sans encombres à Séléuca, une ville construite sur les flots reliée à la berges par des ponts. Nous sommes plutôt bien accueillis, mais à l'inspection de notre chargement les gardes  ont fait une drôle de tête. En effet, toutes nos rations de nourriture sans exceptions étaient périmées, et nous ne nous en étions pas rendu compte. Heureusement, personne n'est tombé malade pendant la quarantaine et nous avons pu ensuite rentrer dans la ville. La, il nous a fallut travailler un peu, chaque membre de l’expédition faisant appel à ces talents, nous avons pu gagner de quoi nous reconstituer un petit stock de nourriture. Raphaël défendant notre projet avec ferveur, nous avons également trouvé des sponsors, notamment 2 Nopéléens à l’affût de toutes opportunités et très intéressés par ce qui se passe à l'est. Tellement intéressés que l'un d'eux, Ack, a choisit de rejoindre l'aventure.
Nous avons décidé de nous rendre aux montagnes de la corde en empruntant le fleuve des frères. Après quelques jours à naviguer sans encombre, nous avons atteint la montagne et abandonné nos embarcations pour passer la crête à pied. Les montagnes..ça faisait un moment que nous n'avions pas eut affaire à cet environnement..et par Solaar il ne m'avait pas manqué. On ne voyait pas a plus d'un mètre, nous nous sommes tous encordés et cela nous a évité d'en perdre plusieurs. Nous nous en sommes relativement bien tiré, et nous avons trouvé un bon endroit pour faire une halte. Une caverne assez grande pour être habitée par un Urs. Mais ce n'était pas un Urs qui est venu nous rendre visite la nuit, mais un Unica. Immense, blanc, et très vicieux. Nous l'avions entendu arriver et nous étions préparé, ce qui ne l'a pas empêché de briser avec facilité notre première ligne pour se jeter sur Raphaël. Et je suis convaincue que ce n'étais pas un choix au hasard, mais bien une stratégie réfléchie. Dan , Jeros et Viren se sont interposé, et nous sommes parvenus à neutraliser la bête. S'en est suivie une longue discussion au court de laquelle Viren a tenter de nous convaincre de laisser L'Unica en vie pour qu'il le dresse.  Durant le débat, Cletus a contourné la bête et lui a tiré une flèche dans l’œil . De dépit, constatant que l'animal ne pourrait plus s'en tirer, Viren l'a achevé, nous annonçant du même coup qu'il quittait la fraternité. Je ne sais que penser de son choix..je comprend sa volonté d'aller toujours plus loin dans l'exploit..mais je reste convaincue qu'il s’agissait d'un danger trop grand pour le groupe. J’espère que Raphaël va s'en tirer.

Nous prenons quelques jour pour lui laisser le temps de se remettre, réparer l'équipement et aménager un peu les lieux avant de repartir. Pendant que les gardiens du feu s’entraînent pour se sortir la tête du combat de la veille, je vais voir le futur maître des lieux. La discussion avec Viren est compliquée, mais nous parvenons tout de même à dresser des plans pour que la future halte soit aménagée de manière satisfaisante. Avec une petite source en contrebas et quelques fortifications, elle sera même très accueillante. Viren va enfin pouvoir se poser et développer vraiment un endroit comme il le souhaitait depuis longtemps. Enfin...si nous parvenons a nettoyer définitivement la place. La seconde nuit , alors que nous pensions enfin pouvoir nous reposer, une ombre immense vient boucher l'entrée de la grotte. Elle n’était pas si inhabitée que ça. Un grand humanoïde..poilus, avec une tête tenant plus de la gueule de loup que du visage humain. Je frisonne..je ne l'avais jamais vue, mais je l'avais déjà entendue..et elle m'avait fait prendre les jambes à mon coup et blesser Rudmila qui essayait de me raisonner. Pas de doute, nous faisions face à un hurlant. Cette fois ci, je tiens le coup..mais valentin a plus de mal...je  vois devant moi Valentin pâlir et devenir aussi actif qu'une statue. Et la.. ce bruit...cet effroyable craquement d'os qui nous transperce au plus profond de notre être. Je hurle, je crois que je ne suis pas la seule. La suite des événements est plutôt floue. J'ai tiré beaucoup de carreaux et je n'ai repris conscience de ce qui se passait que grâce à Dan . Alors j'ai compris. Le Hurlant était mort depuis longtemps, Jeros n'avait plus de bras droit Rodrigo plus de main, Nerys plus un bras droit en charpie..beaucoup étaient couvert du sang noir de cette abomination. Noir..comme les yeux de Raoul après qu'il se soit fait touché par la Ghast. Je choisis de  surveiller les blessé histoire d'être certaine que nous n'ayons pas de mauvaise surprise post combat.

A peine avons nous le temps de soigner nos blessé qu'un autre événement survient. Se présente à l'entrée de la grotte un homme, peau claire, cheveux platines, baraqué, avec un équipement en très mauvais état et portant le symbole des croisés. Il c'est présenté sous le nom de Io, et dit vouloir rejoindre Istan et Nople, il aurait croisé le Hurleur sur son chemin et décidé de lui donner la chasse seul, et visiblement sur de lui. Il s’assoit avec nous et nous fait le récit de la Croisade.
Il parlait de charge d'Hurricanes menés par un spécimen albinos, de monstres de plusieurs kilomètre de long, de la traversée d'une mortezone...quelque chose de digne des récit les plus rocambolesques qu'on raconte aux enfants le soir. Tout ceci parait plus qu'improbable, même s'il en a l'air profondément convaincu. Une chose intéressante qui ressort de ces récit c'est qu'il semble disposer d'un meilleur abris que celui que nous voulions créer. A coté de la sources des fleuve des frères, plus spacieux, et exactement la d’où nous voulons repartir. Nous décidons d'attendre quelques jours de plus pour développer la halte, et attendre les renforts. Nerys, Jeros et Viren vont rester sur place. Au bout de 2 semaine après aménagement de la halte, les renforts arrivent. Ils vont être une petite dizaine à rester, une semaine supplémentaire se passe le temps de faire la passation et nous repartons en ayant récupéré un soigneur et deux défenseurs.
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Titre: Les livres de comptes de Stanley, Convoyeur de Sparta
Posté par: merson le 31 janvier 2016 à 19:15
Les livres de comptes de Stanley, Convoyeur de Sparta

Note du compilateur: Les textes qui suivent compilent les parties des livres de comptes consacrées, non aux comptes eux-mêmes, mais à la vie de la Fraternité; on n'y trouvera donc aucune comptabilité. Le choix de ce titre ne doit pas être pris pour autre chose qu'une citation de la source de ces textes, afin de clarifier le contexte de leur écriture originale.

Note: Bien que le calendrier Phénicien ait une large influence à Sparta, les indications des pages suivantes respecteront le comput Nâhien, et ce pour deux raisons: La première c'est que la météorologie des régions que nous serons amenés à traverser est mieux représentée de cette manière, et la seconde est que les membres de la Fraternité viennent majoritairement de régions de Solaria où le calendrier Phénicien est purement et simplement inconnu.


Sparta

Me voici de retour à Sparta... Le Stallite est déjà en légère ébullition, même si je pense que les Célestes non informés n'en ont pas encore conscience. Une précédente caravane a semble-t-il déjà transmis des messages... Mais les Phéniciens ont considérablement accéléré les choses; là, nous ne sommes arrivés que depuis quelques jours, et leurs capacités de travail ont déjà bluffé les artisans locaux; même nos dirigeants en sont légèrement groggy. Pour l'instant, tout cela reste assez discret.

Comme toujours à la fin du Vent, un gros afflux de Marcheurs est en train de se réfugier au chaud; entre ceux qui hivernent, les Phéniciens qui suivent leurs propres agendas et ceux qui se sont faits malmener par l'Obscur, c'est une coalition d'ultimes paumés qui projette déjà de nouvelles expéditions, sous les yeux écarquillés des Célestes, dont certains qui vont se laisser tenter par l'appel de l'Obscur et se glisser dans un groupe.

Phédoria m'a demandé de nouvelles idées. J'ai un peu laissé traîné mes oreilles et j'ai alpagué quelques types qui ont des idées de grandeur. Elle a suivi immédiatement. Encore quelques soirées de taverne et j'ai pu recruter des candidats à la Marche dont les compétences nous manquent encore. Quelques litres de chauffe ont suffi pour "huiler" les relations humaines et, si chacun a sa propre manière d'adhérer aux projets de la Fraternité, tous y adhèrent sincèrement.

De ce que je sais, Okhaen a l'air d'être un cloaque; même si ses habitants ne semblent pas très curieux, c'est un voisin à quelques semaines de Marche, un recours éventuel... L'expédition n'est pas difficile à préparer; les plus expérimentés ont les idées assez claires sur les besoins du groupe, je n'ai le plus souvent qu'à ouvrir mon réseau de contacts et laisser d'autres, bien plus doués que moi, marchander. Pour la route elle-même, on a mis au point un tracé assez court, repéré quelques points d'eau d'ici au fleuve et puis on improvisera pour la traversée; au delà, on parle d'une Mortezone à contourner, rien d'inquiétant.


Okhaen

La route s'est bien passée. Nous avons bien failli perdre Rufus dans un crocodile, mais rien de définitif. Elizabeth a réalisé l'exploit de nous trouver un gué dans le Marais; ajouté à notre trajectoire plus tendue, voilà qui raccourci la route de plusieurs semaines en tout. Quant à la Mortezone, elle pose encore moins de problèmes que prévu...

Okhaen est franchement un endroit désagréable peuplé de Célestes désagréables menés par des dirigeants désagréables. Après avoir ainsi pris la mesure de l'endroit, nous sommes repartis au Sud-Ouest pour prendre contact avec une communauté d'Adaptés qui semblent accueillants, et cartographier les environs. Après discussion, nous avons pu envisager un plan permettant de donner de meilleurs moyens technologiques au Stallite, de rapprocher les Terreux des Okhaenites et enfin d'ouvrir le Stallite au reste du monde. Ne restait plus qu'à convaincre les Sedar Bissa, ce qui a été finalement assez facile, moyennant que le plan permette au dirigeant de maintenir sa place.


Sparta

Cette fois-ci, on attaque le gros morceau: Aller fouiner dans le centre du Sahakral, avec l'objectif de poser des jalons pour une route entre Sparta et les Stallites du Nord-Est de Solaria. J'ai proposé d'investir dans du matériel complémentaire pour supporter une longue expédition dans le Désert profond; malgré nos nombreuses relations, il nous faudra acquérir pas mal de choses par nous-mêmes, alors nous nous sommes tous mis au boulot. Nous avons profité des premières semaines pour, outre ces achats fermes, faire le point sur les besoins des uns et des autres et mutualiser les profits. Au total, nous sommes restés ici jusqu'à la fin de Rê. Afin d'éviter d'entrer dans le Désert profond pendant le Vent, nous sommes partis dès que le matériel a pu être réuni.

Effet imprévu de nos recherches cartographiques, nous avons exhumé du fatras de ce vieil Hibour de Sesekhan un récit faisant allusion à Thalat, une cité sacrée aux yeux des hommes du Désert. Je n'y crois pas une minute, mais Raphaël et plusieurs autres y tenaient, alors j'ai concédé quelques jours de recherches dans la région où Thalat se situerait possiblement, une région pas trop dangereuse puisqu'elle englobe le Hoggar, un amer qui nous servira de refuge si besoin.

Pour le reste, je ne sais pas si et quand nous reviendrons. Je gage que Sparta aura changé de visage et que le grand chambardement sera déjà en marche.


De Sparta au Hoggar

Première partie plutôt aisée: Rejoindre le Hoggar par la route. Sur les 3 semaines au milieu de la route de l'Avant, certains ont fait un ou deux arrêts dans les Ruines environnantes, mais sans surprise ils n'y ont pas trouvé grand-chose. Après les Collines du Sable et le Marais des Chaos, on est entrés dans le Désert vrai; comme tout allait bien, j'ai évité un arrêt prolongé à l'Oasis du Chaos, qui d'ailleurs était déserte, pour pousser directement à notre première étape, l'Oasis de Nejev, à mi-chemin du Hoggar, profitant ainsi de la relative et provisoire clémence du Vent.

A Nejev, nous avons trouvé deux tribus en bivouac long, dont l'une manifestement là pour commercer; la seconde, je l'ai pas sentie. Plusieurs des nôtres voulaient rencontrer les hommes du désert, et ça s'est bien passé avec la tribu de Keïta; on a quasiment vécu avec eux pendant une semaine, dont j'ai profité pour pressentir les intempéries en gestation sur notre itinéraire.

Ne voyant rien de méchant venir, nous avons relancé la caravane. Le redémarrage s'est fait sous les meilleurs auspices, mais très vite les deux jeunes Cerbères de Rufus se sont battus jusqu'au sang; on les a récupéré tous les deux dans un sale état. Ensuite, je ne sais pas ce qui s'est passé, mais les semaines suivantes ont été moroses; Roberturo m'a fait part de quelques uns de ses doutes, mais je le trouve un peu alarmiste. Avec un peu d'aide de la cuisine et des clowns, on a quand même pu remettre tout le monde en selle, et je compte sur l'arrivée dans le Hoggar à la fois pour remotiver le groupe et pour ménager un peu de repos...

Arrivés dans le Hoggar, entre deux crises de mysticisme de Raphaël, une expédition de reconnaissance est partie chercher Thalat; ils sont revenus avec une déchirure ponctuelle du Noir-Nuage. Tous ont été très impressionnés par le phénomène, mais personnellement, j'ai surtout été impressionné par la coïncidence, le fait que ce soit arrivé précisément à leur passage... Le bon côté de ce long arrêt, outre le fait qu'il a permis de remotiver la Fraternité, est qu'il a permis à Ra Oul et aux Bâtisseurs d'aménager un solide embryon de Halte. Par ailleurs, un autre groupe a pu faire une excursion vers l'Est pour reconnaître la route, nous pouvons repartir sur des bases saines.


Du Hoggar à Nâh

Le Vent nous a semble-t-il fait une farce de bien mauvais goût; alors qu'il en avait fini, il nous a subitement rejoué sa partition. Pour être honnête, je ne me souviens de pas grand-chose depuis ma sortie de coma. Réséda m'a expliqué que, grâce à Ra Oul qui a risqué sa vie pour m'extraire du vent, j'avais échappé de justesse à la mère de toutes les tempêtes de sable; à ce que disent mes compagnons, j'ai fait tout comme il fallait, je ne peux pas m'en vouloir. Curieusement, même si cela doit être de bien mauvais souvenirs, j'aimerais que ma mémoire revienne; je crains qu'il ne faille faire sans... Le bon côté des choses, c'est que les livres de comptes, tenus par Réséda pendant ma torpeur, sont impeccables; elle n'aime pas cette tâche, mais elle est très méthodique.

A mon réveil, l'état de la Fraternité est déplorable. En mon absence, Elisabeth a défini la route, mais elle a fini par crouler sous la charge de travail et s'est trompée plusieurs fois, nous jetant vers une Mortezone, dont le contournement a abouti à un Marais dangereux. Et pour couronner le tout, un Monstre de l'Obscur a attaqué, répandant la mort. Mais ils s'en sont sortis et ont trouvé un refuge où je me suis réveillé. En constatant la déviation de chemin, mais également que j'ignore totalement où nous sommes, j'ai préféré être rassurant et suivre mon instinct (et les précieuses remarques d'Elisabeth et Réséda) pour fixer un cap. Je n'ai aucune idée des endroits que nous nous apprêtons à traverser; je me sens subitement comme nos pères fondateurs de la Marche...

Après plusieurs semaines, nous tombons sur des Adaptés campant dans une oasis proche. Ils nous ramènent, le moral revient, et nous retrouvons un cap fiable. Nous recueillons cinq Rokéens rescapés d'une expédition ratée vers Nâh, sauvés du Désert par les nomades. Après ripailles et divers rituels, nous reprenons la route, direction le Fleuve des Âmes Perdues, sans histoires. Le Fleuve nous parle, différemment à chacun; Rudmila s'amuse de nos réactions, et je reconnais que c'est particulier, ici. On rejoint d'autres groupes le long du Fleuve, puis nous sommes guidés par les Volontaires Nâhias.

On triomphe, c'est normal, mais mes compagnons prennent conscience lentement d'une évidence: Ici, personne ne nous attend, personne ne connaît notre exploit - et à vrai dire, les autorités Nâhiennes ne nous voient pas d'un si bon oeil. Après du repos et pas mal de petit commerce pour financer notre train de vie ici, il est temps de penser à la suite. Pendant notre expédition, le grand chambardement a eu lieu: Phénice a vomi toute sa puissance de feu sur l'Obscur, pour lui arracher les Syrthes. Le coup de force a brillamment fonctionné et nous apprenons que les frontières orientales sont de nouveau perméables. C'est plus qu'il n'en faut pour donner des idées: Prendre tout le monde de vitesse en ré-ouvrant les routes de l'Orient vers Jéru et La Cité des Ponts, et en y construisant des Haltes. La Fraternité, qui ne souhaite pas abandonner la route nouvellement jalonnée dans le Sahakral, se scinde en deux et recrute à tour de bras. Il est temps pour moi de retourner à ma famille...


Retour à Sparta

J'ai pu reconstituer un gros groupe pour tracer un voire deux raccourcis par rapport à notre nouvelle route, et Rufus, resté à Nâh, doit recruter un groupe qui suivra nos traces, tandis que nous recruterons un groupe à Sparta. A terme, nous établirons une Halte dans le Tibesti et une dans le Hoggar, tandis qu'un groupe itinérant fera le lien et préparera le terrain pour des raccourcis et de nouvelles Haltes.

Nous avons réussi un joli tour de force en traçant un raccourci presque direct entre Nâh et le Tibesti, et en trouvant sur place un bon lieu pour une Halte. Une longue pause s'ensuit en attendant l'arrivée du groupe Tibesti qui viendra fonder véritablement la Halte; ce n'est pas du luxe, car nous avons quasiment couru tant notre progression a été rapide. Tunç et Ardeshur arrivent sans encombre sur nos traces; le groupe Tibesti est prêt à en découdre avec les lieux. Après avoir vérifié que tout se passait bien, et fait une longue campagne d'exploration et d'accaparemment des ressources environnantes, nous sommes repartis presque plein Ouest.
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: merson le 21 mars 2016 à 12:20
3e Semaine. Stanley nous a autorisé à prendre quelques heures pour explorer l'une des nombreuses Ruines aux abords de la route, non loin de  notre bivouac. Rudolfo ne voulait pas y aller, il est partit dans un long monologue avec Solaar en nous traitant d’imbéciles et d’irréfléchis courant au devant de dangers que nous aurions pu éviter... Je doute que Solaar lui ait répondu. Je suis donc partie en exploration avec quelques curieux. Malheureusement nos recherches se sont révélées infructueuses. La battisse que nous avons trouvé tombait en ruines, et au grand dam de Roberturo, pas la moindre trace d'artefact. Tout ce que nous avons trouvé est une inscription intraduisible gravée sur une poutre. Je ne connais pas cette langue de l'avant, mais dans le doute, j'ai recopié les écrits, je trouverais bien quelqu'un pour me les traduire.
C'est qui Rudolfo?

Sinon, j'ai fait les corrections  ^-^
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: Xlatoc le 21 mars 2016 à 13:24
C'est qui ce "il" qui tourne autour de Réséda ?
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: Luciole le 21 mars 2016 à 14:18
C'était Rodrigo, mea culpa, j'ai fait un mixte étrange.
à JK : tu voudrais bien savoir hein?^^
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: Xlatoc le 21 mars 2016 à 14:46
Chuis sûr c'est Dan :)
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: Luciole le 19 avril 2016 à 10:12
Maj, bon certes un peu tardive, mais elle est la^^
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: merson le 19 avril 2016 à 10:37
Yumi-Yumi!
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: Xlatoc le 07 mai 2016 à 13:59
Je voulais faire mon résumé des trois dernières sessions et je me rappelle de tout SAUF...du finish de la dernière. Mortezone, voix bizarres, contournement puis foncer dans le tas....et blanc.
Me rappelle pas être arrivé à l'Amer...mais peut-être Fée et moi étions déjà partis...
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: Luciole le 08 mai 2016 à 19:12
Foncer dans le tas, sables mouvant, la moitié du groupe d’éclaireur a failli y rester, mais au final on a dégagé tout le monde sauf la petite cerbère de Rufus. Mais les sables ont fait des dégâts, il me semble que nous nous sommes arrêté juste après que nous  ayons décidé de faire demi tour pour regagner le campement .
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: Xlatoc le 08 mai 2016 à 23:21
C'est ça ! On avait fait 2 groupes, un en explo l'autre au campement...sables mouvants et je crois qu'on a une personne dans le coma quand même non ? Pas la médic ?

Bon, je ponds mon résumé prochainement. 3 séances d'un coup, bam.
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: Xlatoc le 21 mai 2016 à 21:02
Voilà, 3 séances de résumées (ce fut long, mes excuses...).

