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[Culture] Films: Actualités, Critiques & Commentaires
Charles:
Si bien que ca, si bien que ca, faut pas exagérer. C'est un divertissement, ca prend pas la tête, beaux effets spéciaux, de l'action, beaux décors, et c'est a peu prêt tout
Krystanos:
En fait, je comprends pas le rapport à Benjamin Gates... Perso je ne vois aucun rapport :)
--- Citation de: Charles,t=1275716892,id=43939 ---Si bien que ca, si bien que ca, faut pas exagérer. C'est un divertissement, ca prend pas la tête, beaux effets spéciaux, de l'action, beaux décors, et c'est a peu prêt tout
--- Fin de citation ---
Effectivement, personne n'a dit que c'était un chef d'oeuvre. Mais je trouve que c'est un bon film. Beaucoup mieux que sa bande annonce qui me laissait sceptique aussi :)
On peut ajouter un scénario à la liste. Pas complexe, mais bien mené. Et de plus, c'est bien joué...
Que demander de plus à une adaptation de jeu vidéo ?
Floriane:
Ok, donc s'il passe toujours quand je serai plus libre, je me laisserai tenter
En attendant, je préfèrerais aller voir la tête en friche, histoire de...
Floriane:
Les meilleurs amis du monde
Je ne peux que vous le recommander chaudement !
J'ai ri du début à la toute fin, c'est plein de gags, c'est frais, c'est par moments énorme... Bref, j'ai adoré, et j'y retournerai, je pense...
ZAK:
La Comtesse
Comme pour tout film correspond un spectateur je rappelle que ma critique est subjective. Quant à l'intérêt pour aller au cinéma, il dépasse largement le film lui-même. L'histoire sulfureuse d'Erszebet Bathory n'étant pas le seul but de celui-ci, et hormis Julie Delpy qui écrit, réalise, joue et crée aussi la musique avec Marc Streitenfeld (en voilà une autre découverte !), il faut reconnaître que la force de cette "countess" tient autant à son point de vue narratif intriguant qu'à son interprétation étrange. Bien plus qu'étrange, je devrais plutôt dire dérangeante, car c'est bien le mot qui convient pour décrire J.Delpy : elle est dérangeante de froideur et de calcul dans ce film qui le devient lui aussi par la force de son discours féministe.
Fort heureusement elle ne l'étale pas en longueur en évitant la biographie minutée depuis l'enfance à l'instar de Juraje Jakubiska et de son "Bathory" tourné à peu près en même temps. Le début et la fin de la tragique histoire de la "Comtesse Sanglante" étant réduits à une portion congrue il reste encore plus d'une heure pour développer les rapports sociaux de l'époque. La guerre, la religion, l'empire et le mode de vie Austro-hongrois du XVIè s. sont magnifiques de lourdeurs et d'obscurantisme : Les robes et les costumes empesés scintillent de toutes leurs broderies chamarrées. L'étiquette à la cour montre ses rapports hiérarchiques mensongers tandis que les masques sociaux révèlent leur vraie nature politique. L'immersion est très agréable à chaque heure du jour et de la nuit soulignée par la splendide photographie de Martin Ruhe.
C'est certainement en se basant sur la biographie de Valentine Penrose que Delpy a pu explorer la théorie du complot et ainsi voulu la (se) mettre en scène. Mais comment expliquer le franchissement de la ligne rationnelle du personnage historique ? Ici il glisse lentement et gentiment, pour de nombreuses raisons : condition féminine en contradiction avec un esprit libre et une volonté indépendante, amours désenchantées face à l'éducation religieuse de la société et encore l'hégémonie impériale. Mais difficile de dire qu'un argument prévaut sur les autres, c'est un ensemble concourant à créer une sinistre histoire hors norme (toujours à la première place des Serial Killers depuis 400 ans avec un score supposé de 650 morts).
Mais comment expliquer la désaffection des spectateurs ? Bien sûr on doit dire que la mise en scène loin d'être académique n'arrive pas à la hauteur de l'interprétation, par exemple les personnages ont bien du mal à interagir avec le décor et les costumes. Du coup on n'y retrouve pas les rapports des scènes publics à la cour impériale et toute sa pompe comparées aux scènes intimes ou aux moments de brusques accès de colère sanglante. On y trouve au contraire une image serrée, presque théâtrale et riche de détails, en dehors de la réalité ou en avance sur son temps : comme on veut. Voilà qui caractérise la psychose sanguinaire de celle qui cherchait à traverser le temps habillée de toute sa beauté. Elle qui est finalement devenue immortelle d'une certaine façon "For there's beauty to let time do its duty" (car il y a de la beauté à laisser le temps œuvrer). C'est donc un film dérangeant qui amène à réfléchir sur notre propre époque et ses diktats contemporains ethniques et esthétiques.
On ne peut que regretter qu'il n'ait pas été tourné en Hongrois pour le cachet que cela aurait donné en place d'un middle english normé qui fait ressortir les doux accents roumains, slovaques, germains et autres. Même si on peut évidemment en comprendre la difficulté dans une coproduction internationale (merci au National Center of Cinema pour leur participation). Il reste une œuvre magnifique qui donne envie de la revoir et au final c'est pourquoi on peut reconnaître un bon film.
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