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[Culture] Films: Actualités, Critiques & Commentaires

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merson:
La Marque des Anges

Pour faire un bon polar, il faut un sujet de société sensible ou un fantasme collectif, une intrigue en béton, des personnages tout en profondeur (mais capables d'un certain cynisme), une ambiance poisseuse à  souhait et une fin pas trop joyeuse (le happy end est exclu par principe); pour porter çà  à  l'écran, il faut des acteurs qui tiennent la route, une réalisation millimétrée, un montage carré et une certaine concision (surtout sur la fin). Ce film contient presque tous les ingrédients sus-cités, et il ne fonctionne donc pas, il est même très ennuyeux par moments (ce qui est un comble pour une enquête policière).

Au niveau sujet de société et/ou fantasme collectif, l'intrigue noue les deux, on se dit que c'est bien parti; mais en fait non. Mêler traque d'anciens nazis en Amérique du Sud et complots politico-militaro-industriels en Europe n'est pas une mauvaise idée en soi, mais le mélange n'est pas équilibré: Les anciens nazis ça sent un peu le réchauffé, c'était donc une erreur de mettre l'accent sur cette partie de l'intrigue, au détriment de l'aspect complot politico-financier, selon moi le plus brûlant d'actualité, et donc le plus propice au polar.
Au niveau intrigue en titane de carbone anodisé, c'est la catastrophe, et selon moi le gros point faible du film. Disons-le tout net, ça ne tient pas de debout une seule seconde, ce qui rend l'ensemble de l'histoire profondément nul puisque sans objet.
Ajoutons le happy end (tout se termine aussi bien que dans un épisode de Julie Lescaut) appuyé lourdement par des plans manipulant maladroitement des métaphores casse-gueule (la libération de quelques enfants qui jusque là  n'avaient pas l'air malheureux comparée à  la libération des camps d'extermination... Vraiment?!) qui finit de moisir le film, et une fin qui n'en finit pas, c'est trop.

Tout le reste fonctionne bien, c'est çà  qui rend la chose encore plus rageante: Sur un plan formel, hormis quelques maladresses, on a affaire à  un film qui sert aussi bien que possible son propos, c'est juste que ce propos est creux.

Conclusion: Le film est plutôt sympa (les acteurs principaux sont très bons, mais on s'en doutait). Par contre, dans le cas où l'histoire respecterait le livre, j'ai de gros doutes sur l'intérêt de ce dernier, du coup.

merson:
Frances Ha

Le complexe de Peter Pan est souvent utilisé pour réaliser des portraits d'hommes, le voici utilisé d'une façon assez originale pour dresser un beau portrait de femme.
L'usage du noir et blanc met merveilleusement en valeur le grain de peau des acteurs et les décors (principalement les rues, les appartements et les parcs de New-York). La mise en scène est sobre, les acteurs sont superbes et les dialogues percutants. On ne s'ennuie pas une seconde.
C'est un peu bo-bo (le milieu intellectuel et artistique à  New-York), mais le film n'oublie pas de s'en amuser.

merson:
Le Congrès

Sur la forme, il s'agit d'un film mêlant prises de vue réelles et animation pour faire la différence entre deux niveaux de réalité; les transitions sont plutôt réussies, et les décors réels sont aussi beaux que le graphisme de l'animation est cartoonesque.
Sur le fond, voici une réflexion plutôt intéressante sur le devenir de l'industrie du cinéma et en particulier sur celui des acteurs; en gros, la question posée est "Lorsque les ordinateurs sauront émuler les comportements des comédiens, une fois ceux-ci numérisés, y aura-t-il encore une place pour eux dans le processus de production?". Et puis, le film verse peu à  peu dans un questionnement sur l'intérêt comparé qu'il y a entre vivre une vie normale ou vivre une vie boostée aux sensations générées par une pharmacopée délirante. Les dérives totalitaires d'une telle situation (comparables à  ce qu'on trouve dans Matrix) ne sont pas abordées, même si les images suggèrent tout de même une certaine misère pour ceux qui sont passés "de l'autre côté".