La pénultième et l'antépénultième, que Réséda avait faites dernièrement, ça permettra d'avoir d'autres points de vue, et la dernière :)
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: Luciole le 21 mai 2016 à 23:55
IL faut que je m'occupe des marécages également, et de souvenirs, c'est comtesse qui a failli y laisser la vie, il me semble qu'ingegerd etait restée au camp pour s'occuper des blessé, de fait sa présence en mission de reconnaissance me parait plus qu'improbable^^
Et Rufus a perdue sa jeune cerbère.
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: Xlatoc le 22 mai 2016 à 00:00
La Cerbère c'est noté oui :)

Pour Ingegerd, ça m'avait justement choqué, du coup je suis sûr de moi à 95% :) (le 5% restant c'est si j'ai cru que la personne quasi morte était la médic mais que c'était pas elle en fait ;) )
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: Xlatoc le 07 juin 2016 à 15:21
Dernière séance faite. Pas trompé cette fois ?
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: merson le 07 juin 2016 à 17:09
Non, ça a l'air bon  ^-^
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: Fee Stival le 13 juin 2016 à 13:11
Ca fait combien de temps qu'on est parti pour Okhaen et combien de temps pour notre marche actuelle ? Merci
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: Fee Stival le 24 juin 2016 à 16:04
Souvenirs, par Rendija, Préserveuse de Sparta (http://www.ascreb.org/forum/smf/index.php/topic,6199.msg132240.html#msg132240)

Voilà maintenant plusieurs mois que notre aventure a commencée. Si je n’ai jamais écrit jusque-là c’est que je n’en avais pas ressenti le besoin. Cependant, ces dernières semaines nombre de mes camarades sont morts ou blessés grièvement. J’ai moi-même été meurtrie pour la première fois depuis le début de notre périple. Je savais parfaitement cette issue possible, aussi j’ai toujours essayé de m’en détacher, de ne pas m’attacher de trop près de mes frères de marche. Néanmoins il est impossible de ne pas concevoir la Fraternité des Chemins de Lumière comme une seconde famille, une énième famille en fait. La perte est rude et l’écriture se veut soulagement.

En route pour Okhaen

Il y a maintenant plusieurs années, un groupe d’explorateurs revenaient de l’Ouest. Ils revenaient d’un Stallite nommé Okhaen. Ils revenaient avec des enfants indigènes. Ils revenaient avec une rumeur, celle d’un liquide noir visqueux jaillissant de terre.

Rufus est l’un de ces autochtones, arrivé à Sparta à l’âge de 7 ans. J’ai eu de la chance de rencontrer ce jeune homme filiforme et diaphane il y a quelques années maintenant. Ses yeux vairons lui donnent un air chafouin que j’affectionne. Il est un peu ronchon mais m’aide beaucoup en cuisine, j’aime ça. Et je le cache.

C’est avec d’autres anciens compagnons de marche que nous constituons une Fraternité, la Fraternité des Chemins de Lumière. Après avoir trouvé un soutien financier, nous partons dans le but de tracer une voie plus courte de Sparta à Okhaen afin d’intensifier les échanges avec ce Stallite et, pourquoi pas, ouvrir une route commerciale, si la légende dit vrai, si cette huile existe, si elle est si précieuse. Pour moi, c’est un moyen de m’approcher de la côte Ouest de la Mer d'Embrun, et ainsi découvrir peut-être de nouvelles variétés de plantes.

Et ce fut le cas ! Je pus trouver des champignons toxiques sans intérêt mis à part le renouvellement de mon stock mais surtout une variété de rueg plus résistante à la sécheresse que celles que nous connaissons actuellement dans ma ville natale. Et voilà quelques échantillons supplémentaires ! Sur la seconde moitié du chemin, après avoir passé au nord de l’embouchure, il existe une sorte de végétal étrange, qui engendre un tronc solide comme la pierre. Cette plante intéresse Rodrigo, un Bâtisseur tatoué et de grande taille venant de La Faille (je n’en sais pas beaucoup plus de lui), car il pense l'utiliser pour la construction. J’en recueille quelques graines et racines. Elle nous servira d’ailleurs à baliser notre chemin sur le retour en devenant alors de magnifiques cairns.

Revenons en arrière. Je trouvais la variété de rueg alors que nous étions séparés en deux groupes afin de repérer plus rapidement une source d’eau que nous savions non loin. Rufus était alors avec moi, et voulant dégager le point d’eau, il tomba nez à nez avec un crocodile des sables qui lui happa la jambe. Le Marcheur malingre s’évanouit alors. Le crocodile chassé par plusieurs de nos Gardiens du feu (je ne me rappelle plus quels étaient les auteurs de cet exploit), nous dûmes nous reposer quelques temps afin de lui permettre de supporter, au moins, d’être déplacé en traîneau.

Alors que nous approchions du marécage et de ce fait, d’une mortezone, l’une de nous fut prise de panique. Cela se passa en pleine nuit, pendant son tour de somme, Réséda, belle Erudite aux yeux de jade, se réveilla brusquement et partit en courant vers le danger. Je connaissais pourtant cette grande habituée de l'Obscur pour son calme et son pragmatisme malgré ses envies d’aventure. Elle avait d’ailleurs fait partie de l'expédition découvreuse d'Okhaen et connaissait bien le terrain. Malgré tout, la force fut nécessaire pour l’empêcher de se jeter dans la gueule du loup.

C’est en tâtonnant que nous cherchions un passage, un gué, afin de franchir le delta. Forte de son expérience passée dans la Forêt Pétrifiée, c’est la discrète mais obstinée Elizabeth, ancienne soldate des Abords de La Faille, qui nous dégota le meilleur lieu. Lieu adapté à la construction futur d’un pont digne de ce nom. Notre Bâtisseur en chef commençait d’ailleurs à en dessiner les plans et à en poser les bases. Si nous avions déjà eu les plantes, décrites ci-avant et que nous allions trouver par la suite, cela se serait avéré très utile !

La suite de ce qui n'est presqu’une promenade comparé à notre expérience se déroule donc sans encombre et nous arrivons à Okhaen.


L’arrivée à Okhaen

L’accueil est glacial ! Il me fait encore frissonner. Quoi qu’ait fait la dernière caravane en provenance de Sparta, il y a longtemps, la méfiance envers les étrangers se fait très lourde. Certains d’entre nous rencontrerons leur chef qui porte le statut de Roi. Un titre arboré à court terme puisque chacun est en possibilité d’assassiner celui-ci sans risque de représailles dès lors que sa façon de gouverner ne plaît plus. Le meurtrier devient alors le chef à son tour…

Raphaël réussit, après nombre de négociations, à conclure un accord d’échange. Ce Prôneur leur a prouvé le besoin de la cité en métal et viande. L’or noir pourra alors se propager dans Solaria via la route que nous avons envisagée. Je me demande encore comment il a fait pour les convaincre. Cet homme est fou ! Je l’ai rencontré à Sparta alors qu’il rentrait d’une mission qui visait déjà à relier Okhaen. Sa caravane avait tenté de passer par la Forêt Pétrifié ! Bien entendu la mission a échoué. C’est un Emissaire, très pieux, qui n’hésite pas à prendre des bains de sables face à Solaar afin de prouver sa foi ! Une certaine aura émane de lui, mais c’est certainement son sens commercial qui nous a permis cette petite victoire.

Nous restons quelques temps à Okhaen et j’en profite pour faire des excursions autour du stalite. Je ne trouve malheureusement pas de trace de nouvelle variété de rueg. C’est la deuxième fois que j’explore les côtes et c’est encore une déception. La mer n’a-t-elle donc aucun secret à délivrer ? Pourtant elle me fascine et m’attire. Il doit y avoir tellement dedans, ou de l’autre côté.


Et je serai face à la mer qui viendra battre les rochers
Giflant cinglant usant la pierre frappant s’infiltrant déchaînée
Et en moi sera le désert n’y entrera ciel tourmenté

Nous rentrons à Sparta après avoir fait la connaissance d’une communauté d’Adaptés. Ah ! Comme j’aurais aimé pouvoir échanger avec eux plus longtemps. Nous rentrons avec quelques gourdes d’huile noire que nous échangerons contre des biens pour notre prochaine expédition. Car oui, un an plus tard, nous partirons pour tracer une route jusqu’à Sparta en passant par le Hoggar. Phedoria, notre contact, et d'autres, se félicitent de la réussite de notre mission. Nous avons gagné leur confiance. Cependant, en un an, il s’est passé bien des choses…
Titre: Re : Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: merson le 24 juin 2016 à 16:41
Ca fait combien de temps qu'on est parti pour Okhaen et combien de temps pour notre marche actuelle ? Merci
Je regarde mes notes et je te fais une réponse aussi précise que possible ce week-end (demain, probablement).
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: Fee Stival le 27 juin 2016 à 22:41
Je voulais poster avant la partie.
Du coup j'ai mis des X sur les infos qu'il faut que je précise.
Je crois que j'ai un souci de concordance des temps quand j'écris.
Titre: Re : Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: merson le 28 juin 2016 à 07:28
Je voulais poster avant la partie.
Du coup j'ai mis des X sur les infos qu'il faut que je précise.
Je crois que j'ai un souci de concordance des temps quand j'écris.
Zut, j'ai oublié de te donner les trucs que tu cherchais; je regarde ça ce matin. Encore désolé :-\
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: Xlatoc le 28 juin 2016 à 13:28
A jour pour moi :)
Titre: Re : Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: merson le 28 juin 2016 à 18:21
Je voulais poster avant la partie.
Du coup j'ai mis des X sur les infos qu'il faut que je précise.
Je crois que j'ai un souci de concordance des temps quand j'écris.
Du coup, j'ai eu le temps de lire, et c'est parfait  8)
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: Fee Stival le 30 août 2016 à 17:36
J'avais oublié que j'avais écrit au taf.
Pas eu le temps de corriger et je dois partir !
Je voulais tout de même le mettre si qqn a le temps de lire avant la partie ! Promis je corrige demain !
Titre: Re : Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: merson le 01 septembre 2016 à 10:44
J'avais oublié que j'avais écrit au taf.
Pas eu le temps de corriger et je dois partir !
Je voulais tout de même le mettre si qqn a le temps de lire avant la partie ! Promis je corrige demain !
C'est très réussi; malheureusement, c'est un peu court  :-\ Du coup, j'attends la suite  ^-^
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: Fee Stival le 07 septembre 2016 à 22:19
Je ne sais pas pourquoi il n'y a qu'une partie du texte que j'ai rajouté qui veut bien se mettre dans la même couleur. Le reste reste noir... impossible de le mettre en marron/rouge.
Titre: Re : Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: merson le 07 septembre 2016 à 23:07
Je ne sais pas pourquoi il n'y a qu'une partie du texte que j'ai rajouté qui veut bien se mettre dans la même couleur. Le reste reste noir... impossible de le mettre en marron/rouge.
Ouaip, ça m'arrive aussi pour d'autres types de mise en forme; je crois que les longs textes avec de la mise en forme sont mal digérés par le programme qui est supposé les recracher sous forme de pages web du forum. Bref, c'est pas bien méchant, ce qui compte, c'est le fond  ^-^
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: Xlatoc le 10 janvier 2017 à 23:17
Avec pas mal de retard, un résumé ma foi aussi complet que possible et malgré tout succin de cette fin de campagne.

J'ai juste complètement zappé comment était le nouveau perso de nounours, donc à compléter :)
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: Erwan le 11 janvier 2017 à 11:45
Pour précision JK, c'est le perso de nounours le veneur (et pas spé ratz) et mon perso est un gardien du feu qui élève des ratz pour subvenir aux besoins de nourriture dans les cas de coup dur. De plus, ils sont jumeaux si ça peut t'aider à étoffer ton récit.
Note aussi qu'on n'était pas que 2 à avoir survécu à la débandade de notre expédition. De mémoire on était 5 (en plus de nous deux il y avait une phénicienne, un mycosien et une adaptée de la Roke)
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: Xlatoc le 11 janvier 2017 à 21:01
Merci Erwan, me disais bien qu'il y avait un Gardien du Feu. Par contre, le Veneur de nounours, il Vène quoi ?
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: Erwan le 11 janvier 2017 à 21:12
Normalement les Urs (c'est pas une blague) mais dans le désert les pauvres ne survivent pas si bien. Comme toi je ne m'en souviens pas, donc demande à nounours s'il s'en souvient.
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: Xlatoc le 01 mai 2017 à 13:21
Post MAJ !

J'ai rien oublié ?
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: merson le 01 mai 2017 à 14:43
Eh ben c'est pas mal du tout  ^-^

Quelques erreurs, peut-être partiellement volontaires, mais au cas où...Sinon, les livres de compte de Stanley sont mis à jour, et je vais ajouter un post pour les compte-rendus de Bettina.
Titre: Fragments, de Bettina, Convoyeuse de La Faille
Posté par: merson le 01 mai 2017 à 16:38
Fragments, de Bettina, Convoyeuse de La Faille

Note: Ces "Fragments", comme leur nom l'indique, ne sont pas un récit, mais plutôt une succession d'événements qui m'ont marquée.

Nâh

Ce que j'aime bien avec ces Marcheurs, c'est que, bien que fortement capés, ils ont toujours beaucoup d'enthousiasme. Je me suis longtemps demandé si certains ne grossissaient pas un peu leurs exploits, mais j'ai quelques contacts ici qui en connaissent certains plus ou moins indirectement et qui semblent les juger fiables. Si leur traversée du Sahakral est à moitié vraie, ça me semble bien assez pour pouvoir compter sur eux au-delà du Lac de Sang.

Le Gué du Djébel

Nous avons une organisation assez bien huilée, et le siphonnage en règle des Tolérés pour les jeter dans l'Obscur au service de la Fraternité fonctionne très bien. Les passeurs du Fleuve des Âmes Perdues devraient s'inquiéter de cette concurrence à venir, car à ce rythme, la route Nâh-Nople via Jéru et Séleuca sera plus juteuse que le passage direct par le Chaudron des Enfers.

A moins que j'ai manqué une information, je me suis faite avoir par l'Oasis de l'Hebr. D'après ce que j'avais pu réunir comme rumeurs, le lieu était idéal, mais il s'est avéré mortel et aurait pu l'être bien plus. Nous avons eu de la chance d'avoir senti le vent tourner et d'avoir pu sauver le matériel, sinon nous y restions tous.

Les Adaptés de la région semblent confirmer que l'Hebr n'est pas censée être dangereuse. Peut-être un coup de la Mère des Sources, une hypothèse qui ne plaît guère à Rafaël. A vrai dire, personne n'apprécie l'idée d'avoir une déesse contre soi. Heureusement que Jéru n'est pas loin, je commence à ne pas trop aimer cette première partie de l'expédition. Heureusement qu'elle a permis d'améliorer sensiblement la route.


Jéru

Outre les moeurs décidément très étranges de Hyérosolytes, je suis assez admirative de leur capacité à survivre si peu nombreux dans un espace aussi étroit. Mais Sombre-Terre change, nous le sentons tous, et Jéru finira mal si ses habitants ne font pas quelques concessions. Outre les gens de notre Fraternité qui ne vont pas tarder à débarquer pour s'y établir, d'autres viendront, surtout si Séleuca est aussi prometteur qu'on le dit; tout cela ne passera pas sans une réelle préparation de la population par les autorités locales. J'ai quand même l'impression que mes compagnons y vont un peu fort et ont tendance à considérer les Hyérosolytes comme des attardés; s'ils s'en sont sortis comme ça pendant des siècles, c'est que ce n'est pas si idiot.

Après avoir un peu discuté avec les locaux et rassemblé les informations glanées ici et là auprès des Adaptés, on doit choisir une route. Je dois avoir pris des réflexes d'aventurière, car je suis assez tentée par l'idée de percer directement entre Jéru et La Cité des Ponts, même si je reconnais que c'est une réelle prise de risque. L'argument massue en faveur d'un passage par Séleuca est la perspective de suivre le Fleuve des Frères, voire de le descendre dans une embarcation, mais ce qui me décide finalement c'est plutôt l'idée d'avoir une réelle route complète qui remonte jusqu'à La Roke... En fait, non, ce qui me décide vraiment, c'est de voir ce Stallite suspendu sur l'eau...

Nous laissons là Ingegerd et obtenons, à force de pénibles négociations, qu'un Soigneur local puisse partir avec nous en échange. Il faut reconnaître que les Hyérosolytes ne se prennent pas pour de la bouse de Yak. Bon, en fait, je crois qu'il est temps pour moi de partir!


Le Fleuve Blanc

C'est impressionnant comment cette route, qui était pas mal fréquentée avant la fermeture des Portes d'Orient, a pu être quasiment effacée pendant ces quelques années sans Marcheurs: Les balises sont presqu'inexistantes, les passages cartographiés et/ou répertoriés sont souvent introuvables... C'est un peu déroutant. Ceci dit, ça permet de jeter un oeil neuf sur le tracé, et de définir pas mal de raccourcis et de simplifications.

Aujourd'hui, Solaar nous a prouvé que, même dans l'Obscur, il nous donnait des signes de sa présence. C'était un vrai miracle, on en pleurait presque. Rien que d'y repenser, ma gorge se serre; j'aurais du mal à l'exprimer avec des mots, alors je pense que je vais m'abstenir. J'ai retrouvé Solaar au sein même de l'Obscur, voilà tout.


Séleuca

Vivre dans un nuage d'insectes, c'est, en gros, le mode de vie des Séleucides. L'architecture du Stallite reste impressionnante et fascinante, mais bon, ce sont des conditions de vie réellement étranges. Les Spartiates apprécient cet environnement aquatique qui leur rappelle un peu leur Stallite d'origine; ils sont amusants. Bonne chose, les autorités semblent bien décidées à faire de leur Stallite un carrefour; l'idée qu'une route directe soit ouverte entre Jéru et La Cité des Ponts ne les enchante guère. De plus, ils ont reçu des Emissaires Nopéléens qui s'intéressent aussi au rapprochement de la Roke avec La Cité des Ponts. En bref, ces deux volontés concordantes sont prêtes à consacrer pas mal de leurs ressources à notre idée.

On repart sans trop de délai après avoir fait le plein, en remontant la branche occidentale du Fleuve des Frères. On repart avec Hack, un Défenseur Nopéléen qui adhère à nos valeurs; personnellement, je le sens pas trop, on a toujours l'impression qu'il regarde à travers son interlocuteur, et il assène souvent des sentences hallucinées. Chaque fois qu'il est dans les parages ou qu'il ouvre sa gueule, j'ai un frisson dans le dos. Sinon, un groupe recruté ici nous rejoindra près de la source pour y fonder une Halte, puis d'autres pour créer d'autres Haltes sur la route...


Le Fleuve des Frères

Je sens que je vais très vite adopter les bateaux comme moyen de locomotion préféré. On a remonté facilement et rapidement le fleuve. On s'est juste trompés de lieu pour la Halte. Hasard ou conséquence, ça nous a coûté cher: Un Uncia et un Hurlant coup sur coup! Outre Viren qui nous a fait une crise et qui a décidé de rester là, Jeros s'est fait arracher le bras au-dessus de l'épaule, et Nerys a perdu sa main... Après avoir été repérés par Io, un Marcheur égaré qui nous a indiqué le bon refuge, et attendu l'arrivée de renforts, nous avons laissé là nos trois compagnons perdus afin qu'ils aident à exploiter la Halte. On récupère Exit et Fran, plus Io qui se joint à nous.

Très vite, Io devient le deuxième bras armé de la Fraternité avec Dan. A l'ouvrage, leur complémentarité est impressionnante, et ils forment une paire d'engrenages indestructibles qui broie tout sur leur passage. Humainement, c'est plus compliqué: A part Rafaël, les rapports avec Io sont compliqués. Il répond à contre-temps, semble voir à travers les ténèbres, dort très peu; et puis sa gueule pleine de crocs qui a l'air parée à t'arracher la gorge! Et par là-dessus, c'est un dévot obsessionnel! Il dit que c'est parce qu'il est Kathari et qu'il a été très marqué par la Croisade... Foutreciel, je me rend compte en écrivant que je peux carrément pas l'engrenailler! Mais je constate qu'avec Hack, c'est encore pire: Là où je suis capable de neutralité, entre les deux hommes, le ton monte très vite; ils font beaucoup d'effort pour ne pas trop se parler... Comme avec Dan, c'est heureusement pas un problème quand il s'agit de se mettre à l'ouvrage, mais c'est pas idéal...

Deux nouvelles Haltes sur la route, basées sur une famille d'Adaptés et un Adapté rescapé d'un monstre. Et c'est l'arrivée à La Cité des Ponts. Passé la fascination de la découverte, la vérité s'écrase très vite sur nos gueules: C'est un bordel! Un délire administratif! Je crois qu'un Chancelier d'Horus ne s'y retrouverait pas... Coup de chance, le bord occidental du Stallite semble moribond et en recherche d'un second souffle, or, nous arrivons les poches pleines de lux et les registres pleins de promesses de nouvelles arrivées. On décide de rester une longue période car créer des relais ici semble compliqué. Tout est cher, mais on bosse à en pisser du lux et on arrose tout le monde.

Peu à peu, il faut causer de la suite et de ce qu'on fait de nos richesses et de nos relations ici. Asia d'une part, un retour aux sources d'autre part, des questions plus mystiques suite à divers signes donnés par Solaar, le développement de routes maritimes... Nous sommes divisés... Nous finissons par opter pour la construction de bateaux pour aller à La Faille et fouiller en chemin les nombreuses Ruines que la côte semble receler; objectif, outre l'ouverture de la route, dénicher des indications sur l'origine du Grand Cataclysme...


