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[Culture] Films: Actualités, Critiques & Commentaires
Hraka:
Insaisissables / Now You See Me
Un film sur des illusionnistes qui frole en permanence la ligne entre prestidigitation banale et de véritables actes paranormaux, on aura (ou du moins j'ai) du mal pour ne pas le comparer avec Le Prestige. Je dirai que Le Prestige est clairement mieux, mais Insaisissables reste un film correct.
Le film est très flash, avec des changements de plans rapides, une caméra bien mobile en général, et des effets spéciaux de tous les cotés, ce qui en même temps colle très bien avec l'image de l'illusioniste américain moderne: tout est grandiose pour détourner l'attention.
Le jeu d'acteur est correct (basé sur la VF), la musique aussi, mais j'ai été un peu déçu par l'histoire, surtout vers la fin: le film passe une heure à mettre en place un univers dans lequel chaque tour est expliqué tout en laissant de la place pour des explications paranormales, mais dans les dernières minutes tout se dégonfle.
Mon plus grand problème avec la fin est qu'elle ne change rien de bien important au point de vue de l'histoire, ce qui fait que le film ne vaut pas la peine d'être regardé deux fois avec le nouveau savoir (contrairement à Le Prestige ou quelque chose comme Memento).
En bref, un film correct, divertissant sans doute (même si la caméra bouge un peu trop parfois, mais c'est moderne), mais sans grand plus. Je dirais entre 5 et 6 sur 10.
merson:
Je viens de tomber sur une interview de Guillermo Del Toro à propos de Pacific Rim, et je ne résiste pas à l'envie de vous livrer les réflexions qui me viennent à la lecture de ces déclarations; pour poser le contexte, voici les dits qui m'ont fait tiquer:
--- Citer ---Vous mettez en scène des robots d’une taille colossale. Est-ce que vous n’aviez pas peur de perdre un peu les personnages humains en le plaçant dans un poste de pilotage qui se situe tout en haut de ces géants d’acier, dans leur « casques », et aussi dans une base militaire qui suit les combats 3 kilomètres derrière les lignes de front ?
J’espère vraiment que nous ne perdons jamais de vue les sentiments des personnages humains au cours du film, car c’est vraiment ce qui compte pour moi, bien plus que le spectacle des combats entre les robots et les monstres. Nous avons raconté cette histoire de manière à ce que les spectateurs ressentent de l’empathie pour Raleigh, Mako, Newt et Stacker, car ils ont chacun un passé, des cicatrices émotionnelles et des problèmes à résoudre. Cependant, ils n’ont pas perdu espoir et continuent à se battre alors que tout laisse croire que la guerre va être perdue. Bien sûr, les scènes de batailles ont une ampleur énorme, et les combats sont vraiment ahurissants, démentiels, mais il y a toujours des petits moments humains et touchants qui surgissent au milieu de tout cela. Et pour moi, ces petits moments qui nous dévoilent des choses sur les principaux protagonistes ont autant d’importance que les morceaux de bravoure des affrontements entre les Jaegers et les Kaijus. J’espère que le public réagira comme moi et qu’il ressentira la même proximité avec les héros de PACIFIC RIM.
Avez-vous essayé d’établir un rythme alternatif dans le film, entre combats et approfondissement de la description des sentiments des personnages, pour éviter le sentiment de trop plein d’action ?
Oui, oui. En fait, le film débute par un combat qui a l’air gigantesque, mais qui est en réalité le plus petit de tous. Ensuite, on présente les personnages en prenant le temps de bien le faire pendant les deux bobines suivantes. Ce n’est qu’à la moitié de la bobine d’après que les combats reprennent, et l’on découvre de nouvelles choses sur les personnages pendant les batailles qui se succèdent alors pendant tout le reste de l’histoire… Je suis vraiment tombé amoureux de ces personnages. Personnellement, je m’identifie beaucoup à Raleigh, que joue Charlie Hunnam, à cause de son caractère et de ce qu’il a vécu… L’enfance de Mako, qui est incarnée par Rinko me touche…et le meneur d’homme qu’est Pentecost, interprété par Idris Elba, a une dimension tragique d’autant plus émouvante qu’il ne laisse rien paraître.