Sur la qualité cinématographique pure, rien à  dire: C'est sobrement mis en scène, excellemment joué, bien animé, etc.
Plus globalement, j'ai quand même du mal avec ce film, qui évoque certaines problématiques liées (et les nomme), sans les discuter ou même les illustrer. Par ailleurs, le coup des réalités emboitées, ce n'est pas bien nouveau et, ici, ce n'est pas traité de façon très originale; mais je tends à  penser qu'il s'agit en fait d'une critique à  mots couverts du cinéma de science fiction à  la mode blockbuster (quoique, là  encore, ce thème soit évoqué mais ni illustré ni discuté).

Je suis sorti de la salle en me demandant si j'avais compris quelque chose; réflexion faite, honnêtement, je pense être passé à  côté. Pour quelqu'un comme moi qui a vécu "Lost Highway" comme un électrochoc, c'est un comble; si quelqu'un a compris, je suis preneur d'explications...
Par ailleurs, je ne saurais le jurer, mais il me semble que le rapport entre les deux mondes ne fonctionne pas: Il obéit à  des règles changeantes, ce qui me semble incohérent; mais là  encore, c'est peut-être que je n'ai rien compris.
Je n'ai pas passé un mauvais moment, bien que j'ai regardé la montre une fois ou deux, mais je suis déçu par ce que j'ai vu.

merson:
World War Z

Un blockbuster soigneusement réalisé et produit, des zombies à  la "28 jours plus tard", la tentative de faire un film de zombies aux problématiques globales (alors que d'habitude, il s'agit plutôt d'une focalisation sur une situation locale, voire en huis-clos), voilà  qui était intéressant sur le papier.
On pourra reprocher quelques trucs qui ne tiennent pas debout dans le scénario (le plein d'un avion en 5mn pour faire Corée-Israël... Vraiment?!), mais rien de bien méchant. Par ailleurs, blockbuster oblige, pas de gore (pas du tout!), ce qui me semble un manque, mais d'un autre côté, l'horreur de la métamorphose ne semble pas être un thème du film (les zombies propagent "juste" leur maladie, ils ne mangent pas leurs victimes), c'est donc un choix qui se comprend.
Pour le reste, le film rempli le contrat, on ne s'ennuie aucunement. Je ne suis toujours pas convaincu par l'approche "virale" du mythe du zombie, mais c'est suffisamment bien tourné pour que ça marche.

Les deux trucs pourris, selon moi:
Je n'ai pas eu peur une seule seconde; on est typiquement dans la logique d'un film tout public (ou quasi), et la mise en scène ne donnera pas de crise cardiaque. Mais du coup, je suis resté indifférent aux atermoiements des personnages (mention spéciale pour le comportement de dinde de la femme du héros, mais ce n'est pas la seule à  faire des trucs idiots, même parmi les gens qui sont supposés ne pas l'être), et je n'ai pas douté une seconde de la survie finale du héros et de sa famille; même le personnage de femme-soldat qui fait la seconde moitié du film au côté du héros ne m'a jamais semblé en danger de mort. En bref: Beaucoup de gens meurent, mais aucun avec lesquels on a pu faire un peu connaissance; il manque des morts parmi les personnages secondaires (Attention spoiler: Même si celle du virologue est très bonne, elle est désespérément seule...)
Le happy end, trop sirupeux à  mon goût (et la voix-off "nous n'avons fait que contourner le problème, ceci n'est que le début, gna gna gna" ne m'a pas convaincu).

Hraka:
21 & Over (pas de titre français pour l'instant que je sache)


Une comédie d'université des écrivains de Very Bad Trip, ne vous attendez pas à  du grand art. Par contre, pour ce qu'il est, le film fait parfaitement bien son boulot: entièrement prévisible, avec ses quelques scènes uniquement pour shocker (on a droit a un vomissement au ralenti pendant 30 bonnes secondes, ainsi que quelques seins dénudés), le public a ri pendant la quasi-totalité.

Je dirais qu'il est bien mieux que Very Bad Trip (le premier, pas vu les autres, j'ai déjà  considéré le premier comme beaucoup moins bien que sa réputation), et que même s'il ne finira probablement pas en tant que comédie classique (American Pie risque d'être le seul film un peu similaire dans cette catégorie) on y passe un bon moment.
Après, je répète, c'est un film parfaitement débile, mais dans cette catégorie il reste exceptionnel.

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