Le Grand Désert du Vide

Impossible de longer la côte... Ces saletés de petites Mortezones pourrissent la navigation terrestre et bloquent l'accès aux ruines que nous espérions explorer. Heureusement que la navigation marine se passe plutôt bien; à la fois pour tester les bateaux et voir la mer, nous avons tenté de pousser un peu au large, les mouvements dans l'eau nous ont immédiatement passé l'envie de recommencer; je ne sais pas ce qui habite la mer, mais j'accorde subitement pas mal de crédit aux légendes autour des Béhémoths...

Réséda a localisé une ville de l'Avant située dans les terres vers l'Ouest; un détour qui excite la curiosité... On laisse les bateaux là avec une équipe de surveillance réduite et on trace la route. Les ruines sont impressionnantes, comme plantées dans le sable. On trouve quelques trucs, on établi un camp de base et on explore un peu.
Notre attention est rapidement attirée par cette tour surmontée d'un brasero, dans laquelle on détecte des indices de présence humaine. On tente de prendre contact, mais on nous conseille de ne pas rester là. Mes compagnons insistent et on fini par comprendre que ces gens sont sous l'emprise d'araignées, sans qu'on comprenne bien comment; tout ce qu'on comprend, c'est que la majorité des asservis passent leur temps à divertir les autres, une petite caste qui dirige. Le spectacle permanent de ces loques humaines est pathétique et navrant. On décide de les sortir de là, mais c'est dangereux, les araignées ayant colonisé les murs extérieurs de l'immeuble et sautant à la gueule de tout ce qui s'approche.
Le plan est complètement fou, impliquant qu'un commando saute quasiment d'un immeuble à l'autre pendant que d'autres endorment la vigilance des dirigeants et que les derniers foutent le feu si d'aventure les araignées se rebiffaient. Mais curieusement, ça marche; un peu trop bien, vu que la tour prend subitement feu et forme pendant quelques secondes un phare titanesque, probablement visible à des dizaines de kilomètres, avant de s'effondrer dans un fracas assourdissant, probablement audible encore plus loin.
Après avoir récupéré les survivants, on se terre en espérant sans illusions que nous n'avons pas attiré l'attention. On se prépare à partir au moindre signe de frémissement de l'Obscur. Ça ne rate pas, des choses viennent sur nous...

On se taille, mais sans que je comprenne pourquoi, on prend la mauvaise route, vers l'Ouest, au lieu de repartir vers les bateaux. On fini par croiser une Fraternité égarée qui a été attirée dans notre direction par l'apparition furtive d'un "Stallite"; on les détrompe, les averti du danger et leur propose de prendre notre roue. Bon, ces timbrés sont équipés d'un char à voiles très performant monté sur patins, c'est donc plutôt nous qui les suivons. L'Obscur semblant adapter sa trajectoire à la nôtre pour nous intercepter, il nous faut un point d'appui pour "les" recevoir; Réséda pense qu'une petite ruine n'est pas très loin, le char y va en éclaireur, puis fait des aller-retours pour y emmener tout le monde petit à petit. Barricade & embuscade: On "les" attend.
On n'est pas déçu: C'est un véritable chaos qui réduit peu à peu en miettes notre bâtiment et nos défenses. Ceux qui n'arrivent pas à s'accrocher aux murs tombent  à travers le plancher. Je m'en tire pas trop mal, mais les événements sont trop confus pour que je les retranscrive. On s'en sort, à part Nérelle, morte des suites des fractures causées par sa chute, et Najoua, "liquéfiée" par quelque pouvoir d'un Monstre, ainsi que quelques uns des réfugiés, littéralement morts de peur, figés pour l'éternité dans une expression de terreur abjecte. Io, plongé dans un état second par le pouvoir de l'Obscur, a bien failli se retourner contre nous, et Hack et Dan ont fini le combat prostrés; Hack en a pris plein la gueule, sa peau est piquetée de dizaines de minuscules brûlures.
Retour aux bateaux, avec l'aide décidément providentielle du char à voiles. On est quand même prudents pour le retour et on écarte, malgré l'insistance de Réséda, l'idée d'un crochet par Les Gardians, le large ne nous inspirant aucune confiance.

Io et Hack, tout en étant incapables de se supporter, n'arrêtent pas de se tourner autour. M'est avis que certains exploits de Hack vont demander quelques explications...

La Faille... Des années que je n'y avais pas remis les bottes...
Mon ventre ne m'a pas trompé: Rien n'a vraiment changé... Et pourtant tout est différent. J'aimerais croire que c'est moi qui ait changé, mais quelques indices me détrompent. J'aurais dû m'en douter en voyant les Défaillants, originaires d'ici (comme leur nom l'indique... en plus d'être à moitié fous, ils ne manquent pas d'humour...): Leur char à voile est certes encore un luxe, mais les prix ont baissé, c'est indéniable. De même, j'ai tiqué en les voyant équipés d'armes à feu, sans vraiment prendre cet avertissement au sérieux, mais celles-ci sont, quoique toujours chères, devenues plus accessibles.
Nous ne devons pas être nombreux à ouvrir, comme nous le faisons, de nouvelles routes. Mais manifestement, il ne faut pas longtemps aux marchands et aux prophètes pour emboîter le pas des pionniers que nous sommes et sillonner les routes que nous traçons...
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: Xlatoc le 02 mai 2017 à 09:33
OK, j'ai corrigé !

Bon, du coup, j'ai décidé de ne pas tenter de faire la différence entre les jumeaux. Ils veulent eux-même entretenir la confusion, autant y aller :)
Titre: Les dits de Raphaël, Emissaire de La Lumière Céleste - Partie Deux
Posté par: Xlatoc le 15 juillet 2017 à 23:39
Les dits de Raphaël, Emissaire de La Lumière Céleste (http://www.ascreb.org/forum/smf/index.php/topic,6199.msg132240.html#msg132240)
Partie Deux: Une route dans le Désert des Fleuves

Partie précédente (https://www.ascreb.org/forum/smf/index.php/topic,6231.msg133312.html#msg133312) - Partie suivante (https://www.ascreb.org/forum/smf/index.php/topic,6231.msg147616.html#msg147616)

La route vers l'Est étant à nouveau praticable, nous décidons, une fois la dizaine de personnes manquantes recrutée, d'ouvrir la voie pour la reconstruire. D'abord vers Jéru. Et, une fois là-bas, selon l'état et les rumeurs de les alentours, poursuivre vers Seleuca et Asia, ou bien tenter de rejoindre les Gardians par voie maritime. Cette deuxième possibilité est à la fois effrayante et enthousiasmante dans ses possibilités. Nous verrons bien.

On quitte donc Nâh par le Gué du Djebel. Objectif : rejoindre la Barrière, retrouver l'ancienne Halte et la reconstruire, puis partir sur Jéru par le Désert des Fleuves, en longeant le Chaudron des Enfers. Rien de notable sur le chemin, à part une rencontre avec une communauté d'Adaptés confirmant les informations reçues sur Istan et Nople. Ah, et ils ont une religions hérétique, vénérant la Mère des Sources, ou quelque chose du genre, en plus de Solaar. En soit, ce n'est pas si grave, car vivant en régions arides, l'eau est pour eux une ressource capitale. Mais ils ne doivent pas placer cette divinité au-dessus de Solaar. Il y a un vrai travail à faire donc, la perte de Foi en Solaar étant un chemin vers l'Obscur, auxquels ils sont particulièrement exposés.

Nous rejoignons donc l'ancienne Halte. Pour encourager les nouveaux, je me suis nourris et abreuvé sur le milieu pendant ce trajet. Sur la Halte, nous prenons le temps d'assurer la confiance et les liens du groupe avec Réséda et Rudmila. On trouve une source plus au nord, aussi nous la décalons à cet emplacement, plus efficace. Egalement, cela en fait une base efficace pour explorer des ruines de l'Avant, qui nous fournira des briques en quantité, un bon point de départ pour un mur d'enceinte à la nouvelle Halte de la Source.
Comme, de plus, elle est située à proximité du Chaudron des Enfers, nous envisageons d'aller chercher un promontoire rocheux convenable pour y construire un ponton, d'où des barques pourraient partir, rejoignant ainsi rapidement Phénice par capotage.

Une telle structure est trouvée. Pas parfaite, mais suffisante. Je me réjouis des nouvelles possibilités de lien ainsi offertes, même si je ne les verrai pas, la construction définitive étant laissée à l'équipe qui arrivera peu avant notre départ.
Ces expéditions nous confronterons au Bouches des marais. Réséda et Rudmila auront failli y rester, mais s'en tireront sans trop de dommage, heureusement. J'ai l'impression que ces choses ne laissent que deux opportunités : mort ou rien de sérieux. Ce qui, en un sens, est plutôt positif. Elles sont en revanche particulièrement difficiles à repérer.

Egalement, nous rencontrons des Saules Gris, ce qui est nettement plus pernicieux. Ces arbres attrapent les créatures alentours et les brûlent d'un venin/suc digestif mortel. Nous sommes quelques uns à se ranger à l'idée qu'il pourraient être intéressant d'en planter ou contrôler leur développement pour en faire une muraille de notre Halte. Avec milles précautions, nous approchons de l'un d'eux et tentons de trouver comment le déplacer ou récolter un bourgeon/bouture. Peine perdue, il réussira à attraper Djibril, notre nouveau Préserveur, qui périra peu après des suites de ses blessures.
C'est un certain choc pour moi. Un nouvel arrivant, enthousiaste, peut-être trop. Peut-être un peu trop confiant en lui, ou en moi. Oui, l'Obscur prend sa dîme chez les Marcheurs, c'est un fait indéniable. Mais je ne peux m'empêcher de me sentir un peu responsable de celle-ci. Peut-être faut-il que je tempère un peu les méthodes de mon maître, ancrées dans la sécurité des Stallites...


La seconde équipe vient faire la jonction, nous repartons quelques temps après, pour finaliser ce que nous appellerons la Halte de la Source. L'une d'entre elles, Nora, viendra remplacer le rôle de Djibril. Pendant la traversée des montagnes, nous faisons le plein de rations. Avec succès, nous engrangeons de quoi subvenir à nos besoins plusieurs jours. Les Ratz de Viren/Jeros servent d'appâts et nourriture. Les bases d'une prochaine Halte sont plantées à la sortie de la Barrière. On s'engage dans le Désert des Fleuves.

La première partie est plutôt tranquille, nous rejoignons l'Oasis de l'Hebr sans danger ou incident notable. Nous refaisons nos stocks. Jeros/Viren se dit qu'il suivrait bien les traces d'un animal qu'il n'a jamais vu, pour augmenter nos connaissances de l'Obscur.

Et à partir de là, tout s'est emballé. Jeros/Viren se fait attaquer par l'animal en question, un fouisseur dont il ne verra que le museau et les dents dans sa cuisse. Viren et Clétus le mettent à l'abri sur un rocher. Ameuté par un Incandescent, je les rejoins. Je prends en charge Jéros/Viren, lui administrant un somnifère car il hurle et s'agite, perdant son sang. Nous le ramenons au camp.
Un bruit d'eau se fait entendre. L'Oasis est un oued, qui va se remplir subitement.
Branle-bas de combat, il faut tout ranger en un temps record. Réséda fait montre d'une réactivité incroyable.

Sur le départ, Vlad et moi restons en arrière, et nous faisons emporter par une lame d'eau haute comme trois hommes. Je parviens à rester en surface par miracle, mais avale des litres d'eau malgré tout. Vlad sera récupéré par Jéros/Viren rapidement. Il me faudra attendre que Clétus me sorte, car l'eau m'aura porté plus loin. Il parviendra à sortir une partie de l'eau de mes poumons, mais la brûlure qu'elle a causé et les dommages prendront du temps à se résorber.

Je découvre alors une scène apocalyptique. Un crocodile en furie a attaqué le convoi. Les chameaux sont rattrapés de justesse par Clétus. Réséda tente de rattraper tout cela et, apparemment, a fait preuve d'une efficacité et d'une autorité surprenante, secondée par une Bettina non moins efficiente. Ca m'ennuie d'avoir manqué ce moment d'anthologie, Réséda étant quelqu'un de plutôt réservé en général. Ceci a apparemment permis de sauver l'essentiel des meubles et de redresser les choses. Après une lutte acharnée, l'animal est tué. Mais il emporte avec lui la jambe d'Ingegerd et la main de Nora. Avec Jéros/Viren dans les choux, c'est une opération d'urgence pour sauver notre Soigneuse restante. Viren/Jeros s'en sort plutôt bien, elle devrait survivre. Mais la Marche, c'est fini pour elle. Enfin, déjà il faudra qu'elle se réveille de son coma. Nora aura un moignon propre. Jeros/Viren devrait pouvoir remarcher après un moment de convalescence, si cela ne s'infecte pas. On notera que Valentin a fait un assistant-soigneur pour le moins efficace. Toujours important à savoir.

C'est avec une certaine distance que je raconte ce passage n'y ayant pas pris part, ou de loin. Apparemment, pendant toutes ces opérations, j'ai oscillé entre le stoïcisme hébété et vomir l'eau ingurgitée. Lorsque je reprends vraiment conscience, tout est déjà passé, et ce ne sont que des bribes d'images qui me reviennent, sur lesquelles je dois recoller les explications décousues de mes compagnons.
Car la confusion était totale. L'escalade de la catastrophe incroyablement rapide. Personne n'a compris grand chose, heureusement qu'il y a eut de bonnes réactions instinctives. Si les dégâts sont considérables et la suite des événements sans doute problématiques, il n'y a heureusement pas de mort ni de grosses pertes matérielles. Pour le moment. On n'est pas passé loin de la débâcle là, et ce en quelques minutes à peine. Et rien ne nous dit que la situation plutôt périlleuse actuelle ne va pas nous y mener si nous la gérons avec un tout petit pas de travers.

Au fond de moi, je me demande si ce n'est pas cette fameuse Mère des Sources qui n'apprécie pas notre intrusion. Peut-être un moyen de l'apaiser ou de faire accepter pacifiquement notre passage sur ses terres doit-il être trouvé...Nous aurions dû en parler avec les Adaptés....

Notre expérience nous a sauvé, certainement. Devant le désastre matériel mais pas humain, nous avons gardé notre cohésion, rassemblé ce qui était utilisable et monté un camp de fortune, le temps de se remettre des émotions. Et aussi pour donner aux blessés le temps de récupérer suffisamment pour reprendre la marche. Notamment à notre nouvelle recrue qui, comme cadeau de bienvenue, a perdu sa main. On lui a certes construit une prothèse, mais rien ne remplace vraiment le membre d'origine que Solaar nous donne. Une petite semaine nous suffit.

Un événement étrange troubla le repos. Des cris d'appel à l'aide dans la nuit. Personne ne crie dans l'Obscur. On prit le parti de s'approcher avec prudence de l'individu qui appelait, en titubant. Humain d'apparence. Si c'était une vraie alerte, nous ne pouvions pas l'abandonner. Sinon, il fallait se méfier et éviter qu'il ne s'approche trop de nous. Les faits furent sans appel : il attaqua lorsqu'on fut près. Comme nous étions préparés, il fut proprement démembré sans causer de dommages.

Avec Réséda, on l'ajouta à notre carnet de route, sans lui donner de nom. Le fait étrange, c'est que tout le monde l'avait vu humain, alors qu'aux descriptions qui me furent fait, il n'avait clairement pas une apparence vraiment humaine. Encore un étrange mirage de l'Obscur, mais pour le coup, pas des plus dangereux si on l'aborde prudemment.

Sur la route, nous rencontrons une nouvelle tribu d'Adaptés amicaux, qui nous offrent le gîte. Ce qui nous permet aussi de refaire notre stock de provisions dans une certaine mesure. Au passage, nous leur parlons de cette aventure avec un Monstre humanoïde. Etrangement, ils reconnaissent la méthode d'un Monstre connu mais rare. Et surtout, qui n'essaie pas de se faire passer pour humain habituellement...

Je profite de ces instants pour me renseigner sur cette Mère des Sources et des méthodes pour s'éviter ses colères. Au pire, ça ne fait pas de mal. Je découvre une religion très étrange, où les humains et la terre sont le fruit de l'union entre Solaar et cette Mère des Sources et où tous les événements climatiques et aquatiques sont une interprétation de leurs relations et échanges. Ils mettent les deux au même niveau de divinité, ce qui n'est pas conforme à la Vérité, bien entendu. Toutefois, je prends note de leurs conseils et méthode et résous de les appliquer pour éviter de nouveaux déboires à mes compagnons avec cette entité supérieure.

Les nouvelles de l'Est et du Nord ne sont pas phénoménales mais pas dramatiques pour autant. Jéru est accessible, c'est l'essentiel, aussi nous reprenons la route dans cette voie. Voie qui passe par une zone montagneuse, qui nous permet, dans ces dernières pentes, d'observer le Stallite de Jéru, à quelques jours de marche.

Une Halte en pleine vue du Stallite aurait été parfaite, malheureusement les conditions et le terrain ne s'y prêtaient pas. On installe donc un embryon de Halte en contrebas, dans une zone abritée et proche de poches de nourriture. De cette Halte, on indique le chemin vers le point de vue, car ce type de vision réchauffe toujours le cœur du Marcheur, il faut profiter de chaque occasion de les voir.

Heureusement toutefois que nous arrivons, à Jéru sous peu car nous n'allions pas tarder à manquer de Rueg...Les champignons et la viande, nous en avons trouvé en quantité. Mais le Rueg, fort peu, les réserves ont profondément diminué.

Nous marchons donc sur Jéru, première grande étape de notre épopée vers Asia, ou la mer. Ou les deux. Je sens que notre Fraternité a trouvé un nouvel équilibre, malgré les changements dans sa composition, et suis plutôt confiant pour la suite. Quand le cœur y est, les obstacles s'abaissent devant nous, grâce soit rendue à Solaar.

L'accueil à Jéru est assez inhabituel. On nous mets en quarantaine, ce qui est normal, mais personne ne viendra s'occuper de nous avant le lendemain. L'inspection n'a rien d'anormal cependant.
Nous découvrons en fait un Stallite qui, non seulement est relativement modeste par sa taille, mais ne parvient pas à dégager des ressources humaines suffisantes pour gérer de façon permanente la Marche et les explorations, l'entretien, bref, le quotidien de l'Obscur.

Cela ne les empêche pas d'être intéressés, fascinés par les récits de nos voyages. On me demande plusieurs fois par jour de les raconter, les gens les rapportent entre eux, à leurs enfants...avec les déformations d'usage. Très vite, il semble que la Fraternité des Chemins de Lumière soit rentrée dans le folklore local. Difficile, pour l'instant, de dire si c'est un bien ou un mal.

Pendant notre période sur place, nous décidons de nous rendre utile en explorant pour eux les alentours à la recherche de métal dans les ruines. Car c'est justement ce qui leur manque...
Le repérage nous permet de faire venir déjà un minimum de poutres métalliques. Viren/Jeros, Clétus et d'autres mettent en place plusieurs fouilles et équipes.

Personnellement, après la première expédition, qui m'aura permis de ramener un alphabet de l'Avant, je préfère rester m'imprégner de la culture locale. Et surtout, voir comment préparer la ville à l'arrivée de nouvelles personnes étrangères, qui viendront les aider pour le métal. Car ceux qui nous suivent arriveront vite, avec pour objectif de combler les besoins de la ville.

A Jéru, les Castes sont organisées en familles très peu perméables. Aussi si l'on naît dans une famille de Bâtisseurs spécialisé dans le verre, on sera Bâtisseur de verre. Qu'importent nos inclinaisons naturelles. Il faut vraiment être très mauvais pour être "marié" donc transféré dans une autre famille/corps de métier. Si cela est nécessaire pour la consanguinité et donc organisé/ordonné par les Prôneurs, ce n'est jamais facile et bien vu.
Cela donne en fait quelque chose de très peu efficace niveau travail, vu que la majorité des travailleurs ne sont pas là où ils seraient le mieux. Cela explique aussi en grande partie pourquoi ils sont tous débordés et n'ont aucun moyen d'assurer une caste régulière de Marcheurs.

Les Prôneurs, et notamment une certaine Ieonac, ont assez conscience de ce problème. Surtout Ieonac, qui met vraiment des mots sur les concepts, la logique de fonctionnement de Jéru, ses impasses et problèmes. Nous passerons de longues soirées à analyser la situation, elle m'aidera à comprendre les choses et m'expliquera pourquoi les leviers à lever sont viables ou non. Elle n'a pour l'instant que peu d'influence, toutefois, sa clairvoyance devrait lui permettre de monter rapidement en grade. par ailleurs, j'ai beaucoup parlé d'elle et indiqué aux Prôneurs responsables avec qui j'ai échafaudé les plans d'accueil l'importance qu'elle a eut dans ma réflexion. Si tout marche, cela devrait l'aider à gagner rapidement du galon.

Donc, avec les Prôneurs, nous avons prévu que les arrivants seraient accueillis par groupes limités afin d'être facilement absorbés dans la population. Ils voyageraient quelques temps entre différentes familles pour voir où ils seraient le mieux (sauf les Marcheurs) avant de se fixer là où cela se passe le mieux.
La démarche est longue, prendra des années voire des générations, mais c'est à cette échelle que les Prôneurs réfléchissent. Aussi, cela semble viable, ajustable au fil de l'eau, et dans une approche "résolution de problèmes" plutôt qu'"imposition de faits" pour les gens. Donc, à priori pas mal.