--- Fin de citation ---
Ces déclarations prouvent clairement que le film a des prétentions qui vont largement au delà du pur délire visuel, voire que le film considère les personnages comme piliers dans sa construction (ce qui implique qu'ils aient un minimum d'épaisseur, plus que dans un film de Roland Emmerich en tous cas). Et cela me surprend, car la critique (et les fans d'ailleurs) n'a cessé de rabâcher que c'était un pur divertissement sans prise de tête ("cherche pas à comprendre, contente toi d'en prendre plein les yeux").
N'ayant pas vu le film, je ne saurais dire si celui-ci est à la hauteur de ces prétentions, et du coup, je serais finalement curieux de le voir; vu le discours des fans sus-cité, je doute que l'objectif soit atteint, mais qui sait...
Xev:
J'ai seulement lus la critique de Nioutaik sur ce film, et si je le regarde un jour ça serais certainement pas pour le scénario, ni pour les jeux d'acteurs. Par contre j'irais pour voir des robots géants mettre des patates metalliques à des aliens de 30 metres de haut.
LarrxX:
Je l'ai vu ce matin moi, du coup, planté confortablement dans mon canap. Oui, ça jette plein les yeux et les oreilles, c'est hénauuuurme!
Par contre, les personnages sont tous plus clichés les un que les autres, voire même des copié/collé les uns des autres: "Moi j'ai perdu mon frère, oui mais mo j'ai perdu toute ma famille, bouhou! Mais il ne faut pas nous attarder sur ces émotions, on a des gros monstres à buter!" Et ils y vont.
Profondeur émotionnelle, mon c** oui. C'est du cliché héroïque de base à l'Américaine. Sauf peut-être Hannibal Chau, le contrebandier joué par Ron Perlman. Il est cliché aussi, oui, mais il est taré de manière attachante (oui je sais c'est bizarre comme phrase). Mais bon, c'est eut-être tout simplement parce que j'adore Ron Perlman que je dis ça...
Attention, ça veut pas dire que le film est mauvais, je me suis bien amusé en le regardant et il est super bien foutu niveau action et effets spéciaux. Il calque et en jette plein la figure et les oreilles. Mais toutes les conneries racontées par Del Toro dans l'interview citée par merson, eh bah c'est bien ça... des conneries.
merson:
Gravity (Ou "La leçon de plan-séquence")
L'histoire est sans objet (où l'on reparle de la psychologie des personnages...), le déclencheur absolument improbable (tellement improbable que le réalisateur préfère pudiquement ne pas revenir dessus; ce n'est pas le thème du film, mais quand même...) et la dramaturgie sans surprise. L'intérêt du film ne réside pas là.
Dans ce contexte spatial "très réaliste", et avec l'usage d'une technique numérique permettant pas mal de libertés de mise en scène, la maîtrise, pour ne pas dire l'obsession, du plan-séquence est remarquable, délirante même. Je n'ai pas accroché à l'effet recherché de stress et d'angoisse, mais on perçoit bien la sensation d'abandon, de flottement, d'impuissance et de brutalité qui caractérise les sorties extra-véhiculaires dans l'espace; cela suffit à comprendre et ressentir le stress, la peur et l'angoisse des personnages, mais cela n'a rien d'immersif.
La bande-son est selon moi la grande réussite du film: Beaucoup de silence, des dialogues mais uniquement par le truchement de la radio, ce qui induit une distance qui renforce l'impression d'être enfermé dehors, et enfin les bruits de chocs, tout simplement sinistres au vu du contexte.
Par contre, ce film ne m'a toujours pas réconcilié avec la 3D (ceci dit, j'ai pas eu mal à la tête, c'est la première fois, alors c'est déjà çà de gagné), qui n'est intéressante que pendant quelques minutes du film, c'est-à-dire plus que dans la plupart de ceux que j'ai vu, et moins que dans "Le Hobbit"; ma référence en la matière restera donc "Dragons" (une référence vieillissante, donc) (on me souffle dans l'oreillette que "Le monde fantastique d'Oz" utilisait réellement la technique de façon satisfaisante, mais je l'ai pas vu).
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