Nous avons pu constater la rigidité morale de ces gens pour le remplacement d'Ingegerd. Avec sa jambe en moins, elle doit rester là, pour exercer. 1 pour 1, quelqu'un de Jéru la remplace. Cet homme n'a pas un seul instant voulu sortir ne serait-ce que 3 heures pour être testé dans l'Obscur, s'habituer un minimum. Il s'est concentré uniquement sur la formation d'Ingegerd pour son poste. Et ce, quelle qu'ait été la durée de notre séjour, nous avons bien que même 3 ans sur place n'auraient pas suffit à ces yeux à tout lui transmettre... Tout au plus a-t-il accepté qu'on lui parle, enseigne la théorie par le discours ou les livres. Enfin...il avait bien fait quelques sorties obligatoires pour l'approvisionnement en eau de Jéru, mais bon...je prie Solaar qu'il s'adapte vite.
Cela donne une idée de la complexité d'accueillir toute une nouvelle population et caste à Jéru...

Parlant de prier Solaar, ils ont ici accolé Solaar à la Mère des Sources, mais pas de la même façon que les Adaptés. Ils ne lui reconnaissent pas l'égalité avec Solaar, bien qu'un statu divin également. Je pars avec des protections, charmes et rituels pour attirer ses faveurs à notre Fraternité.

Nous prendrons le chemin long mais sûr pour la Cité des Ponts. Nous envisageons au passage de l'améliorer pour qu'il rattrappe quasiment en vitesse l'autre, plus risqué, afin de mettre dans le vent d'éventuels concurrents partis après nous. Au reste, ce chemin nous fait passer par un autre Stalite, Séléuca. Et la Fraternité souhaite aussi se faire connaître partout, étendre son réseau comme une toile de Lumière contre l'Obscur externe ou interne...

La route n'est plus très bien tracée, depuis le temps qu'elle est fermée. Cela nous donne une avance confortable sur d'éventuels concurrents. D'autant que, grâce à l'excellence de notre équipe, nous arrivons à couper droit, en nous écartant un peu du Fleuve Blanc, pour avancer plus efficacement.
Le fait de marcher dans des Chaos plutôt que des Déserts est nouveau pour nous. Ce n'est pas un milieu que la Fraternité maîtrise aussi bien. L'expérience et la solidarité nous permettent de progresser malgré la fatigue et d'éviter les éboulements et autres roches dérobées.

Au bout de quelques jours dans le Chaos, on se rend compte de quelque chose qui cloche. Certains sont comme désorientés, fréquemment. Perdus. D'autres dévient carrément de la route vers l'ouest. Tous, on sent comme une attirance, une poussée dans cette direction. Ca n'est guère rassurant de prime abord.
D'aucuns pensent qu'il s'agit d'une ruse de l'Obscur. Réséda et moi-même, qui avons eu accès à plus d'informations fiables de part notre positions estimons, par deux biais différents, que cela pourrait être une manifestation de Solaar. Quelque chose comme un Stallite ou approchant...

Voilà qui demande réflexion. La Fraternité, après discussion, voit trois options : aller voir ce qu'il en est coûte que coûte, décamper promptement, ou un entre-deux pour s'approcher, étudier et décider au fur et à mesure. En tout car, hors de question de se séparer.
Réséda pense qu'il faut foncer. Pour ma part, même si j'ai foi en Solaar, la dernière excursion dont j'ai eu l'idée vers les saules gris ayant coûté la vie d'un des nôtres, je préfère la troisième solution. Seul, j'irais droit au but, car il s'agit de Solaar. En groupe, je pense désormais qu'il vaut mieux aller lentement dans la lumière mais tous que rapidement et d'en perdre en chemin car ils en seraient aveuglés.

La Fraternité décide d'aller jusqu'à bout. Cela m'emplit de fierté. Nous progressons donc vers l'ouest. Au fil des jours, une certaine gaieté nous envahit, nous nous sentons comme dans une agréable ivresse. Ceux qui étaient désorientés sont même totalement en transe. On se laisse tranquillement guider par cette main qui nous tire vers l'ouest.
D'aucuns, cependant, cherchent à résister. Ils craignent de perdre leur libre-arbitre, d'être manipulés ou que sais-je. Nora, la nouvelle Nâhienne surtout. Elle donne un psychothrope à chacun, et un autre remède de sa composition aux blessés.

Les effets sont intéressants, bien que je n'ai pas tout compris, absorbé dans la mélopée lumineuse. Quoiqu'il en soit, nous avons tous désormais conscience de cette force qui nous pousse, tandis qu'auparavant elle agissait aux limites de notre esprit. Et les blessés n'ont, pour ainsi dire, plus rien...enfin, aucune douleur. Découverte fort intéressante donc, que nous notons avant de décider s'il faut, oui ou non, aller plus avant.

Car c'est clair, quelque chose joue avec nos esprits pour aller vers l'ouest. Quelque chose d'agréable, de doux, qui nous rend de bonne humeur et nous fait remémorer des moments agréables. On se rend compte aussi que nous n'avons pas mangé depuis des jours, mais n'en sentons ni les besoins ni les malaises d'une carence ni l'envie...c'est étrange, mais pas désagréable. Les sensations que je ressens, et que les autres me partagent, sont assez similaires avec celles que l'historiographie des êtres Bénis par Solaar nous apprend qu'ils pouvaient ressentir. Enfin, c'est un parallèle qui semble plausible, en comparant avec les récit des Phéniciens sur Phénix et surtout Zulur Lance d'Or des Stallites-Fleurs. Pour voir, je tente de briser un caillou à mains nues. Je me fais mal, mais n'écope d'une fracture, brisure ou même ecchymose. C'est assez rassurant, et plutôt bon signe quand à la nature de ce qui nous appelle. Si effectivement Solaar nous appelle, nous n'avons rien à craindre. Les plus vindicatifs, Clétus et Viren/Jéros, s'accrochent à cette idée d'un monstre de l'obscur. Les autres, plus rationnels, rappellent qu'un monstre, même déguisé, ne joue pas sur le plaisir. Donc, nous continuons.

On se met à rêver d'événements d'un passé lointain, le nôtre, on le revit dans notre journée même. Des moments dont nous ne devrions avoir aucun souvenir, des moments de notre petite enfance. Et toujours agréables. Cela m'évoque un peu le Fleuve des Ames, mais en moins dérangeant. Autant dire que le voyage se passe bien, car d'autres souvenirs nous accompagnent pendant l'éveil.
Pendant ces périodes, on se trouve tous une petite routine, comptine ou gestuelle à répéter pour garder l'esprit conscient devant la chose qui nous attire.
Je le fais également. J'ai confiance dans la bonté de la chose, d'autant qu'elle se laisse dompter aisément, ce qui ne serait pas le cas avec l'Obscur je pense. Mais d'autres êtres peuvent croiser notre route par inadvertance...

Au bout de plusieurs jours sous la roche des Chaos, nous débouchons sur une grande pleine dominée d'une gigantesque monolithe lumineux. Oui, lumineux, d'une lumière qu'il produit et dont il abreuve des plantes étranges poussant autour de nous. Avant que nous ne puissions réagir, Viren/Jeros en a déjà brûlé une partie, dans sa méfiance excessive. Il faut vraiment lui appendre, et à son frère, que la lumière ne peut que être bénéfique.

En fait, les trois Rokéens sont de cette trempe bien trop éloignée de la lumière. Ils se disent "terre à terre" ou "rationnels", il me semble plutôt qu'ils ont quelques peu perdu la Foi. Quand on en vient à détruire un être vivant hors de l'Obscur par réflexe, c'est de la paranoïa, pas être rationnel. Réséda et moi devrons les aider à recevoir la lumière.

Tout ce bloc de pierre donc, dégage une douce clareté. Un éclairage qui ne vient pas du ciel, ni du sol, mais de partout. Il n'y a là aucune ombre. C'est...sublime. Je serais volontiers resté à contempler la chose sans l'agressivité de Viren/Jéros, ni l'impression qu'au loin, dans les conduits et anfractuosités du caillou gigantesque, des gens nous observaient.

Et oui, des gens. Les Lumineux qu'ils s'appellent. Et le monolithe, le Mesa. Ils nous regardent et nous saluent, curieux et distants. Ils semblent tous heureux, détachés et en excellente santé. Nous n'avons pas juste découvert un Stallite, nous avons foulé une terre bénie de Solaar, plus bénie que n'importe quelle autre. Ce n'est pas qu'il vient la toucher depuis le ciel, tendant ses rayons infinis, non, il jaillit en elle, il la recouvre et la tapisse, l'auréole. C'est merveilleux, une terre sans ombre.

Les Lumineux et nous tentons de nous comprendre, d'échanger. Mais ils sont...totalement différents de nous, malgré l'aspect et le langage humain. Ils vivent facilement deux à trois fois notre espérance de vie. N'ont pas besoin de manger et ne le font que pour honorer les morts végétaux, animaux ou humains. N'ont pas de maladie. N'ont pas à se protéger des Monstres, qui brûlent bien avant de s'approcher de leurs habitations. N'ont pas la moindre once d'agressivité, de méchanceté, de méfiance, de peur...envers autrui. Ils vivent dans la pleine confiance de l'autre et de la vie, leur seule douleur étant celles venant de blessures occasionnelles pendant des travaux quotidiens.
Ils sont comme possédés par Solaar, dans son aspect le plus bienfaisant et pacifiste, tout en étant éloignés de nous.

Car nous peinons réellement à les comprendre. Viren/Jéros tente de leur faire comprendre ce qu'est la violence par un argument disons, percutant. Ils ne voit pas l'intérêt, la raison pour laquelle quelqu'un ferait cela à autrui. Ils trouvent même plutôt cela drôle, et s'amusent à refaire les gestes en pantomime comique.
Cela ne donne pas une bonne espérance de survie à ceux qui, parmi les Lumineux sont apparemment partis dans l'Obscur contacter d'autres humains. Normal que personne n'ai entendu parlé d'eux.

De leur côté, ils nous questionnent sur des domaines émotionnels, rationnels ou philosophiques voire esthétiques (car ils ont un art, mais étrangement naif) qui nous apparaissent ou complètement abscons ou totalement hors de notre portée. Ils vivent dans l'insouciance la plus totale et n'ont donc que l'opportunité de s'élever. C'est étrange, cet aspect à la fois individualiste et communautaire qui ressort de tout cela...

Mais je m'égare, car l'essentiel et là : Solaar est ici, dans cette pierre, autour d'elle, partout, en tout. Mes compagnons, je les regarde, ne sentent plus la faim et, déjà, leur agressivité native semble s'amoindrir. Certains écrits religieux nous disent que ce n'est pas l'Obscur qui a jaillit et recouvert le monde, mais bien les Hommes qui, en se livrant à leurs vices, ont chassé Solaar de la planète, la livrant à l'Obscur pendant qu'il tente de revenir. Un tel lieu me fait clairement pencher pour cette théorie : l'Obscur, comme Solaar, sont issu du cœur des Hommes. Pour faire revenir Solaar, on doit d'abord chasser l'Obscur de l'âme humaine. Lourde, très lourde tâche. Ils faudra déjà commencer par les Rokéens....si je ne le puis pas avec eux, que je côtoie nuit et jour, je ne le pourrai avec personne.

Parlant de la nuit, après avec laissé en suspens la décision de si nous devons signaler ce Stallite et les Lumineux ou pas, nous faisons des rêves de plus étranges. D'abord, nous errons dans une sorte de rêve commun, une conscience collective avec les autres habitants du Stallite souterrain. Je ne vois pas trop comment le décrire autrement que comme ça, l'esprit ensommeillé est partagé... Puis, d'autres choses prennent forme. Des combats titanesques entre la lumière et les ténèbres, sur notre monde. Peut-être, les moments qui ont amenés la destruction de l'Avent et l'avènement de maintenant. Des choses impensables qui fusent dans le ciel étrangement bleu, des nappes de lumière liquide happées par des ombre solides. Et au milieu, un immense géant qu'on dirait composé des visages de tous mes compagnons, qui me tend la main. On entend derrière la phrase que tous sur Sombreterre ont entendue au moins une fois : Triell'a hashliel Kuur-Ra, estolil keriniel vaaldel karell'a. Et il virent arriver la Lune Noire, et ils surent que le monde était en péril. Sauf qu'elle est hurlée par des millions de voix qui la scandent en un chœur mû par la peur la plus viscérale.
Je monte dans la main du géant qui m'appelle...

Le réveil est assez étrange. Pendant la nuit, les nuits que nous passons au Stallite du Mesa, nous touchons à la pensée et aux souvenirs des membres éloignés de notre Fraternité. Nous sommes assez perturbés par tout cela, et assez sombres, au fond, en pensant au destin funeste qui attend le Stallite si des personnes moins bien intentionnées arrivent.
Un jeune Lumineux souhaite nous accompagner. Courage à lui.

La décision est prise de ne pas mentionner cette étape sur le chemin, de l'éviter, pour le protéger. Par prudence, nous laissons également sur place des moyens pour, peut-être, leur permettre de survivre en cas de problème. Certains les entraînent au combat, je rédige un traité de survie en cas d'agression, des principes simples et applicables, pour la fuite. Je serai aidé par Réséda, entre autres.

Comme c'est en pleine santé que nous quittons la Mesa, nous progressons très vite vers Seleucca. Sans doute même, qu'on rattrape le "temps perdu" dans le Stallite. L'accueil est normal. On s'intéresse plus particulièrement au but de notre Fraternité et au sens de notre présence.

Nous avons tôt fait de convaincre les dirigeants qu'ils ont tout intérêt à nous aider à faire en sorte que la route la plus sûre entre Jéru et la Cité des Ponts, passant par Séléuca, devienne également la plus rapide. On nous suggère alors d'aider à ouvrir une route fluviale, en remontant le fleuve arrivant à Séléuca, puis en prenant un autre fleuve descendant vers la Cité des Ponts.
La mer et les bateaux m'ayant toujours assez fasciné depuis mes voyages dans les Guardians, la perspective de remettre le pied sur l'une de ces embarcations m'enchante. Mes camarades ont tôt fait de tempérer mes ardeurs, dans lesquelles je voyais déjà un canal entre les deux cours d'eau... mais c'est une idée à garder pour l'avenir.

A Séléuca, nous remplissons également les coffres de la Fraternité, grâce à une mise à disposition pour copie de notre carte de Solaria et de notre bestiaire de l'Obscur (enrichi des connaissances locales). Un système de paiement réduit pour mises à jour futures est également évoqué, cela pourra faire des rentrées régulières par la suite. Nous avons également plusieurs reliques et autres denrées utiles à revendre. En règle générale, les profits des trouvailles personnelles sont réparties à 50% entre la fraternité et le possesseur initial. Par ailleurs, nous recrutons un Défenseur supplémentaire, toujours utile : Hack.

J'aide beaucoup aux tractations commerciales. Tous, nous nous essayons également à la navigation fluviale, sur les embarcations locales. Elles n'ont certes pas la qualité de celles des Guardians, mais ont quelques idées intéressantes. Je profite de ces occasions pour semer les graines d'une amélioration de ces coques flottantes. Toutes nos actions permettent de nouer des contacts dans le Stallite et d'y laisser notre marque, ce qui est bon pour nous.

Nous finissons par reprendre la route et, autant le dire de suite, la partie fluviale est très agréable. Rapide, assez sûre (grâce également à la vitesse), calme. Nous savons que ce n'est pas toujours comme cela, notamment en mer, mais malgré tout, ce mode de voyage est plus efficace que la marche.

C'est donc une fois le pied remis à terre que les ennuis vont commencer. Rien de grave à la base, quelques intempéries, des risques évités ou qu'on surmonte en s'aidant. Juste ce qu'il faut pour garder la cohésion du groupe. Et de quoi s'habituer à un nouveau terrain, la montagne, que nous avions peu fréquenté à part le Hoggar, brièvement.

Jusqu'à ce qu'un matin, on repère un grand prédateur, le sommet de la chaîne alimentaire locale, un Uncia. Un albinos, de surcroît, donc intelligent, voire vicieux. Nous nous mettons en formation pour recevoir son assaut, je me tiens à l'arrière et entame des cantiques guerriers pour galvaniser les troupes.

A notre grande surprise, arrivé et arrêté à notre première ligne, l'animal bondit par-dessus nos Défenseurs et se jette littéralement sur moi. Je me défend tant bien que mal et protège les parties les plus vitales, mais ne suis de toutes façons pas de taille face à ce monstre. Le temps que mes camarades viennent me secourir, je suis déjà à terre.

Avant de sombrer dans l'inconscience, ma dernière pensée va pour Najoua et Dan, les deux autres sur qui il s'est concentré après moi. Etonnant quand même, que de tout le groupe, ce soit les plus fervents dévots de Solaar qu'il ait ciblé...

Après un combat bref mais intense, l’Uncia albinos est éliminé, la Fraternité se réfugie dans une grotte dans les montagnes. Pour s’occuper des blessés. Viren/Jéros se fâche avec le reste du groupe, car il souhaitait capturer l’Uncia, persuadé qu’il était de pouvoir le dompter. L’altercation se soldera par une décision, pour lui, de quitter le groupe et de monter une halte dans le renfoncement où nous sommes abrités. Il prend quand même soin des blessés, preuve que les liens qui nous unissent dépassent nos désaccords de méthodes.

A peine le groupe apaisé, un hurlement déchirant la chair comme les os retenti. Beaucoup se recroquevillent de peur, glacés, tentant de trouver un abri sous une maigre étoffe posée là. A nouveau, le cri surnaturel. Tremblements, pleurs. La chose se rapproche. Le prochain vient directement de l’entrée de la grotte. Le Hurlant qui nous assaille porte bien son nom. Les Gardiens du feu, Viren/Jéros, Réséda et quelques autres qui ont surmonté l’effroi réceptionnent la bête tant bien que mal. Le combat est court mais particulièrement brutal. Les cris et chocs me feront ouvrir les yeux, reprenant vaguement conscience, mais je suis trop faible pour prendre pleinement la mesure de la situation. Le Monstre ne frappera qu’une fois, mais arrachera totalement le bras de Viren/Jéros, manquant le tuer de quelques centimètres. Nérys brisera complètement sa main contre la créature, abandonnée dans une folie meurtrière inefficace. Heureusement, elle est moins forte qu’effrayante et, le surnombre aidant, avec la grâce de Solaar, la Fraternité en viendra à bout.

Les autres blessures sont plutôt minimes. Viren/Jeros sauvera son frère de justesse, mais il restera manchot. Triste sort, surtout pour un Gardien du Feu. Ne se sentant plus utile avec nous, il décide de rester là avec son frère, pour monter la halte après notre départ. Nerys aura perdu sa main. Grâce à Solaar, elle est résolue et surmonte l’épreuve, moralement. Elle restera avec les deux frères à présent, pour gérer la nouvelle halte, qui portera le nom de Halte des Frères, en référence aux jumeaux et aux deux sources du fleuve, qui jaillissent non loin.

A peine les plaies pansées qu’une nouvelle source de frayeur se présente à l’entrée de notre grotte. De taille plus humaine celle-là. Un guerrier, usé par le désert et la solitude, à l’équipement en fin de vie. Mais en bonne santé mentale comme physique. Passée la première impression, c’est donc une pauvre âme errante, qui cherche la compagnie de ses semblables. Un allié potentiel donc. Io, de Katar, est rescapé de la Croisade de la Ville-Mouvement, lancée par Phénice sur Istan et Nople. Les récits de ses aventures sont complètement hallucinés par contre, et n’étaient les affirmations et confirmations de Viren et Jéros, ayant quitté Istan peu avant sa chute, nous n’en croirions pas un mot. De fait, même pour nous, cela semble un peu exagéré. Pour n’importe qui d’autre, cela passera pour de la pure affabulation. Mais Io est un fervent fidèle de Solaar, aussi il ne saurai mentir aussi ouvertement.

De fait, il se joindra à moi dans mes prières quotidiennes, pendant la récupération et les premiers travaux de la halte, et demandera souvent une bénédiction. Une recrue de choix. Dan et lui sont forts de corps et d’âme, de bons piliers pour la Fraternité. Pendant que nous attendons la vague de nos suivants en pansant nos plaies, je commence petit à petit à travailler sur une évolution des méthodes de combat de la Lumière Céleste, se basant sur Solaar et ce que nous a appris notre passage à la Mesa : oublier l’agressivité, être intouchable et punitif mais sans rancœur en cas d’échec dans la défense, frapper peu mais juste, pour mettre fin au combat en une seule fois. Le corps telle une balle de flammes, insaisissable et brûlante, les membres comme des rayons, droits et imparables. L’âme en paix, inondant le monde d’une lumière salvatrice. Un long chemin, mais je crois sincèrement que chasser l’Obscur du cœur des Hommes passera par une approche apaisée du combat, afin de ne pas semer de nouvelles graines d’Obscur à chaque différent, chaque épreuve, chaque rencontre avec un prédateur ou un Monstre.

Quand les suivants nous rejoignent, nous passons quelques jours pour échanger avec eux, et repartons, les bases de la halte posées, avec deux nouvelles recrues pour remplacer Viren/Jeros et Nerys: Exit, un Adapté de Capadocce, qui se définit comme Cultivateur; les nuances avec le rôle de Nourrisseur ne nous sont pas très très claires pour le moment, avouons-le. Plus Fran, une Soigneuse Séléucide. Deux guérisseurs, ce n'est pas de trop. Et Io, bien sûr. Peu après, nous rejoignons le fleuve. Plus qu’à le descendre, ce qui est assez tranquille, tout compte fait. La route est droite, nous allons précautionneusement, les dangers principaux sont évités. Au bout d’une semaine, nous passons à proximité d’une halte qui nous avait été indiquée, nommée Halte du Désert.

Nous faisons un détour pour la prévenir de notre projet de route fluviale. Fuamna et sa famille sont d’abord assez surpris, inquiets de perdre leur gagne-pain alors que la route vient tout juste de rouvrir avec nous. Mais bien vite, la matriarche prend la mesure de notre entreprise et du bien qu’elle apporte sur le monde. Tous sont finalement emballés et nous rejoignent bien volontiers. Les premiers travaux de déplacement de la halte vers le fleuve sont lancés, elle sera renommée Halte du Fleuve. L’ancienne halte sera convertie, sur suggestion de Gorn, en lazaret. J’aime quand la Fraternité sème derrière elle des graines d’ordre et d’unité, comme un filet de lumière dans la tache de l’Obscur sur le monde. Un jour, la toile sera si dense que l’Obscur s’évaporera sous sa pression…

On ne s’attarde pas cependant, car la route n’est pas finie vers la Cité des Ponts. Encore au moins deux semaines de marche, et il faut déblayer un minimum le trajet qui n’est plus usité depuis longtemps.

A un moment, nous passons devant une ruine sur le fleuve. Un bâtiment au toit encore en état, avec de la lumière au dernier étage et une barque amarrée à un ponton de fortune en bas. Quelques uns d’entre nous, ceux issus de Sparta ou déjà familiarisés avec l’eau et en état de santé convenable, plongent dans les eaux inconnues et vont chercher l’embarcation. Je prends le temps de les bénir, que leur voyage se passe sans encombre.

Aucun soucis, en deux voyages nous rentrons tous dans la bâtisse, enfin, sauf ceux restés surveiller les biens volumineux. Au sommet, nous y rencontrons un Adapté, seul, unique rescapé de sa tribu récemment attaquée. Il s’est réfugié ici depuis deux jours environ. L’endroit est calme, aménageable. Il pense y faire des cultures si possible, et sans doute de l’élevage de poissons. Il nous plaît bien, nous lui proposons de nous rejoindre et de bâtir une halte ici, qu’il pourrait gérer à sa guise. Cette condition d’autonomie le satisfaisant, il accepte. Nous prenons quelques jours pour l’aider à mettre les bases en place, lui apportant un peu de matériel et de forces vives, puisqu’il est seul et sans ressources. Les ruines alentours ne donnent rien de particulier, tout étant immergé et inaccessible. Il est possible d’aménager des cultures de rueg et champignons sur le toits et certaines salles, d’en transformer d’autres pour l’hébergement, les soins, la quarantaine… Bref, l’endroit est vraiment idéal.

Bon, il faudra faire un peu de ménage dans les salles inondées du fond, car elles sont habitées par des carnassiers de bonne taille et des charognards voraces, s’attaquant à tout être vivant blessé. On y passe quelques temps, pour cela et vérifier la stabilité du bâtiment, remonter ou descendre quelques éléments utiles ou de consolidation. Ce genre de manœuvre m’inquiétant particulièrement, je mets un point d’honneur à bénir mes compagnons prêts à descendre dans les eaux obscures, coupées de la lumières de Solaar.

On dira que c’est une chance si tout se passe bien, si aucune perte ou même simple blessé n’est à déplorer de ces expéditions. Mais je sens autre chose. Oui. Depuis quelques temps, je ressens une chaleur, une énergie inhabituelle, une sensation douce et puissante à la fois, lorsque je prononce mes bénédictions, qui baigne mes mains et passe sur ceux qui la reçoivent. Et, aux dires de plusieurs de mes compagnons, de leurs regards, de leurs impressions évoquées à demi-mots, eux aussi sentent quelque chose. Je crois que Solaar nous récompense d’être sur la bonne voie, et cela me comble de joie d’en être l’humble vecteur.

Depuis la nouvelle Halte Inondée, encore une semaine de marche et nous arrivons à la Cité des Ponts, porte d’Asia. Victoire, la route entre Solaria et Asia est désormais rouverte, par la Fraternité des Chemins de Lumière ! Nous sommes accueillis par des gardes émaciés, qui n’ont pas l’air d’avoir fait un seul repas correct depuis longtemps. Ils sont à la fois surpris et heureux de nous voir, le genre de joie qui annonce la perspective de la pitance à un ventre affamé. Etrange. La quarantaine est protocolaire, mais légère et plutôt singulière : on comprend vite que tout est payant. Ne serait-ce que l’entreposage de nos affaires le temps de s’assurer de notre pureté.
En fait de tout, c’est vraiment tout le Stallite où la moindre chose, même une simple information de direction, se monnaie. Nous finissons par comprendre, ou du moins se faire expliquer, toute une organisation à base de guildes verrouillant des secteurs d’activités et des zones précises de la Cité des Ponts, auxquelles il faut se référer pour toute affaire en lien avec leur spécialité attitrée dans leur zone dédiée. Et si elles n’ont pas de clients, comme c’était le cas pour celle gérant les arrivées par la route coupée, ses membres n’ont pas accès au nécessaire pour vivre, car ne gagnent aucune ressource.

Pour Io et moi, ce système est totalement aberrant : comment peut-on laisser ainsi les forces vives d’un Stallite mourir de faim à cause d’événements sur lesquelles elles n’ont aucune prise ? Comment peut-on considérer les lux comme le but et la garantie d’un contrat, voire de la vie, quand leur rôle n’est que de quantifier un troc de matières utiles, et que tout un chacun a, par sa nature, intérêt à la bonne marche de son Stallite donc à œuvrer de son mieux pour la communauté ? Par ailleurs, toute cette organisation est particulièrement lourde, et je suis persuadé que ceux qui en garantissent le fonctionnement sont dans une illusion qui se mord la queue : ils justifient leur existence par la nécessité de maintenir en place un système qui n’existe que parce qu’ils le maintiennent et génère le besoin de ces personnes pour l’entretenir. Autrement dit, si elles étaient réorientés vers des activités vraiment utiles, le reste suivrait naturellement vers quelque chose de plus cohérent.

Mais bon, il faudra, pour nous, s’adapter et se couler tant que faire se peu dans ce moule. Tenter un autre fonctionnement nous apparaît très vite voué à l’échec. Et monter sa propre guilde est une garantie de flop par manque de réseau et relations locales.
Aussi, nous nous incluons, trouvons des partenaires et nouons des alliances, négocions des prix et des exclusivités, afin de poursuivre notre entreprise. La Fraternité doit en effet décider de la suite de sa marche. Le groupe n’est plus très motivé pour continuer dans Asia et le traverser. D’autres groupes de la Fraternité derrière nous le pourront, mais tracer la route n’est plus le ciment de celui-ci.

Le débat est long : certains veulent partir sur la mer et les Guardians, d’autres retourner à la Faille, d’autres explorer des ruines. Au bout de plusieurs heures de discussion, nous parvenons à un point commun : notre visite à la Mesa nous a donné l’envie d’en savoir plus, de comprendre le monde d’avant l’Obscur et surtout ce qui a amené l’Obscur. Nous voulons savoir, pour le combattre et le chasser, ou au moins s’en prémunir. Nous savons que les gens de l’Avant vivaient près des côtes.

Aussi, la décision suivante est prise : nous allons faire un groupe qui ira par la mer, en longeant la côte, qui pourra aller vite et fouiller des ruines côtières, un groupe le suivant par la terre, pour le rapatriement en cas de soucis, les forces supplémentaires et les ressources pour aider aux fouilles (qui prendront toujours du temps). Nous suivrons la côte en direction de la Faille et peut-être de la Lumière Céleste, afin de boucler la boucle de notre voyage et profiter de toute cette zone vierge et inexplorée, sans doute propice à de grandes découvertes.

Les objectifs de groupe clairs, chacun se met en quête d’activités personnelles, pour gagner sa pitance et participer au renflouement des caisses de la Fraternité, du recrutement de personnes et de matières premières. La vie à la Cité des Ponts est vraiment onéreuse…incroyable que les gens survivent dans un milieu où le moindre "soleil sur vous" est monnayé…

Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les carnets de route (Résumés)
Posté par: merson le 20 août 2017 à 12:37
Récits de Stanley (https://www.ascreb.org/forum/smf/index.php/topic,6231.msg134753.html#msg134753) et Bettina (https://www.ascreb.org/forum/smf/index.php/topic,6231.msg143603.html#msg143603) mis à jour...
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les Carnets de Route (Résumés)
Posté par: Xlatoc le 26 août 2017 à 23:58
mis à jour...

Y'a sûrement des trucs qui vont pas, j'ai pas tout capté...
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les Carnets de Route (Résumés)
Posté par: merson le 27 août 2017 à 14:58
Non non, ça me semble correct; c'est hyper-subjectif et du coup c'est pas plus mal.

Juste une chose: La Mesa est un mono-bloc de roche émergeant du sol, enrobée d'un halo lumineux et encerclée, aux limites de ce halo, d'un anneau de végétation, le tout étant à ciel ouvert; bien que le bloc rocheux contienne des grottes et des conduits, il n'est pas à proprement parler une grotte.
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les Carnets de Route (Résumés)
Posté par: Xlatoc le 27 août 2017 à 16:31
D'acc. Je corrige cela :) J'avais pas forcément compris pendant la partie....des bouts qui m'ont échappés ^-^.
Titre: Re : Re : [Dark Earth] Solaria: Les Carnets de Route (Résumés)
Posté par: merson le 27 août 2017 à 18:59
D'acc. Je corrige cela :) J'avais pas forcément compris pendant la partie....des bouts qui m'ont échappés ^-^.
Pas de souci, c'est le deuxième effet skype-cool  ;D
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les Carnets de Route (Résumés)
Posté par: Xlatoc le 28 août 2017 à 08:38
Après, vu le moment, je voyais difficilement comment ne pas faire subjectif là...on était chacun dans le ressenti  ^-^
J'espère que ça te va quand même, t'avais l'air d'avoir des attentes, ou du moins une certaine expectative pour ce résumé...
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les Carnets de Route (Résumés)
Posté par: merson le 28 août 2017 à 09:49
Pas forcément des attentes très élevées de ma part, mais de façon générale, votre ressenti est d'un réel intérêt pour moi.

Après, je ne sors pas ce genre de scènes très souvent et elles sont supposées être cruciales dans les processus de réorganisation des croyances des personnages. Donc forcément, ça attire d'autant plus mon attention sur vos retours.

Edit: Je me suis permis d'ajouter le prénom de Lance d'Or: Zulur; en pratique, l'ensemble formé par son prénom et son nom s'utilise comme un titre, et ne peut donc pas vraiment être dissocié.
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les Carnets de Route (Résumés)
Posté par: Xlatoc le 20 octobre 2017 à 21:42
Mis à jour !  ;D

Rafaël sera sûrement inconscient ou indisposé demain, mais n'hésitez pas m'envoyer un sms ou un coup de fil si vous avez une question et que Rafaël est actif ! ^-^ Au moins, vous verrez que sans lui, vous êtes perdus ;)

Si vous me faites des séquelles, je vous hais ^-^

Prochain passage moi : 11 novembre puis 15 décembre à priori (pour la Cellule, donc là plutôt le dimanche...).
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les Carnets de Route (Résumés)
Posté par: merson le 26 novembre 2017 à 08:42
Allez Luciole! Je crois en toi!
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les Carnets de Route (Résumés)
Posté par: Luciole le 14 décembre 2017 à 14:50
 Maj de 4 résumés sur 8 je commence par la fin, je doute d'avoir le temps de les faire avant ce week end, mais je rattrape peu à peu mon retard^^
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les Carnets de Route (Résumés)
Posté par: Xlatoc le 14 décembre 2017 à 15:41
Gambattene !!!
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les Carnets de Route (Résumés)
Posté par: merson le 14 décembre 2017 à 16:30
Merki merki merki  :iloveyou:
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les Carnets de Route (Résumés)
Posté par: Xlatoc le 13 janvier 2018 à 10:57
Mis à jour :)
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les Carnets de Route (Résumés)
Posté par: merson le 13 janvier 2018 à 14:42
Petites corrections orthographiques. Sinon, c'est cool!
Titre: Les dits de Raphaël, Emissaire de La Lumière Céleste - Partie Trois
Posté par: Xlatoc le 23 février 2018 à 11:06
Les dits de Raphaël, Emissaire de La Lumière Céleste (https://www.ascreb.org/forum/smf/index.php/topic,6231.msg147616.html#msg147616)
Partie Trois: Les Secrets de l'Avant

Partie précédente (https://www.ascreb.org/forum/smf/index.php/topic,6231.msg144555.html#msg144555) - Partie suivante


En fait de renflouer les caisses de la Fraternité, notre période à la Cité des Ponts aura eu un solde nul. Tout est tellement cher, et il aura fallu graisser tellement de mains pour nouer le moindre contact et renforcer les alliances contractées que tous nos gains y sont passés.

Ceci dit, tout cela n'a pas été vain, loin de là. En nous associant, Réséda et moi avons pu nouer des contacts fiables et des alliances avec toutes les guildes et branches de l'administration utiles à notre Fraternité : contrôle des portes, des quais, marchands, distribution des ressources matérielles, répartition des forces de travail, chantiers de construction, bibliothèques, politiques...c'est un vrai travail de fond que nous avons mené, chacun à notre manière, mais les résultats sont là : la Fraternité est bien implantée dans la Cité des Ponts, reconnue et a désormais ses afflux personnels et réguliers de ressources. Notre histoire et le réseau de lumière que nous tissons s'étoffe donc.

Io a même essayé de contacter d'éventuels réseaux clandestins, mais il semble que la Cité des Ponts n'en ait pas... au moins un point positif pour ce Stallite.

Parlant de Io, il s'avère être un fervent défenseur de Solaar, et m'a beaucoup aidé à développer ma pensée, mes ressentis et le nouvel art martial sans agressivité dont je ressens le besoin pour vaincre l'Obscur. Nous nous sommes beaucoup entraînés ensemble et avons tissés des liens de confiance. D'ailleurs, toutes ces recherches et expériences commencent à porter leurs fruits et à se concrétiser. De nombreux habitants de la Cité des Ponts et quelques membres de la Fraternité nous ont rejoint dans cette démarche, qui prend désormais la forme d'un courant religieux propre, une philosophie baptisée "Voie de Solaar Intérieur". Une Prôneuse de la Cité des Ponts, Rafa, s'est même totalement engagée dans cette démarche et en compile les recherches, enseignements, préceptes. Elle a décidé de prôner désormais en ce sens. Par ailleurs, elle s'est portée volontaire pour initier le "flux retour" de cette philosophie aux membres de la Fraternité qui nous suivent et arrivent par vagues. Après tout, ils sont assez nombreux, surtout à Nâh et Jéru, qui ont été emballés par le message de la Fraternité voire m'ont donné un rôle de modèle, à ma surprise. Autant donc faire en sorte qu'ils ne prêchent pas en mon nom des valeurs auxquelles je ne me rattache pas. Et cela diffusera la Voie de Solaar Intérieur.

Tout aussi important sinon plus, grâce aux compilations et études de cartes de l'Avant, racontars de Marcheurs, légendes locales et écrits poussiéreux, nous avons réussi à nous faire une idée assez précise de la route que nous allons suivre en bateau et à pied, et des idées assez bonnes de potentielles ruines de l'Avant à fouiller.

Pour couronner le tout, Rodrigo a orchestré la fabrication non pas d'un mais deux bateaux. Pas des barques. De véritables esquifs, stables, capables d'accueillir Hommes et matériels, dont vivres et récoltes, pour plusieurs semaines. La propulsion se fera par rames, moins sujette aux récifs et plus discrète depuis la côte. Leur achèvement a causé de profonds émois dans le Stallite et une grande admiration pour les réalisations de la Fraternité. Cela va alimenter notre légende et motiver d'autant plus de personnes à nous rejoindre, bien que beaucoup attendent de voir si les navires reviendront en état avant de s'emporter plus que cela. Mais ils flottent, se dirigent et se chargent et déchargent à loisir. Certes, d'aucuns parmi nous ne sont pas très enthousiastes concernant ces moyens de transport, mais je suis sûr que tout se passera bien et qu'ils se feront une raison tôt ou tard.
En l'honneur de notre protecteur et camarade trépassé trop tôt, les bateaux sont baptisés Râ et Oul. Roberturo a approuvé avec force libations de Sthôl... au moins deux jours à chanter ses louanges à qui voulait l'entendre (plus de personnes qu'on pourrait le croire).

C'est sous d'excellents auspices que nous partons avec Râ et Oul, longeant la côte et escortant le groupe terrestre, en direction de La Faille et le long du Grand Désert du Vide. Très vite, nous constatons que la vitesse des embarcations permet de partir en éclaireur et éventuellement de poser les bases d'un camp voire d'une Halte pour faire gagner du temps aux piétons, avant des fouilles approfondies.

Malheureusement, nous tombons rapidement sur une Mortezone. Le repérage nous informe qu'elle n'est guère large, mais s'enfonce profondément dans les terres, quoique fort peu sur le large. Malgré de longues discussions pour convaincre les irréductibles de la marche que le risque, l'inconnu et le temps du détour n'en valent pas la peine et que donc, monter pour quelques minutes dans Râ et Oul sera beaucoup mieux, ils restent bornés et, disons le, effrayés par la mer. Ils partent donc faire détour, pendant que les marins avancent rapidement et explorent rapidement les environs, placent des jalons pour des haltes et font le nécessaire pour lorsque l'autre équipe arrive.

Nous croisons plusieurs Mortezones de ce même genre, ce qui ne manque pas de nous interroger. De plus, les zones où nous pensions trouver des ruines s'avèrent toutes submergées, les villes ciblées étant côtières au temps de l'Avant et le niveau des eaux ayant monté depuis. Cela, il faut bien l'avouer, brise un peu notre enthousiasme et notre espoir de réussite. Et les Mortezones sont vraiment répétitives... Curieux...

Du coup, nous prenons le temps de mieux recroiser les cartes, avec nos relevés actuels. Il se dégage une sorte de lien, de coïncidence ou de schéma, qui nous apporte plus de questions que de réponse. D'abord, les anciens, du moins les villes que nous ciblons, étaient bien toutes en bord de mer, donc la probabilité de ruines accessibles est faible. Toutefois, nous repérons une ville, plus loin sur notre route, suffisamment importante et haute pour que nous ayons bon espoir d'en trouver des reliques. Deuxième chose, bien plus intrigante : les Mortezones ont l'air d'être liées à des anciennes zones de forte activité humaine. Pas des villes, mais des croisements de routes, des structures particulières, qu'on peut assez bien superposer aux Mortezones relevées, trop régulièrement pour que cela soit une simple coïncidence.

Tout cela nous laisse bien songeurs, mais ragaillardis dans notre volonté de découvrir l'origine de la Chute. Qu'y faisaient les anciens? Pourquoi? Dans les prochaines Ruines, dont nous rêvons les contours sur l'horizon, nous espérons bien trouver des premières clés de réponses à ces questions...

Il faudra un peu de temps pour atteindre ces Ruines, encore quelques passages moitié terre/moitié mer pour contourner de petites Mortezones, et nous arrivons à un point sur la carte où il faut mettre pied à terre pour tout le monde. Les piétons ont croisé une termitière sur la route, peut-être habitée, mais ont jugé plus prudent de ne pas s'y aventurer, car les rumeurs sur des Adaptés et termites cannibales étant assez...ancrées dans la région, le contournement était préférable. Voilà ce qu'ils nous racontent lorsqu'ils nous rejoignent dans la Halte de fortune avant le départ pour les ruines.

Nous partons donc tous à pied vers l'intérieur des terres et, nous l'espérons, des ruines riches d'enseignements. Enfin, en attendant, une bande de chakrals nous a pris en chasse, ce qui n'est pas pour nous rassurer...Elle reste à distance, mais nous suit, comme attendant notre trépas pour se repaître de nos restes, ou notre faiblesse pour nous achever. Vlad les tient à distance, mais cette surveillance constante nous pèse sur les nerfs.

Ce sont effectivement des ruines majestueuses et en bon état que nous découvrons ! Des dizaines d'immeubles, avec parfois plus de vingt étages, des structures, des routes, des tas de choses laissées intactes et vierges depuis le Grand Cataclysme ! Une vraie mine d'histoire et d'artefacts ! En plus, les chakrals n'ont pas l'air de vouloir y entrer !

Nous n'avons donc aucun mal à y trouver un abri, ou plutôt à établir une base d'opérations qui nous permettra de rester ici tout notre saoûl. On ne manque d'aucune ressource matérielle, il suffit globalement de se baisser. Exit ne tarde pas à installer des cultures de Rueg et Champignons, pour éviter de prendre dans les rations.

Nous choisissons, un peu au pif vu l'embarras du choix, un immeuble au hasard en bon état à explorer. Et c'est, comme prévu, un véritable trésor : des boitebouffe, des briques, du métal, des livres enfermés dans des cassettes métalliques, une vingtaine de bidon d'un liquide inflammable plus brûlant que l'huile et une épée magnifique, ouvragée, légère et tranchante, une oeuvre d'art mortelle et discrète. C'est Valentin qui met la main dessus. Et Hack qui s'en empare, demandant avec une politesse clairement pour la forme s'il peut la garder, en tant que Gardien du Feu. Réséda et moi, on trouve le manège un peu bizarre, quand même...
Cette pêche miraculeuse certes mais prévisible nous prend quand même une bonne journée.
Nous trouvons également une sorte de pâte que Clétus voudra brûler mais qui dégagera des gaz toxiques. A manipuler avec méfiance donc...nous serons plusieurs à être brûlé par ces vapeurs.

Comme il est inutile d'essayer de tout fouiller méthodiquement, d'autres feront ça après nous, on prend le parti de faire un repérage systémique de la ville : ce qui a tenu, ce qui est plus difficile d'accès, et surtout comprendre comment le conflit s'est déroulé. Et le résultat est assez triste : les combats ont eu lieu partout, pas de réelles préférence à part des poches de résistance. Le Grand Cataclysme semble avoir, ici en tout cas, embrassé toute la ville sans discernement, tant de l'extérieur vers l'intérieur qu'en son sein même, contre elle-même. Tout cela n'est pas franchement rassurant sur les raisons de l'apparition de l'Obscur et la disparition de Solaar, et tend à corroborer mes thèses...ce qui ne m'en donne finalement que plus de vigueur dans ma recherche et ma pratique.

On trouvera un jeune chakral quasi famélique, donc relativement facile à adopter. Mais surtout, un immeuble où luit une lumière en hauteur, jour et nuit. Ca, c'est curieux, nous pensions être les premiers et n'avions aucune vraie raison de penser le contraire !
Donc, nous nous y rendons. Le rez-de-chaussé est rempli de grande toiles d'araignées, assez grandes pour capturer un Homme, mais on circule quand même sans les toucher. Par contre, nous devons en avoir le coeur net. Un rat jeté dans les toiles fait descendre non pas une araignée géante, ni une foultitude d'araignées plus petites, mais un être humain. Fatigué, maigre, mais humain, qui récupère la bête et remonte dans les étages. C'est à partir de là que les choses s'emballent.

Avec des Gardiens du Feu au cas où, je tente un premier contact via appât de nourriture alléchante. Nous échangeons quelques mots, mais la personne est apeurée et nous presse de quitter les lieux. Elle est surveillée, menacée...
Un autre groupe grimpe dans un immeuble voisin pour avoir une vue sur l'intérieur de celui-ci, notamment l'endroit d'où vient la lumière. Points positifs : il n'y a pas de toiles à tous les étages, la lumière vient d'un énorme globe renfermant une foule de luciles. Points négatifs : une cinquantaine d'humains, répartis en deux groupes, occupent l'étage du globe : une vingtaine, trônant quasi immobiles derrière des voiles arachnéens, se déplaçant rarement pour manger ce qui est pris dans les toiles et une trentaine d'autres, qui se relayent en permanence, nuit et jour, dans une pantomime qui se veut comique, à destination du premier groupe. On sent bien que quelque chose cloche. Quelque chose de maléfique...

Réséda et moi prenons le temps, pendant plusieurs jours, de nouer des contacts avec ces personnes et de discuter avec elles. Elles sont prisonnières de la vingtaine derrière les toiles, eux-mêmes contrôlés par des araignées métamorphosées par l'obscur. Elles rentrent dans leur cerveau et en font des esclaves. Tant qu'ils rient, tout va bien. Mais s'ils arrêtent de rire, le corps meurt et elles prennent alors un remplaçant dans la foule. D'où le spectacle permanent...
L'immeuble abrite de nombreuses araignées, mais elles laissent plusieurs étages libres pour que des rats y prospèrent. Rats qui sont leur nourriture à tous, lorsqu'ils se promènent et arrivent dans les toiles.
Ils sont tous là depuis au moins 10 ans, ne savent pas comment ils sont arrivés et n'ont aucune foi en l'avenir.

Ces gens sont terrorisés, affamés, asservis, par des créatures qui, si elles ne sont pas des Monstres de l'Obscur, ont anéanti leurs espoirs et la lumière dans leur coeur. Nous ne pouvons pas rester inactifs, et mettons en place un plan audacieux pour les libérer.

Grâce à notre implication à Réséda et moi-même, les esclaves nous font un peu confiance et sont prêts à tenter le coup. On les nourris du mieux que possible et leur fourni de nouvelles histoires drôles (merci à Roberthuro, intarrissable) pour leur permettre de gagner le maximum de forces. Une date est fixée. Deux tyroliennes, une pour aller dans un étage vide depuis l'immeuble d'à côté, une pour sortir de cet étage vide et rejoindre ce même immeuble, depuis le bas. Un cercle de feu à quelque distance de l'immeuble aux araignées, car elles sautent loin, Exit en a fait les frais : après un bond de deux mètres, la chose, grande comme un demi-poing, a  planté à travers le cuir un dard téléscopique d'une vingtaine de centimètres en plein son poumon. Après un hurlement a réveillé les morts, il a sombré dans un coma d'une semaine, au moins.
Et, bien sûr, le bas de l'immeuble piégé pour l'incendier au départ, des flammes pour protéger la fenêtre où seront les tyroliennes et un embrasement de l'étage d'évacuation sur notre départ. Une bonne partie de notre récolte de liquide combustible y passera, mais  c'est pour la bonne cause.
Par ailleurs, nous apprenons à crache le feu, au cas où, et réalisons une magnifique fresque comique avec Roberthuro et Réséda afin de couvrir le départ des derniers esclaves. Ainsi qu'un lance-harpon, nécessaire au fonctionnement du plan.

4 équipes : une en bas pour s'occuper de la base de l'immeuble. Une en hauteur pour réceptionner les rescapés, deux à l'intérieur : une en couverture et une pour briefer, rassurer et faire sortir les esclaves.

Tout est en place...les dix premiers arrivent au compte goutte et sortent sans coup férir. L'équipe en surveillance et réception nous fait signe qu'il y a un peu d'agitation en haut. On continue la mission, même si on s'est fait repéré. Encore cinq. Puis un, complètement fou, qui traverse en hurlant les murs de flammes que nous avons dressés dans le couloir pour le cas où au lieu de slalomer. Il prend feu, s'écrase sur les boucliers de Dan et Io. Io l'achève d'un coup de trident. D'autres encore arrivent, rendus fous par des araignées qui ont pris le contrôle de leur corps et se jettent sur nous quand nous tentons d'abréger leurs souffrance. Grâce aux techniques développées dans la Voie du Solaar Interne, ces créatures monstrueuses ne m'atteignent pas. La lumière de Solaar inspire mes poings et mon corps.
Alors qu'on se demande si tous vont ainsi être sacrifiés, deux rescapés sains arrivent. OUF ! Il en restait. La mission continue.

D'autres vagues de fous embrasés...il manque encore une personne si on compte bien. Une voix. Elle est coincée dans une fissure. Le temps presse. Tant pis, Io et Hack y vont, celui-ci enflammant sa lame. Dan et moi couvrons les arrières. Io la dégage. On l'évacue en vitesse. Hack est dans un état second. On entend la masse des arachnides nous poursuivre et se rapprocher. On brûle notre retraite, cela nous gagne un peu de temps. Voyant que Hack serait prêt à rester ici les affronter, je le pousse à descendre. Pas le temps d'attendre, c'est au bouclier que je franchis la tyrolienne, manquant me rompre les os et sentant les pattes des bêtes quasiment sur mes talons avant que je ne m'élance.

Fuite. Incendie général. La lumière se voit à des kilomètres. Le vacarmes lorsque la tour s'effondre quelques heures après, s'entend sûrement aussi loin. Mais il faut nous terrer, jusqu'à ce que nos protégés soient en état.

18 rescapés. Aucun blessé de notre côté. Solaar était avec nous, nous avons fait le bon choix, c'est un succès incroyable ! Sur lequel il ne faut pas se reposer, le pire est à venir.
Les anciens esclaves ont trop besoin de repos et de nourriture. Notre repère est caché et abonde en biens, grâce aux cultures d'Exit, mais l'attaque de l'Obscur guette.

On reprend aussi des forces, il en faut, mais notre triomphe nous donne du baume au coeur. Réséda et moi décidons de surveiller Hack, dont le comportement nous a quand même inquiété. De plus, Dan et moi sommes convaincu de l'avoir vu craché le feu bien plus longtemps que ce qu'il devrait être possible avec l'huile en bouche. D'ailleurs, nous en faisons un rêve étrange.

Fran, Réséda et moi-même suivons psychologiquement nos protégés. Ils parviennent à se rappeler des choses maintenant. Ils sont tous issus de convois attaqués et égarés, capturés par hasard en arrivant dans la ville par les araignées. Cela semble plausible, car aucune autre trace en vue, mais je reste inquiet....peut-être y avait-il des rabatteurs ? D'autant qu'apparemment, ce manège devait avoir lieu depuis la Destruction !

Je crois que ce jour-là, nous avons éradiqué une menace ancienne et terrifiante sur le coeur des Hommes, et rendu la Lumière a beaucoup d'entre eux. De quoi peut-on rêvé de plus beau !

Une dizaine de jours plus tard, les guetteurs sont formels, il faut lever le camp. Les libérés peuvent marcher, il ne faut plus tarder...la contre-attaque de l'Obscur approche, et nous ne sommes pas de taille.


Nous partons donc à cadence de course. Ou de marche aussi soutenue que possible. Assez rapidement, un objet étrange arrive sur nous : une voile, comme à la Lumière Céleste, mais montée sur un bateau, comme ceux de Sparta...un Char à Voile donc, pour naviguer dans le désert...Une prouesse qui frôle la bêtise, ou l'inverse. Optant pour la première, nous hêlons l'équipage, qui de toutes façons s'arrête à notre niveau.

La Fraternité des Défaillants, qui s'appellent ainsi non sans un certain humour, vogue droit vers une explosion lumineuse. Après quelques discussions, nous comprenons qu'ils ont vu la lumière de l'immeuble, et les décourageons donc de poursuivre par là. Leur Prôneuse semble fervente mais raisonnable. C'est elle qui a poussé vers la lumière, croyant à un Stallite. Qui lui en voudrait ?

Il faut négocier sec, jusqu'à la hache de l'avant de Io, mais ils acceptent de faire route commune et de prendre certains de nos réfugiés à bord. Malgré tout, on se traîne, les éclaireurs sont formels, les bêtes se rapprochent. Tout en  accélérant le pas, Réséda fouille dans les cartes de l'Avant et met en évidence qu'une Ruine devrait être à 2h de course d'ici. Nouveau plan : le char à voile fera des allers-retours vers celle-ci, emportant des gens aptes à fortifier les lieux, ou trop fatigués pour courir, puisqu'il va aussi vite en une heure que nous en une journée. Les autres rejoindront tant bien que mal.

Je reste dans le peloton jusqu'au bout, pour encourager ceux qui se sentent faiblir, aider les autres à garder leur souffle bref, faire mon rôle. Je ne sais pas si cela sert, mais nous arrivons tous aux ruines en cours d'aménagement, rincés mais en vie. Un immeuble de quelques étages encore debout nous attend. Les barricades sont en cours d'érection. Des pièges enflammés sont mis en place. Cela prend bonne tournure lorsque, qui l'eût cru, notre première perte vient de l'immeuble même : Solain, soigneur des Défaillants, reçoit un mur tremblant en plein sur les jambes. C'est pas de chance....
Enfin, Solaar soit loué, il ne perdra pas leur usage. Une inspection rapide et quelques attelles de fortune plus tard, le voilà immobilisé en récupération. Ca commence bien.

Mais pas de temps à perdre pour les coureurs...on monte au premier avec les autres, pendant que se ferment les barricades. Les choses Obscures sont sur nos talons, et nos défenses ne les ralentissent que le temps de les incendier...ce qui est déjà pas mal en soit.
Elles sont...hideuses et informes à la fois. C'est étrange à dire, mais comment qualifier autrement un amoncellement aléatoire de crocs, griffes et membres dont la nature et le nombre change constamment ? Il ne s'agit pas d'un fantasme de Marcheur ou d'une illusion due aux flammes, nous avons eu tout loisir de contempler ces êtres : ils n'avaient pas de forme à part leur taille, oscillant entre 2 et 3 mètres, ce qui n'est déjà pas bien précis...

Enfin, Io, Hack, Dan et Najoua réceptionnent les bêtes en bas de l'escalier, pendant que depuis le pallier, nous tirons tous ce que nous pouvons sur elles. Non sans être tous sous la bénédiction de Solaar !
Etrangement, nos adversaires sont assez peu vindicatifs...nous ne tardons pas à comprendre pourquoi quand le sol s'ouvre plusieurs fois sous nos pieds, nous forçant à bondir in extremis pour sauver nos vies, ou celle d'un compagnon moins chanceux !

A un moment, Hack, tout en bas avec Roberthuro qui venait de tomber, nous a hurlé de monter. On a obéit, mais ça n'a pas empêché le sol de continuer de disparaître, bien que moins violemment. Mais avec deux étages au lieu d'un ! Rudmila et Ilham n'ont pas pu être rattrapés ! Vivants tous les deux, mais les jambes brisés, il leur faut compter sur la ténacité des combattants au contact pour survivre !

Grâce soit rendue à Solaar, leurs prouesses pourront être chantées ! Io, totalement absorbé dans la maîtrise du nouvel art que nous développons, tranche aisément un être qui s'avançait trop près. Preuve de la justesse de notre approche dans la Voie du Solaar Interne !
Hack nous montre la raison de ce rêve de dragon, en enflammant sa lame avant de faire des ravages dans les bêtes. Ceci explique cela...bel artefact de l'Avant que cette lame, mais comment l'a-t-il su ?
Et euh...un combattant des Défaillants qui se pend aux câbles de l'immeuble en cours de chute pour mieux canarder nos adversaires. Technique étrange et très risquée, mais il s'en sort bien...

La bataille a cependant bien faillit prendre fin lorsqu'une bête bien plus énorme a usé de pouvoirs Obscur. Déjà, ses attaques menaçaient de briser les armes, et certaines ont bien été détruites par ses membres. L'une est passé, jusqu'à atteindre Najoua, dont l'enveloppe charnelle devint méconnaissable. Son âme retourne à Solaar...
Mais pire : par suite, Dan et Hack se sont prostrés, immobilisés devant la vague d'Obscur de la bête. Et Io...Io s'est tourné vers nous, la bave aux lèvres, prêt à nous massacrer. Un instant que j'avais déjà vécu avec Ra Oul, fidèle compagnon d'arme, et que je refusai de voir se reproduire ! Faisant appel à toute la paix que nos principes et entraînement quotidiens avaient amenés, j'enjoignis Io à repousser l'Obscur en lui à la Flamme de sa Foi. Exit me seconda, appuyant sur la discipline martiale de Io. Et c'est in extremis, grâce à sa volonté sans faille et à la pureté de son Solaar Interne, que Io repris ses esprits, pour diriger son juste courroux vers le Monstre, qui périt rapidement sous ses attaques impitoyables.
Nouvelle preuve de la justesse de notre démarche, la Voie du Solaar Interne.

Victoire en demi-teinte toutefois, car en plus de Najoua, Nérelle aussi a péri. Une chute pendant l'instant critique, nous ne l'avons pas vue...et elle s'est reçue sur la nuque. Plusieurs réfugiés aussi, dont le coeur, encore faible, n'a pas supporté la course et la tension, la peur du moment. J'espère qu'ils ont quand même apprécié leurs instants de liberté....Encore 10 de vivants...rien n'est donc vain, et c'est autant de Monstres que nous avons éliminés ce jour. Bel exploit tout de même !

Après tant d'horreur, il nous faut un abri et un peu de bons moments. Nous arrivons à faire un campement potable et, si les Fraternités parviennent à se parler, à échanger, ce qui est positif et bon pour le moral, nous n'avons malheureusement pas le coeur à rire, à concocter des divertissements efficaces et à réchauffer les coeurs outre mesure. Seule la nourriture sera quelques peu salutaire. A ce propos, la Prôneuse des Défaillants semble un peu hésitante dans son culte, pas tout à fait mûre pour officier...il faudra que je la prenne sous mon aile.

Enfin, le campement se fait. Les Défaillants décident de cheminer avec nous. On échange : réfugiés, chemins de Lumière, Défaillants...il y a beaucoup à apprendre. Exit vient me voir, et me demande comment rejoindre la Voie du Solaar Interne. Le comportement de Io l'a impressionné, il veut en savoir plus. Je lui explique les principes, qu'il faut peut-être que je commence à mettre au clair. Pendant le repas, il me parle de son culte d'Adapté, de la vénération de milles et unes entités. Je ne fais pas de reproches ou commentaires négatifs. La route vers le Solaar Interne et personnelle, et si Exit a besoin de ceci pour le trouver, qui suis-je pour juger ? Aider, accompagner, oui. Mais rien de plus.

Nous rejoignons enfin nos bateaux, ce qui laisse les Défaillants pantois. Mais nous avons tous nos prouesses, inutiles de jouer à qui rend les meilleures....cela ne fait que créer les graines de la jalousie et de l'envie, contraires à la paix.

Nous voguons, marchons ou volons donc de concert vers La Faille, nouvelle étape de notre toile de Lumière.
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les Carnets de Route (Résumés)
Posté par: merson le 23 février 2018 à 11:53
Comme le dira Erdred à sa jeune scribe dans quelques années: "L'Avant", pas "L'Avent"! Sinon, "Sthôl" et pas "Schtoll" (même si ça se prononce bien "Chtole"), et votre architecte naval, Rodrigo et non pas Rufus, plus quelques corrections mineures.

J'ai aussi ajouté des liens de navigation dans les blocs de titrage de tes résumés

C'est très cool! Le nom est très bien...
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les Carnets de Route (Résumés)
Posté par: Xlatoc le 23 février 2018 à 14:54
J'ai vraiment un problème avec Rodrigo et Rufus...je confonds TOUT le temps  :'(
Titre: Re : Re : [Dark Earth] Solaria: Les Carnets de Route (Résumés)
Posté par: merson le 23 février 2018 à 18:35
J'ai vraiment un problème avec Rodrigo et Rufus...je confonds TOUT le temps  :'(
C'est pourtant facile: Un seul des deux est bancal  >:D

Au passage, j'ai mis à jour les notes de Bettina.
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les Carnets de Route (Résumés)
Posté par: merson le 17 juin 2018 à 22:43
Mise à jour lue. C'est toujours aussi cool!

Pour pinailler: "Chacral" ou "Chakral", pas "Chakrâl".

Sinon, j'ai été un peu surpris par ça:
Citer
Nous choisissons, un peu au pif vu l'embarras du choix, un immeuble au hasard en bon état à explorer. Et c'est, comme prévu, un véritable trésor : des boitebouffe, des briques, du métal, des livres enfermés dans des cassettes métalliques, une vingtaine de bidon d'un liquide inflammable plus brûlant que l'huile et une épée magnifique, ouvragée, légère et tranchante, une oeuvre d'art mortelle et discrète. C'est Valentin qui met la main dessus. Et Hack qui s'en empare, demandant avec une politesse clairement pour la forme s'il peut la garder, en tant que Gardien du Feu. Réséda et moi, on trouve le manège un peu bizarre, quand même...
La demande de Hack n'était pas une politesse feinte; il y a eu discussion avec Valentin, ce dernier a estimé que l'arme serait plus pertinente dans les mains de Hack. Même si Hack s'est montré assez pressant, il ne semblait pas prêt à tout pour "s'emparer" de cette arme, et, bien que très protecteur vis-à-vis d'elle, reste tout à fait disposé à vous la prêter si vous en avez l'utilité ou la curiosité (ce genre d'Artefacts est particulièrement rare et suscite toujours l'envie de l'observer et/ou le toucher).
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les Carnets de Route (Résumés)
Posté par: Xlatoc le 18 juin 2018 à 03:10
Beh, à table, je l'ai vraiment ressenti comme ça...genre "elle est cool ta lame, tu me la donnes ?"
Et je suis pas le seul si ma mémoire est bonne...

Tu as éclairci ce point samedi, mais comme Rafaël commence à trouver Hack louche, ça me semblait pertinent de le laisser :)


PS : attendez qu'on raconte notre exploit dans le prochain Stallite qu'on atteint ! ^-^ On va rentrer dans la légende, je vous le dis !
Dans 6 mois, c'est pas 18 camés qu'on a sauvé, c'est 180, à mains nues à travers les flammes d'une meute d'araignées cracheuses de feu. >:D
Titre: [Dark Earth] Solaria: Les Carnets de Route (Résumés)
Posté par: merson le 18 juin 2018 à 08:34
Beh, à table, je l'ai vraiment ressenti comme ça...genre "elle est cool ta lame, tu me la donnes ?"
Je me doutais que cela relevait plutôt du ressenti, mais j'ai jugé utile de relativiser celui-ci. Mais il est bien évident que, au travers du récit de Rafaël, c'est aussi ton ressenti qui passe, et que cette subjectivité fait partie de l'exercice  ^-^
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les Carnets de Route (Résumés)
Posté par: Luciole le 16 septembre 2018 à 18:44
La Carte et le Territoire, par Réséda, Erudite de Sparta
Partie 2: Retour aux sources
Partie précédente (https://www.ascreb.org/forum/smf/index.php/topic,6231.msg133785.html#msg133785) - Sommaire (https://www.ascreb.org/forum/smf/index.php/topic,6231.msg133191.html#msg133191) - Partie suivante

Le repli et les Défaillants

Pour Io c’était un plan suicidaire, peut être était-ce le cas, mais ça n’en restait pas moins un bon plan, puisque le résultat est la : Aucun mort du côté de la Fraternité, et plus de la moitié des esclaves des araignées sauvés.
Sauvés..mais dans quel état. Ils sont faibles, qui ne le serais pas après avoir été obligé d’effectuer jour et nuits des représentations pour le bon plaisir du cercle des “ chefs”.
Nous les avons rapidement rapatriés au camp de base, plus fortifié, plus à même de les accueillir et de leur permettre de recouvrer des forces. Je seconde Raphaël dans les soins psychologiques pendant que le reste de la fraternité se charge des tâches habituelles nécessaire à la survie et la défense du camp.

Au bout d’une semaine de répit le verdicte tombe, il faut partire. Tout de suite. Si notre plan a été un succès, le revers de la médaille arrive. Enflammer l’immeuble a peut être permis d’éviter que les araignées ne s'échappent pour recommencer ailleur leur macabre mise en scène, mais ce feu de joie a dû rayonner à des milliers de kilomètres dans le désert, attirant la curiosité de créatures peu recommandables. L’obscurité approche, tous les signes concordent et nos éclaireurs sont formels, il faut fuir, et vite.

Le replis stratégique commence. Le but du jeu est de s'éloigner le plus possible de la ville, pour ne pas être sur la trajectoir de ce qui se rapproche. Mais le rythme de marche est lent car même si les rescapés les plus faibles sont sur les traîneaux, nous ne pouvons pas forcer les autres a courir. Nous venons de les sauver, ils est hors de question de les tuer a cause d’un rythme trop soutenu. Pourtant il va falloir trouver une solution, ça se rapproche, vite. Mais quelque chose arrive du côté opposé.Quelque chose  qui claque dans le vent et semble clairement venir vers nous. Les éclaireurs nous arrêtent, nous nous décalons sur le côté...pour voir la cause du bruit arriver. Après une vérification de l’état de nos rescapés je remonte à l’avant du convoi..et malgré l’urgence de la situation, je ne peux m'empêcher de marquer quelques temps d’arrêt. Une voile battant au vent, maîtrisée par un savant système de cordes et de poulies, semblant presque voler au dessu du sable..j’en avais déjà entendu parlé, mais je n’aurais jamais pensé voir de mes propres yeux un vrai char à voile. Six personnes à son bord, faisant a priori partie d’une fraternité plus grande. Ils ont été attirés par la lumière provoquée par l’immeuble en flammes. Les salutations d’usages effectuées nous choisissons de reprendre la marche pour éviter de s'éterniser. Ils sont moins nombreux que nous, nous allons donc  dévier un peu de notre route pour récupérer le reste de leur groupe, puis reprendre la marche, continuer à nous éloigner.

Je ne sais quoi penser de ce groupe, malgré l’urgence de la situation, ils cherchent quand même à monnayer leur aide..c’est donc contre la hache de l’avant trouvée par Io dans les ruines qu’ils acceptent de mettre les plus faibles des rescapés sur le char à voile, pour nous permettre d’augmenter le rythme de marche. Il le faut, l’obscurité se rapproche. J’ai envoyé Neige en reconnaissance il est revenu paniqué...visiblement la menace est grande, mais en plus elle revêt une forme que nous n’avons jamais vu. Il faut se dépêcher. Se dépêcher oui, mais de faire quoi? Poursuivre au pas de course pour espérer trouver une position défendable? S'arrêter pour prendre le temps de monter un camp de fortune? Les deux fraternités sont divisés, le médecin dit que nous pouvons encore continuer..le ton monte, personne n’a de certitude et les deux solutions comportent leur avantage et leurs inconvénients..il faut trouver quelque chose. Toujours en courant, je sort une à une les cartes de la zone que nous avions récupérés, je me repère...et je me concentre, plus rien ne doit compter que la carte. Cette carte que je scrute en espérant trouver..je l’ai! A deux heures, il y aurait des ruines. Une ancienne petite ville ensevelie. Je remonte à Bettina et aux autres éclaireurs pour leur présenter la position. Après un rapide calcule, la décision est prise, la position est atteignable. Ils sont plus rapides que nous, mais avec des aller-retours effectués par le char à voile pour déposer les rescapés et nous permettre d’augmenter le rythme, nous atteindrons les fortifications avant que “ça” ne nous rattrape.

Nous avons atteint le point de repère, heureusement bien présent ou la carte l’indiquait. En avance avec un petit groupe, je me charge d'ériger quelques fortifications, le but est d’interdir l’accès à l'étage au sol pour nos poursuivant. Ainsi, d’en haut nous pourrions les attaquer à distance sans qu’ils ne sous atteignent. Cependant comme les complications n’arrivent jamais seul..j’ai du aussi m’improviser secouriste. Oui, il y en avait un avec nous, de l’autre fraternité, la fraternité des Défaillant comme ils s’appellent avec un certain sens de l'autodérision.. et bien je ne sais pas comment le secouriste de cette fraternité a fait, mais il c’est pris un mur de béton sur la figure.  Par chance pour lui, j’ai souvent observé et participé aux opérations menées par nos propres secouristes..j’ai les bases..avec Valentin nous bricolons quelque chose..je sais que c’est beaucoup moins efficace que ce que Fran aurait pu faire, mais ça fera l’affaire jusqu'à ce qu’elle soit la. Nous avons installé le blessé et les rescapés sur la terrasse en haut du troisième étage.

Le reste du groupe est arrivé, et peu après, nos poursuivants aussi. Le nuage d’obscurité qui les accompagnait était tellement dense que dans un premier temps nous n’avons pas pu les distinguer. Puis a grand coup de luminescences, nous avons commencé à les percevoir.
Pour ce que ça nous a apporté..ils sont une dizaine, avec une apparence de base..sans doute humanoïde. Sans doute. Il est compliqué de déterminer une forme a quelque chose qui change toute le temps. Le seul trait commun c’est qu’ils font entre 2 et 3 mètres, qu’ils, changent de formes environs toutes les 10 secondes, et que ce ne sont pas des formes définies mais plutôt un amas de..griffes, de gueules, de cornes et de membres. Nous avons eut le temps de leur mettre le feu en leur balançant dessu de l’huile que nous avons enflammée. Juste avant qu’ils ne défoncent les maigres barricades du premier étage pour rentrer à l’étage d’en dessou.
C'est la que la bataille a vraiment commencé. Io est resté dans l’escalier pendant que tous ceux qui le pouvaient attaquaient à distance les créatures en dessous de nous au travers des trous du plancher de l'étage. Une situation qui semblait idéale pour nous, d’autant plus qu’ils ne semblaient pas manifester une réelle motivation pour venir nous chercher en haut..et pour cause..
C'est Rudmilla qui a failli tomber en premier. Le sol s'est ouvert sous ses pieds de Nerelle, puis de Rudmilla, heureusement elle a été sauvée par les réflexes incroyable d’une des membres des Défaillant.Probablement la chef de leur groupe puisque c’est celle qui semble avoir le plus d’aisance pour s’exprimer. Pendant la bataille elle s'est chargée de faire la liaison entre nous tous, et ses réflexes éclairs en ont sauvé plus d’un. Car au fur et a mesure du combat, les trou se sont multipliés. Dan a failli tomber, je ne sais pas comment j’ai pu le rattraper. Puis Roberthuro et Hack sont tombés aussi, mais ils se sont rattrapés sans mal au sol. C’est la qu’Hack a hurlé “Montez ! ça va s'écrouler!” Le choix était vite fait, tout ceux qui pouvaient attaquer à distance sont monté d’un étage, tandis que les autres ont choisi de descendre directement à la rencontre des monstres.Et le combat a continué. A ceci prêt que tous ceux qui attaquaient à distance étaient maintenant au deuxième étage, et que les trous dans le sol ont continué à apparaître sous nos pieds. Nous avons réussi à nous entraider pour éviter la chute a presque tout le monde. Presque. Rudmilla semblait être une cible privilégiée de ces trous, et à alf fin, puisque plus de la moitié de ceux de l'étage sont tombés en même  temps, nous n'avons pas réussi à l’attraper. Ilham et elle se sont donc écrasés 2 étages plus bas dans un hurlement à faire froid dans le dos..
2 étages plus bas, la ou la bataille faisait rage. Je n’ai pas suivit tout ce qui c’est passé, Je relaterais donc 3 événements notables avant de venir à l’affrontement final.

Tout d’abord, le mécanicien des Défaillants m’a beaucoup surpris, la ou nous avions le choix entre le second étage et en bas, il a choisi..au milieu. S’accrochant à une corde il virevoltait à travers les ennemis en leurs donnant des coups sans jamais se faire toucher avec un agilité digne des meilleurs acrobates que j’ai jamais vu. Je vais peut être revoir mon jugement a propos de cette fraternité, malgré leur côté matérialiste, ils semblent plutôt débrouillards.
Ensuite Io...il attendait l’affrontement avec tellement d’impatience que la créature qu’il avait en face de lui en a fait les frais. Il l’a..littéralement coupé en deux grâce à un enchaînement et une technique impressionnante. J’aurais juré voir des étincelles à la pointe de son épée, mais je ne saurais dire
En face de lui Hack n’étais pas en reste. Nous avions déjà assisté lors de l’extraction des rescapés à...un changement de comportement chez lui. Est ce dû à l’épée? Toujours est ils qu’il s'est servit de celle-ci avec brio..et flammes. Le sabre c’est enflammé et d’un seul enchaînement il s’en est servi pour achever la créature qu’il avait face à lui, faire de même avec celle de Dan, pour finir par grièvement blessé une troisième abomination.

Et c'est après ça que le pire a failli se produire. ¨Parmis nos opposant, il y en avait un plus résistant. Et beaucoup plus puissant.D’un seul mouvement il a littéralement..liquefier Najoua qui ne représentait plus qu’un amas de chair sanguinolente sur le sol.  Puis il a dirigé son attention vers ceux qui semblaient probablement les plus menaçant pour lui, Hack, Dan et Io. Sans explication, Hack c’est prostré, replié sur lui même Dan c’est immobilisé; et Io…
Io a l'espace de quelques secondes comme..muté. Si je ne le connaissais pas j'aurais pu le prendre pour un monstre de l’obscure, pâle, les yeux injectés de sang, la mort dans le regard...et pourtant j’étais encore au second étage. Il devait être encore plus impressionnant pour ceux d’en bas. Il c’est retourné vers nos camarades, et j’ai réellement cru qu’il était passé du côté de l’Obscur. Mais c’était sans compter sur Raphaël et  (nom du personnage d’erwan) ainsi que sa propre force de volonté. Ils l’ont appelé , il l’ont enjoint, par la voie du Solar Intérieur à se reprendre, et il l’a fait. Retournant sa rage contre le chef ennemi, il l’a annihilé.
Ainsi, nous avons survécu. Avec quelques morts, Nerelle, Najoua et plusieurs réfugiés dont le coeur n’a pas supporté la pression. Mais nous sommes vivant. Et nous avons tenu tête a 10 monstres de l’obscure.

Soin des blessés, Ilham et Rudmilla pourront être sauvés. Rapatriement de tout le monde, nous quittons cette scène de carnage. Nous sommes encore tous un peu sous le choque, mais la fraternité de la lumière commence à savoir y faire avec les lendemains de guerre.
Le temps de se mettre a l’abris, et nous mettons en place un campement. Un campement ou tout le monde pourra enfin souffler, faire connaissance, et oublier la dureté du combat que nous avions mené. Je regarde autour de moi. La nourriture et les feux réconfortent, la cérémonie nous permet de dire adieu à nos morts, les divertissement nous font sourire. Et partout, les gens commencent à discuter, se mélanger, apprendre a se connaitre. La Fraternité des chemins de la lumières, les rescapés des araignées, et les Defaillants. Nous avons tous des expériences différentes, mais en les regardant, j’ai foi en ce que nous pourrons encore construire.

Les Defaillants ont choisi de nous rejoindre. Vu ce que nous venions d’affronter, rester en petit groupe aurait été compliqué pour eux. Nous rejoignons le camp de base avec les bateaux, pour une fois c'est à notre tour de leur en mettre plein la vue. Je suis presque triste de n’utiliser les chef d’oeuvres que nous avons construit uniquement pour faire du cabotage. La mer a un côté tellement fascinant. J’ai profité de la présence des aventureux Défaillant pour tenter de rouvrir la discussion sur une potentielle jonction avec les Gardians, mais je me suis heurtée à un mur. Io a dit qu’il apposait son véto, et les autres m’ont rappelés que ce n'était pas ce que nous avons communément décidé. Soit. J’aurais beaucoup aimé bravé la mer, mais je pense que cela ne restera qu’un rêve. Si au sein d’une fraternité tout le monde tirait dans son sens pour réaliser sa seul volonté nous ne nous en sortirons pas. Alors je ferai en sorte que d’autres le réalisent à ma place. Nous avons dans ceux qui nous suivent des personnes assez folles et décidées pour cela. Et malgré ma fascination pour la mer, mon choix est fait. Je suivrais la Fraternité, ou qu’elle aille. Notre histoire rayonne, et je sens que nous avons encore de nombreuses aventures devant nous, aussi dangereuses que fascinantes.


La Faille

Enfin un stallite, après les marais morts et le combat contre les créatures changeantes un peu de repos sera salvateur. Créatures changeantes..il a fallu trouver un nom, je n'étais pas très inspirée mais Valentin a validé Aléatueurs. Ils porteront donc ce nom jusqu'à ce que je trouve autre chose. La quarantaine nous a permis de discuter davantage avec les Défaillants et leur but est assez intéressant et finalement complémentaire au nôtre. Ils cherchent à commercer et nouer des partenariats avec les tribus d’adaptés. Ce que nous faisons déjà plus ou moins. Ils sont débrouillards, nous leur avons un peu vendu la Fraternité, et c’est sans trop de réticences qu’ils ont choisi de nous rejoindre, notre renommé et nos moyens pourront largement les aider à atteindre leur but. La fraternité c’est donc agrandie d’une douzaine de membres et même si je ne les connaît pas encore, je suis certaine qu’ensembles, nous porterons la légende de la Fraternité au delà des frontières connues. En parlant de frontières, celles de la connaissance ce sont à nouveau étendues, cet arrêt a la Faille nous aura appris beaucoup. Io s'est enfin décidé à parler, je pense que le fait que Raphaël ait pu le ramener à la raison lors de notre dernier combat a achevé de lui montrer que nous avions confiance en lui. Il nous a révélé qu’il faisait partit de ceux que nous appelions les “sombrefils”, des sombreterriens qui naissent particulièrement marqués par l’Obscur et qui développent des traits qui leur permettent d’y évoluer plus facilement que les autre. Son teint blafard et ses iris noir étaient déjà un bon indicateur, mais personnellement je le considère comme tout autre membre de la fraternité, c'est à lui de décider s’il veut et quand partager son secret. Pour la plupart des gens, les sombrefils sont associés aux monstre de l’obscure. Et c’est cet état de fait que Io veut changer. La voie du Solaar interne lui a permis de se contrôler, alors il souhaite apprendre ces préceptes à tous les sombrefils qu’il pourra croiser. L’idée générale et de leur apprendre à se contrôler et les former pour qu’ils puissent combattre l’Obscur. Il aurait besoin de notre aide, et de fonds de la part de la fraternité. En ce qui me concerne, mon aide lui est toute acquise, et je sais que je ne serais pas la seule à l’aider. Ce sera donc un projet que nous l’aideront à mener en parallèle de nos expéditions. Et en parlant d'expédition, il nous faut choisir notre prochaine destination.

De nombreuses pistes ont été évoquées toute plus..extravagantes les unes que les autres..et dire qu’on me reprochait de vouloir naviguer en pleine mer quand d’autres parlent d’entrer dans la mortezone d’Asia..
Les seules pistes intéressantes étaient l’exploration de La Rocke et celle d’Asia. Les deux piste m'intéressent autant l’une que l’autre..car dans tous les cas un nouveau continent apportera son lot de découvertes et de légendes. Nous avons laissé ceux qui avaient des préférence s’exprimer, et c’est finalement La Rocke qui a remporté les suffrages. Nous allons maintenant pouvoir préparer au mieux notre prochaine expédition, et nous aurons tout le temps pour ça puisque nous entrons dans la saison des vents. Nous allons donc passer au moins 5 mois à la Faille, un temps que je compte bien employer pour trouver des voyageurs initiés aux secrets de ce nouveau continent à découvrir.


( Le paragraphe suivant se trouve sur un feuillet séparé et codé, dans une poche secrète du compartiment d’écriture de Réséda, qu’elle ne quitte jamais)

Hack , tout comme Io c’est enfin décidé à parler. J’ai toujours cru en la puissance des mots, et je pourrais dire aujourd’hui sans exagérer que les siens ont changé nos vies.
Il nous a parlé d’une organisation qui avait pour ambition de donner aux gens le moyen de se battre contre l’Obscur. Il nous a mis en garde sur le fait qu’obtenir ces moyens faisait également de chacun de nous une cible privilégiée pour les monstres.  A partir de cet instant et en insistant sur la dangerosité de la chose, il nous a demandé si certains d'entre nous souhaitaient sortir, car rester signifiait s’engager. Je dois avouer avec une certaine fierté que pas un seul d’entre nous n’a fait le moindre mouvement pour sortir. Seul Bettina avait des réticences, mais elle a toujours cherché à nous protéger et souhaitait simplement mettre un maximum en lumière les dangers auxquels nous allions nous exposer. Alors nous avons choisi de continuer, et il nous a parlé de L’Histoire. Avec un grand H les dieux, les mauvais comme les bons. Le premier et le second âge d’or, les tombeaux...je ne décrirais pas tout ici, c’est simplement un mémo pour moi et je prend déjà des risques rien qu’en écrivant ces lignes. Il nous a décrit les maisons. Quelque soit la piste que chacun choisira, je pense que le fait que nous soyons un groupe et un atout non négligeable. Nous pourrons avoir les différents sons de cloche et agir ensemble. J’ai eu un moment de frayeur lorsqu’il a dit que les maisons étaient divisées et avaient du mal à se comprendre, mais puisque nous sommes une “expérience” je ferais tout pour que ça marche. Nous avons gagné en compréhension du monde, et nous avons enfin une chance d’avoir un réel impacte sur les événements. Je sais pertinemment que nous ne verrons jamais la réalisation du but que nous nous fixons, mais si nous avons une chance d'améliorer le futur de ceux qui viendront après nous, personnellement, je n'hésiterais pas une seconde. Je suis partie de chez moi parce que je voulais faire plus, et je crois que j’ai finalement trouvé. Si pour tous la Fraternité de la lumière continuera à briller en reliant les sombreterriens, dans l’ombre nous participerons également à notre échelle, à faire reculer l’Obscur.
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Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les Carnets de Route (Résumés)
Posté par: merson le 16 septembre 2018 à 21:17
Yumi yumi  ^-^

J'ai référencé ce second post de résumé dans le sommaire du premier post. Je me posais la question de donner un titre plus évocateur à tes résumés, et vu que tu fais les cartes, le titre "La carte et le territoire" m'est venu à l'esprit; qu'en penses-tu?
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les Carnets de Route (Résumés)
Posté par: Luciole le 16 septembre 2018 à 21:54
Cela me convient tout à fait ^^
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les Carnets de Route (Résumés)
Posté par: Xlatoc le 11 octobre 2018 à 21:52
A jour !
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les Carnets de Route (Résumés)
Posté par: merson le 12 octobre 2018 à 09:52
Fragments de Bettina mis également à jour jusqu'à La Faille, ce qui correspond à l'achèvement d'un cycle la concernant.

@Grimm: Bettina étant à présent ton personnage (ce qui correspond également à l'achèvement d'un cycle concernant ce personnage), je ne mettrai plus ses récits à jour. Si tu veux prendre la main sur ces récits à partir de maintenant, n'hésite pas à créer un nouveau post de résumé dans ce fil; je les lierai ensemble dans le sommaire.

@Fraternité des Défaillants: Si parmi vous certains veulent faire des résumés (voir les règles dans le premier post de ce fil de discussion), n'hésitez pas  ^-^
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les Carnets de Route (Résumés)
Posté par: Lilitor le 12 octobre 2018 à 22:35
Voici le récit de Ruth :

"Après avoir rencontré une première tribu d’Adaptés qui ont promis de réfléchir à nos propositions, nous avons continué vers l’Est en nous aventurant dans l’inconnu, et nous sommes perdus.
Après quelques jours à marcher au hasard, nous avons vu apparaître un stallite à l’horizon, très brièvement. C’était encore plus à l’Est, à une dizaine de kilomètres. Ça a fait un bruit de tonnerre et Solain a décrété que c’était un signe des dieux, que nous devions absolument y aller.
Puis l’Obscur s’est mis à bruire. Nous foncions en petit groupe dans le char mais malgré le bruit du vent et des voiles claquant, nous avons entendu un autre grondement. Solain estimait que c’était un troupeau de hurricanes.

Soudain nous avons entendu des voix, et vu de la lumière. Nous nous sommes arrêtés auprès d’un groupe bien plus grand que le nôtre. Ils semblaient amicaux mais fuyaient dans la direction opposée.
Ils avaient des cartes, précises, et rien que ça aurait suffi pour qu’on les suive, vu qu’on était complètement perdus comme j’ai dit. En plus ils nous ont dit que ça craignait grave là où on voulait aller. Du coup on a commencé à faire route avec eux.
Ils traînaient tout un tas d’éclopés qu’ils ont mis dans notre char en échange d’infos sur le coin, et d’une belle hache rouge datant de l’Avant. Ma foi…
Ils nous ont raconté qu’ils étaient la Fraternité des Chemins de Lumière et qu’ils avaient sauvé leurs bonshommes dans une ruine de ville pas fréquentable et que c’est ça qui a fait de la lumière, quand ils l’ont incendiée.

Après avoir récupéré l’autre moitié de notre groupe, restée en arrière, nous avons avancé en marche forcée à leurs côtés pour essayer d’échapper au grondement de bêtes qui semblait venir vers nous. Leur géant bizarre, Io, a proposer de bifurquer un peu pour voir si ça suivait : oui !
Nous avons couru longtemps, de plus en plus stressés au fur et à mesure que le temps passait, impossible de savoir de quoi il s’agissait mais ça se rapprochait et ça déjouait nos tentatives de diversion ! Nous fatiguions tous et il ne semblait pas y avoir d’abri possible à des heures à la ronde, ni même de surplomb.

Enfin, Réséda, leur érudite, a repéré une ancienne ville sur une de ses cartes, à une demi-journée de marche. Il restait sûrement des ruines. Nous avons cessé de tergiverser et couru par là. Il y en avait pour deux heures et tout le monde n’était pas sûr de tenir le rythme, quoi qu’en disent les soigneurs.
J’ai participé à une tentative pour asphyxier ce qui nous suivait à l’aide de grosse fumée, mais ça n’a pas semblé ralentir. Ça allait manifestement plus vite que nous et nous n’étions pas sûrs d’arriver aux ruines à temps pour se préparer à l’affrontement.
Finalement Brior a proposé d’emmener les plus faibles par des allers-retours en char et c’était une brillante idée. En plus comme il emmenait les éclopés, les traîneaux qu’ils occupaient se libéraient et nous pouvions nous reposer un peu à tour de rôle.

J’ai fait partie d’un voyage en char dans le but d’aller préparer notre défense. Les personnes déjà sur place s’étaient équipées et un peu organisées dans la tour, fixées avec leurs armes devant des ouvertures. Nous leur avons conseillé de se mettre à l’abri plutôt derrière car nous savions que cette tour serait le lieu de l’affrontement.
Pour retarder l’attaque, Réséda et Solain ont entrepris de lever une barricade mais un mur s’est effondré sur Solain, il a fallu l’opérer d’urgence, il avait les jambes notamment dans un très sale état. On l’a mis au frais au 2e étage de la tour, sous le ciel, endormi.

Pendant ce temps les autres sont arrivés et organisent nos troupes. De l’obscurité brute avance vers nous en trombe. Nous n’y voyons plus à dix mètres.
Personne ne sait ce que sont ces monstres, ils changent de forme en permanence ! Noirs, maigres, longs, avec des excroissances poussant et disparaissant sans-arrêt, rien que les regarder fait geler le cœur. Ils ont une forme générale vaguement humaine. Il y en a une quinzaine peut-être.
Nous les arrosons d’abord d’huile et boutons le feu à l’aide de flèches.
Nous sommes tous montés au premier étage mais il y a des trous dans le plancher. Nous les voyons pulvériser nos barricades comme si de rien n’était. Notre feu ne les a pas arrêtés, ils brûlent mal. Nous attaquons avec tout ce que nous avons mais ils résistent et en plus ils semblent avoir la capacité de faire fondre le plafond, notre plancher ! Plusieurs d’entre nous finiront par tomber parmi eux, sauf ceux rattrapés de justesse.
Nous n’avons beaucoup de mal à viser et à nous battre tout en guettant les effondrement et les chutes de camarades, mais nous envoyons tout ce que nous pouvons.
Io se poste en haut de l’escalier avec son trident, il est impressionnant.
Moi, je mets tellement de temps à recharger mon mousquet que je n’arrive pas souvent à tirer. Impossible de leur lancer du feu à cause de la fille qui est tombée. Finalement, comme on ne la voit plus depuis trop longtemps, après avoir interrogé Io du regard, je lance une nouvelle salve d’huile sur eux, mais avant d’avoir pu l’enflammer, d’autres personnes sont tombées encore.
Je dois dire que je me sens pas mal inutile dans tout ça, sans compter que je manque de tomber à mon tour et que Fran, une de leur soigneuses, doit me rattraper in extremis. Réséda a sauvé son Dan, elle semble bizarre, je suis contente de ne pas être à côté d’elle. Quelqu’un crie que tout va s’effondrer. Il redescend, il veut en découdre pour de bon.
D’autres sont déjà en bas et distribuent les coups d’estoc et de taille à ces créatures pas si éthérées que ça, puisqu’elles finissent par succomber, petit à petit. Io prend sa flamberge et descend lui aussi, tandis que la plupart d’entre nous montent sur la terrasse.
Bon, maintenant il ne faut pas faire d’étincelle, ça risquerait de cramer tout ce beau monde en bas. Moi je suis montée évidemment. Marc, muni de la hache de l’Avant, coupe le bras d’un monstre, faisant jaillir un sang noir apparemment corrosif. L’humeur se répand autour de lui, le coin sera désormais à éviter.
Fran recharge mon mousquet, je tire le plus possible d’en haut, je finis par en faire tomber un ! Io en coupe un en deux, heureusement sans que ça fasse de projection. Par contre, il fait des étincelles avec sa flamberge ! Pourvu que ça n’atteigne pas l’huile !

Helyel a commencé à faire glisser des cordes le long de la tour pour qu’on puisse redescendre car ça craint là-haut, les monstres vont encore faire s’effondrer le plancher et cette fois-ci on ne pourra pas atterrir en souplesse sur les genoux ! Brior joue à l’acrobate au milieu de la mêlée, suspendu à une des cordes…
Hack, un défenseur, en terrasse deux ou trois dans un éclair et son sabre s’enflamme ! La flamberge de Io fait « gong » ! Je me demande en quoi ces créatures sont faites.
En tout cas, il est heureux que tout ceci n’ait pas encore enflammé l’huile, je croise les doigts et me maudis d’avoir eu des états d’âmes pour la pauvre fille tombée en premier : je ne vois pas la moindre trace d’elle, il aurait fallu lancer l’huile plus tôt et l’enflammer direct. Bon, ce n’est pas le moment de regretter le passé, même de cinq minutes.
En bas ils continuent à faire tomber les bêtes mais il se passe des trucs bizarres, les boucliers semblent se couvrir de givre à leur contact. Ça vaut toujours mieux que du feu…
Je tombe encore, quelqu’un me rattrape. D’autres sont tombés aussi, mais rattrapés de même. Le cœur bat, tout de même, à cette hauteur…
Il ne reste plus beaucoup de monstres mais en bas les armes des combattants explosent les unes après les autres. Le plafond aussi, enfin notre sol, quoi. Nous tombons presque tous ! Certains, dont moi, sont rattrapés. D’autres s’écrasent au sol dans des bruits qui font mal à entendre, et se mettent à hurler.
Dans le même temps, Io devient fou furieux. Mais vraiment fou : il semble se retourner contre ses compagnons !
Une guerrière désarmée est transformée en tas de chair par le regard d’un des monstres, urgh !
Exit, un Adapté, puis Helyel tentent de raisonner Io par leur parole. Rafael, le missionnaire, fait tout un discours, le force à respirer. Je me rends compte que j’avais le souffle suspendu et je rentre dans leur rythme. Ça détend. Io revient à lui et se remet à massacrer du monstre.
Brior finit par descendre de sa corde en un salto, c’est classe mais un peu tard. Rafael achève la dernière créature puis réconforte tout le monde pendant qu’Io tranche tous les restes.

Nous évacuons la zone pour mettre enfin le feu. Je descends en rappel avec tous ceux de la terrasse. De l’autre côté de la tour, nous trouvons certains réfugiés morts. Apparemment c’est la terreur qui a eu raison d’eux. Sinon nos animaux sont saufs et le matériel n’a pas subi de dégâts. Les guerriers qui avaient été figés par le coup du givre se réveillent doucement.
Les deux personnes qui sont tombées du deuxième sont dans un sale état, jambes en plusieurs morceaux, pas sûr qu’elles remarchent un jour. Leur réduction de fractures s’entend à des kilomètres à la ronde, il ne va pas falloir s’éterniser ici si on ne veut pas une seconde attaque de trucs dangereux.

On a récupéré ce qu’on pouvait, petite purification par le feu pour être sûr. Le nuage d’obscurité s’est dissipé.
Les trop blessés ont été mis sur le char, les fatigués sur les traîneaux. Nous sommes allés bivouaquer dans un endroit calme.
Comme ça fait du bien de se poser dans la chaleur d’un feu après toutes ces horreurs ! Autour d’un bon repas, nous avons fait plus ample connaissance avec la Fraternité des Chemins de Lumière. Bon, le seul truc un peu nul c’était leur spectacle d’histoires (pas) drôles.

Le lendemain, nous avons fait route avec eux vers leurs navires. C’était à une semaine et demie de marche mais la direction n’était pas saine. Morconn a proposé que notre char amène un équipage aux bateaux et revienne tandis que les vaisseaux feraient route par la mer. C’était un peu risqué mais sûrement moins que de rester dans cette zone perturbée.
J’ai accompagné Brior pour le relayer en route mais j’avais dû être plus ébranlée par le combat que je ne l’aurais cru, je ne parvenais plus à comprendre le vent correctement. Enfin, je ne leur fait perdre qu’un peu de temps, on est tout de même arrivé à bon port.
Ce sont de gros bateaux de métal, super impressionnant ! Quatre jours plus tard on a fait la jonction avec ceux qui marchaient, bien joué Morconn !

Quoi faire ensuite ? En traversant le Grand Désert du vide, nous n’avions pas trouvé d’Adaptés, contrairement à nos espoirs. Rejoindre la Cité des Ponts par la côte, s’avérait dangereux.
Il y avait une île en face de nous, en pleine mer, dont la légende dit qu’elle abrite un stallite. L’autre Fraternité s’est un peu déchirée pour savoir si ils allaient l’explorer ou pas. Apparemment c’est une discussion qu’ils ont déjà eue plusieurs fois et en plus quand ils ont essayé de s’éloigner de la côte, des formes menaçantes ont paru sous les coques.
Io a déclaré qu’ils devaient juste établir une route de cabotage de la Cité des Ponts à La Faille. Le bateau permettant de s’éloigner des mortes zones qui parsèment la côte. Il avait l’air pressé de rentrer à Nâh.

Nous avons décidé de les accompagner encore jusqu’à La Faille et d’y construire un port pour laisser les vaisseaux. Le voyage s’est fait sans encombre, comme tu le vois.
Voilà, chère sœur, le récit de mes récentes aventures. Ressers-moi un peu de Sthôl, veux-tu ?
"
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les Carnets de Route (Résumés)
Posté par: merson le 13 octobre 2018 à 08:43
Yumi yumi  ^-^
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les Carnets de Route (Résumés)
Posté par: Luciole le 14 octobre 2018 à 00:37
Maj^^
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les Carnets de Route (Résumés)
Posté par: merson le 14 octobre 2018 à 08:29
 :approuve:
Titre: Re : Re : [Dark Earth] Solaria: Les Carnets de Route (Résumés)
Posté par: Grimm le 15 octobre 2018 à 13:27
Fragments de Bettina mis également à jour jusqu'à La Faille, ce qui correspond à l'achèvement d'un cycle la concernant.

@Grimm: Bettina étant à présent ton personnage (ce qui correspond également à l'achèvement d'un cycle concernant ce personnage), je ne mettrai plus ses récits à jour. Si tu veux prendre la main sur ces récits à partir de maintenant, n'hésite pas à créer un nouveau post de résumé dans ce fil; je les lierai ensemble dans le sommaire.

@Fraternité des Défaillants: Si parmi vous certains veulent faire des résumés (voir les règles dans le premier post de ce fil de discussion), n'hésitez pas  ^-^

Reçu chef!! C'est en cours!
Je vais essayer de garder un peu ton style d'écriture, si jamais tu veux modifier certaine chose, aussi bien le fond que la forme, fait moi s'en part!

Work in Progess!
Titre: Re : [Dark Earth] Solaria: Les Carnets de Route (Résumés)
Posté par: merson le 15 octobre 2018 à 14:09
MP répondu  ^-^
Titre: Re : Fragments, de Bettina, Convoyeuse de La Faille
Posté par: Grimm le 15 octobre 2018 à 15:37
Récit de Bettina, Convoyeuse de La Faille


La Faille... de nouveau...



Cela fait longtemps que je n'ai pas "écrit"... enfin j'ai pris des notes... même beaucoup à vrai dire, je vais essayer d'en écrire plus, les notes sont utiles pour ceux qui veulent reprendre nos routes et même tout simplement pour nous. Maintenant que nous sommes coincés à la Faille pour toute la saison des vents je devrais avoir le temps.

Reprenons! Entre les derniers éventements, nos nouveaux venus, nos changement de caps, nos... "adversaires", Réséda leur a trouvé un nom que je n'arrive toujours pas à retenir, le reste du groupe les appelle plus facilement "ça", "ceux qui nous ont attaqués".
La bonne chose encore une fois c'est ce Putain de Char à voile, rapide et agile, même lourdement chargé. Bon des bouches à nourrir certes, mais aussi plus de force pour nous défendre.  Les "Defaillants", rassurant...
Notre route a donc fait voile sur la Faille, avec Réséda et Io qui remettent comme toujours l'éternel débat sur le "détour" pour les Gardians, mais Réséda semble plus s'amuser des réactions disproportionnées de Io et le taquine moins depuis que nous savons la Faille proche. Ô oui! Nous avons laissé les bateaux à l'embarcadère, qui ressemble à un vrai port aujourd'hui, faisant face aux Gardians.

Les trois trouées Faille, Afar, Oromo et Urulie au sud, fichtre que ça fait longtemps. Si le fleuve des Âmes perdu ne les séparait pas  en coupant  Oromo en son centre, on aurait pu croire rejoindre chacune d'elle en un pas. Les tyroliennes qui les relient annulennt tout problème. Les stalittes sont constituées d'étages, pour suivre la pente du terrain et chaque étage est accessibles par des filets dans lesquels on se jette tout bonnement, ce qui à pu donner des scènes amusantes de prime abord pour ceux qui n'avaient jamais vu cela.

Une fois passé on les examine en règle, que faire des Défaillants? Pour ma part ils me sont sympathiques et nous avons des objectifs qui peuvent se lier, eux recherchent des adaptés et nous faisons des routes pour lier les stalittes, routes qui ont besoin d'avant poste donc d'adaptés. Pour le moment le consensus est qu'ils vont nous suivre et nous aviserons sur le temps. Avec la saison du Vent de toute façon nous ne repartons pas dans la minute. D'après la météo, nous entrons pile dedans, donc nous sommes bons pour 5 à 6 mois de "repos"

Il est temps de remettre à plat nos projets, déjà il semble évident pour tous qu'il nous faut boucler la route, donc premier trajets vers Nâh! Puis a été évoqué Asia, Io a de-suite coupé en disant "ce n'est qu'une morte zone!", oui on sait, mais pourtant c'est un projet intéressant et quitte à ouvrir des routes autant le faire vers des zones inconnues. c'est vrai qu'au delà de la Cité des Ponts l'Est n'est qu'un No-man's-land. Peu d'infos hormis qu'un certain nombre de stallite s'y trouveraient. Deux choix pour y aller, les montagnes à l'est  ou contourner par le nord et mettre les pieds dans la morte zone, donc rien à manger, des adversaires invisibles et à moins d'être encordés, impossible de progresser en groupe. Et surtout pas moyen de créer une route. Donc surement par les montagnes. Moi ça me botte!

Nos autres voies, la Roke, déjà connue, peuplée et reliée... certain semblent intéresser, puis voudraient pousser vers Eldena, et ouvrir une route dans les glaces éternelles du nord, en remontant la route de Rusk. Ce dernier je le rappelle était parti avec un groupe de fois plus nombreux et a fini sa route SEUL!! sans pour autant avoir documenté quoi que ce soit.
Certain (Exit au hasard) avait proposé de visiter la morte zone d'Asia. Sans compter bien-sur l'éternel débat du bateau... Autrement dit les deux derniers c'est NON! Je suis le groupe pour les guider tant que ce n'est pas du suicide pur et simple. Si c'est leur choix ils feront sans convoyeuse! Quitte à ne rien voir pas besoin de moi!

Certains ont évoqué de trouver des ressources à exploiter sur nos route. Logique mais c’était bien de le signaler. Cela augmenterait nos revenus. Pour ce qui est de l'exploitation pure et dure il faudra y coller des Adaptés, et c'est là que les Défaillants et leur amour du bénéfice entre en jeu! Exit a eu une bonne idée, trouver à faire une "boussole" à Stalite". Les anciens se déplaçaient de ville en ville sans jamais se perdre avec de tel outil, alors pourquoi pas. Je suis preneuse!
Les Défaillants parlent d'explorer l'évolution et le déplacement des Morte-zone. Peut-être missionner un groupe de colon pour ça?
Io semble impliqué dans un projet, qu'il doit déjà cogiter depuis un moment. Il veut redorer l'image des "Sombre-fils"... Il se dit parfois influencé par les ténèbres. Maintenant qu'il en parle, c'est vrai qu'il a pas mal de caractéristique des Sombre fils, ça saute même aux yeux... comment ai-je pu passer à coté tout ce temps?... Bref Il veut créer un ordre pour protéger et former les siens, pour pouvoir affronter l’obscure. Quand il dit "affronter" c'est vraiment de manière martial.
La question est... comment les trouver: Io et Hack disent pouvoir les repérer... Io ET Hack, eux qui sont toujours dans l'opposition semble être tombé d'accord avant même de nous parler de cela... inquiétant. Bon pour Io je conçois qu'ils perçoivent les sien, bien que cela me face froid dans le dos, mais Hack?
Il dit faire parti d'une "organisation" qui cherche à détruire l'obscure et s'en "donne les moyens".  mais si aujourd’hui il décide de nous en parler c'est pour nous "recruter"(?). Il nous précise quand même plusieurs chose: Pour lui il est dangereux d'en faire parti, que si nous acceptons nous serons marqués définitivement donc nous pourrions "voir" les gens marqués par l'obscure et vis-et-versa, pour lui l'obscure ne semble pas avoir de conscience propre. Cela explique plus surement la tension constante entre ces deux là.
Hack fait également partie d'une expérience au sein des sien, il est le cobaye d'une forme d'évolution.
Pour lui notre choix doit être collectif et non individuel. Ils recrutent habituellement de façon individuelle, mais nous serions non pas une première mais une "seconde" dans leur "secte" d'être recruté en groupe. Et il nous a avant tout rejoins parce que notre notre œuvre lui semblait intéressante. En résumé, malgré les dangers, cela semble apporter une protection face à l'obscure.
Après que nous aillons tous accepté, et que mes éternelles précautions semblent encore avoir agacé Exit, Hack est devenu plus locace que jamais.
 
Je vais tant bien que mal essayer de le citer:
"Il existe des dieux, les RUNKAS, ils ont de tout temps guidé l'humanité, les légendes parlent d'avant, d'une vie où l'humanité vivait au près d'eux.
Ils sont créateurs, lma matière et la vie leur est dû. Ils nous ont guidé et nous ont amené à un age d'Or, il y a de cela environs douze ou quinze mille ans. Puis les Dieux du Néants les ont attaqué, et nous avec. les SHANKRS. Ils n'ont pas réussi, mais les Runkas ont dû fuir et s'enterrer sous la Terre pour se soigner. Ils ont construit  des demeures, des "Tombeaux". Manque de chance, il y a eu une nouvelle attaque "d'autre chose". Les Shankrs se sont contenté de nous bombarder, et c'est cela le Cataclysme. Nous avions atteint alors un second age d'Or, il y a environs 300 ans.

Certain connaissaient les Tombeaux des Runkas ou Tombeau des Rêves et ce sont les Initiés (les siens). Et il était déjà présent avant.

Ce à quoi Brior à demandé une preuve.

"Nous avons un réseau de défense autour des Tombeaux, qui après le Cataclysme, ont crées les Trouées, cela est tiré du pouvoir des Runkas, grâce à d'immenses statues nommées Gardiens Mystique."

Son explication devient plus terre à terre après cela, la hiérarchie de son groupe, leur fonctionnement en "maison". Je préciserai juste encore 2 de ces paroles: l'Essence Noir peut être détruite avec beaucoup de feu... énormément de feu. La production entière d'huile d'une ville sur un an pourrait purger un aire grande comme une tente... Mais c'est surtout cette phrase qui me laisse septique bien que je la comprenne: "le but des Initiés est de libérer le monde des Ténèbres, avant de sauver l'humanité."